La place de la NRF dans les lettres françaises et européennes dans la première moitié du XXe siècle

Liste des participants

Bernard Baillaud, Dominique Bermann Martin, Alban Cerisier, Jean-Pierre Dauphin, Dominique Fernandez, Pascal Fouché, Luc Fraisse, Antoine Gallimard, Laurent Gayard, Roger Grenier, Catherine Helbert, Julien Hervier, Patrick Kechichian, Robert Kopp (organisateur), Michel Leymarie, Pierre Masson, Maryvonne de Saint Pulgent, Peter Schnyder (organisateur)

Compte-rendu

La place de la NRF dans les lettres françaises et européennes
dans la première moitié du XXe siècle

par Robert Kopp
16 – 21 mars 2009

Le centenaire de La NRF – la revue la plus influente après la Revue des deux mondes, fondée en 1829 – a donné lieu à une série de publications, d’expositions, de colloques dont celui des Treilles, organisé par Alban Cerisier, Jean-Pierre Dauphin, Robert Kopp et Peter Schnyder, est de loin le plus prestigieux et aussi le seul dont les contributions déboucheront non pas sur une simple publication d’actes, mais sur un livre qui fera le point de la recherche actuelle et apportera toute une série de documents inédits. Il a été publié en septembre 2009 aux Editions Gallimard, dans la série des « Entretiens des Treilles ».

Ce séminaire, qui a bénéficié à la fois de la présence de Madame Maryvonne de Saint Pulgent et de Monsieur Antoine Gallimard, a balayé l’histoire intellectuelle et littéraire de la première moitié du XXe siècle. Nous nous sommes volontairement arrêtés en 1943, date de la disparition de la revue que Gaston Gallimard avait sacrifiée aux Allemands, en la confiant malgré lui à Drieu la Rochelle, pour sauver la maison d’édition. L’histoire de La NRF à partir de 1953, date de sa reparution après huit années d’interdiction, fera l’objet d’autres investigations. Les participants présents ont néanmoins rattaché les problématiques étudiées à cette époque de celles d’aujourd’hui.

Cette rencontre s’est déroulée de manière chronologique. Peter Schnyder a étudié « Gide avant La NRF » ; il a brossé un tableau des très nombreuses revues auxquelles l’auteur de Paludes a collaboré au tournant du siècle, défini leur place dans le paysage littéraire et précisé leur impact. Pierre Masson, Pascal Fouché et Claude Sicard ont analysé le rôle des pères fondateurs (Gide, Schlumberger, Copeau) s’appuyant à chaque fois sur des documents inédits ou peu connus. Dominique Fernandez, Michel Leymarie et Catherine Helbert ont précisé l’apport des critiques les plus marquants : Ramon Fernandez, Albert Thibaudet et Benjamin Crémieux. Roger Grenier et Luc Fraisse ont étudié à partir d’une documentation inédite le rôle de Valery Larbaud et de Proust, deux auteurs qui, bien qu’en marge, ont exercé une influence décisive sur la revue et en ont reçu, en retour, d’importantes impulsions. Bernard Baillaud et Patrick Kechichian ont élucidé les rôles respectifs de Rivière et de Paulhan à la tête de la revue. Julien Hervier a précisé celui de Drieu la Rochelle. Alban Cerisier a analysé les rapports compliqués et parfois conflictuels entre la revue et le comptoir, puis la maison d’édition, auxquels elle a donné naissance. Robert Kopp a étudié le dialogue que la revue a entretenu avec les avant-gardes, dialogue qui permit à la revue non seulement de préciser ses positions mais d’infléchir le cours même de ces avant-gardes. Parmi elles le cubisme, étudié à travers André Lhote par Dominique Bermann Martin qui  a précisé la place de la critique d’art dans la revue. Laurent Gayard a analysé les « cahiers de revendications » de 1932, qui marquent une étape importante dans l’histoire politique de la revue. Peter Schnyder s’est penché sur les orientations étrangères de la revue et Alban Cerisier, en guise de conclusion, a parcouru la production de La NRF dans les années 1960 et 1970, essayant de déceler quels furent les points de rupture et de continuité avec les débats des périodes antérieures.

Les échanges ont été particulièrement fructueux parce que toutes les contributions se sont appuyées sur les recherches récentes des participants qui ont ainsi eu l’occasion de mettre à l’épreuve leurs works in progress.

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