Romantisme et Révolution(s) 2. De l’utopie au désenchantement

Liste des participants

Jean Baechler, Hélène Becquet, Thomas Bouchet, Marc Cerf, Frédéric Chappy, Jean-Paul Clément, Daniel Couty (organisateur), Dominique de Font-Réaulx, Bernard Edelman, Pierre Glaudes, Adrien Goetz, Emmanuelle Héran, Philippe Kaenel, Martine Kauffmann, Robert Kopp (organisateur), Alain rey, Jean-Marie Thomasseau, André Vanoncini, Anouchka Vasak-Chauvet

Compte-rendu

Romantisme et Révolution(s)2. De l’utopie au désenchantement
par Robert Kopp
3 – 8 novembre 2008

Du 3 au 8 novembre 2008 s’est tenu aux Treilles le deuxième séminaire Romantisme et Révolution(s). Il couvrait la période de la Restauration, de la Monarchie de Juillet et des débuts du Second Empire. La troisième réunion (12-17 octobre 2009) parachèvera ce parcours et conduira jusqu’au premier centenaire de la Révolution en 1889. L’édification de la tour Eiffel répondra à la prise de la Bastille. Ainsi s’accomplira cette traversée du siècle au cours de laquelle a pu être vérifiée l’idée émise par François Furet d’une longue durée de la Révolution.

En effet, les bouleversements ont été multiples, profonds, perceptibles dans tous les domaines : politique, économie, droit, philosophie, sciences, beaux-arts et littérature. C’est l’étude de l’interaction de ces différents domaines – leur croisement – qui a fondé l’interdisciplinarité de cette rencontre.

L’ouverture du premier séminaire avait été faite par un philosophe, Jean Baechler, analysant le concept de « révolution » ; ce même philosophe a logiquement inauguré le deuxième colloque en parlant du « progrès comme catégorie ». Il est prévu que Jean Baechler donne également le coup d’envoi de la troisième rencontre. Par cette constance, nous espérons souligner l’unité de notre démarche. Alain Rey, qui a analysé le terme de « révolution » du point de vue sémantique, a mis en lumière, à propos d’Auguste Comte, les rapports entre « Ordre et Progrès ». Ainsi nous avons, chaque fois, mis en regard les mots et les choses.

Ce fut ensuite la tâche des historiens d’apporter un éclairage nouveau sur une période complexe. Hélène Becquet a ainsi étudié l’affrontement des « royautés » et des « révolutions » (en insistant sur le pluriel) pendant la Monarchie de Juillet. Emmanuelle Héran a analysé l’iconographie de la République de Delacroix à Daumier. Adrien Goetz s’est penché sur L’Artiste, « une revue de combat des années 1830 », et Dominique de Font-Réaulx a montré que la photographie n’était pas seulement une technique révolutionnaire mais aussi un « avatar du romantisme ». Ce qui a conduit Bernard Edelman à se pencher, en tant que juriste, sur « la naissance de l’art industriel » (problématique signalée, dans les années 1930, par Walter Benjamin, mais peu étudiée jusqu’à nos jours). Autre invention révolutionnaire : le télégraphe, étudié par Thomas Bouchet, dans ses aspects techniques et dans son iconographie. Jean-Paul Clément, Daniel Couty, André Vanoncini et Pierre Glaudes ont respectivement analysé l’attitude de Chateaubriand, des Bousingots et des Jeunes France, de Balzac et de Mérimée face au monde moderne. Frédéric Chappey a suivi les transformations de la représentation de l’artiste à travers les « portraits et autoportraits de sculpteurs » entre 1830 et 1850, changements de perspective également perceptibles dans les représentations de la « Gestalt romantique », analysées par Anouchka Vasak-Chauvet et dans les autobiographies de musiciens, étudiées par Martine Kaufmann. Robert Kopp a montré, à propos de l’exemple de Marie-Antoinette, comment, de la Restauration à la Monarchie de Juillet, la réappropriation du passé suivait les impératifs du présent. Jean-Marie Thomasseau a étudié la thématique de l’utopie révolutionnaire au théâtre. Philippe Kaenel a analysé, à travers les gravures de Grandville, « le romantisme et la révolution animale ».  Marc Cerf, enfin, a réfléchi sur le concept de maladie au XIXe siècle. L’intérêt éminent de son intervention a rendu souhaitable une plus grande participation des historiens des sciences à notre troisième séminaire.

A la suite de ce séminaire, parution en mai 2010 de l’ouvrage : De l’utopie au désenchantement (Robert Kopp (Dir.), chez Gallimard, dans la collection« Les entretiens de la Fondation des Treilles », mai 2010
576 pages – ISBN 978-2-07-012703-0 – Lire la 4e de couverture

Ce contenu a été publié dans Comptes rendus, avec comme mot(s)-clé(s) , , , , , , , , , , , , , , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.