Romantisme et Révolution(s) 3. – La Révolution achevée, le Romantisme dépassé

Liste des participants

Jean Baechler, Laura Bossi, Guillaume Bourgeade, Jean-Paul Clément, Dominique de Font-Réaulx, Pierre Glaudes, Niklaus Manuel Güdel, Philippe Kaenel, Robert Kopp (organisateur), Gérard Régnier dit Jean Clair, Daniel Sangsue, Slaven Waelti

Jean-Paul Clément Pierre Glaudes Jean Baechler Robert Kopp Daniel Sangsue Dominique de Font-Réaulx Slaven Waelti Philippe Kaenel Niklaus Manuel Güdel

Compte-rendu

Romantisme et Révolution(s) 3. – La Révolution achevée, le Romantisme dépassé
par Robert Kopp
12 – 17 octobre 2009

Du 12 au 17 octobre 2009 a eu lieu le troisième et dernier séminaire consacré aux rapports entre révolution politique et sociale et révolution dans les lettres, les arts et les sciences. Pour partie, les participants ont été les mêmes ; pour partie, ils sont venus aux Treilles pour la première fois.

Ainsi, le premier à prendre la parole fut le philosophe Jean Baechler qui avait déjà ouvert les séminaires précédents en parlant de « La Révolution comme concept » puis du « Progrès comme catégorie ». Jean Baechler a complété ses précédentes interventions par une réflexion sur « La modernité comme stade », replaçant celle-ci dans le contexte de ces « matrices culturelles » dont il a établi la théorie dans un récent livre. Il a ainsi jeté les bases pour les communications suivantes.

Jean-Paul Clément qui, précédemment, avait exposé le cas de Chateaubriand, s’est attaqué à « Renan et les Révolutions du XIXe siècle ». Daniel Sangsue, nouveau venu, grand spécialiste de la littérature fantastique et du grotesque, a exploré le refoulé révolutionnaire dans des textes de Nodier, de Dumas, de Victor Hugo et de quelques autres. Lui faisait écho Jean Clair qui a retrouvé le même imaginaire dans les représentations de corps acéphales, des portraits de Charlotte Corday aux dessins d’André Masson pour l’Acéphale de Georges Bataille, en passant par le Balzac de Rodin (sans tête lui aussi, mais au sexe proéminent).

Ces correspondances entre littérature et représentations plastiques, nous les avons retrouvées dans les communications de Niklaus Manuel Güdel sur Murger et de Dominique de Font-Réaulx sur Courbet. À chaque fois, il s’agissait d’éprouver les concepts de romantisme et de réalisme, présentés comme « révolutionnaires » dans des sens souvent inattendus. Ainsi, après des décennies de lectures « réalistes » de Courbet, Dominique de Font-Réaulx a montré le caractère foncièrement romantique du peintre (visible, par exemple, dans ses nombreux autoportraits), et Niklaus Manuel Güdel a su détecter le fond romantique de Murger dans les interstices d’une écriture trop rapidement qualifiée de « réaliste ».

Plusieurs communications se sont attachées à l’époque de la première commémoration de la Révolution, au moment où elle pouvait être considérée comme terminée. Toutefois, exploré par Robert Kopp, l’anti-romantisme de Maurras, qui ne faisait que suivre un romantisme premier, mis en lumière par Guillaume Bourgeade, n’est qu’une autre manière de combattre les effets de la Révolution, tout comme la dénonciation violente du pessimisme de Maupassant, de Bourget ou de Schoppenhauer par Léon Bloy dans Le Désespéré, analysé par Pierre Glaudes.

Philippe Kaenel a exploré les représentations de Jésus au XIXe siècle, plus socialiste, voire anarchiste, qu’apologétique. Aux images de James Tissot, de Woertz ou de von Uhde, il a opposé les illustrations de L’Assiette au beurre ou d’autres journaux satiriques. L’image de Jésus n’est jamais neutre, elle est toujours politisée.

Slaven Waelti s’est penché sur Le Cas Wagner de Nietzsche en scrutant les rapports entre paroles et musique. Laura Bossi enfin a ouvert un important chapitre de l’histoire des sciences en présentant les thèses de Haeckel, inspirées à la fois de Goethe, de Lamarck et de Darwin.

Une fois encore – la publication des contributions dans Les Cahiers de la NRF (Gallimard) permettra de le vérifier – le dialogue entre les spécialistes de différentes disciplines a permis de mettre à jour des convergences jusqu’alors insoupçonnées.

Ce contenu a été publié dans Comptes rendus. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.