Olivier Dhénin : L’Ordalie

L’Ordalie* est une trilogie familiale dont chaque partie est séparée de dix années. Le
premier volet, Ricercare, en est la pièce centrale. Le deuxième, Cendres, se déroule dix ans
avant ; le troisième, Waldstein, dix ans après. Ce temps écoulé vise à suivre l’évolution de
personnages confrontés à la tragédie.

Waldstein exposera les retrouvailles des enfants Lazarus après dix années de séparation. La clôture de la trilogie achèvera la tragédie familiale, en confrontant les enfants de Ricercare à leur deuil inachevé, leur colère endormie, leur tristesse ininterrompue. Centrée autour de Mahaut – la sœur abandonnée – et d’Émilien – le jeune frère aveugle – les deux
personnages apparaitront comme de lointaines résurgences d’Electre et de Tirésias face à
un destin dont seule l’inflexion pourra être gage de leur salut à tous.

Ricercare est la pièce de l’enfermement et de la mémoire inaccessible, du présent éteint.
Cendres est la pièce de l’oubli, du passé sublimé — des fragments d’être et des reliques.
Waldstein est la pièce du pardon, de l’amour déchirant et du retour à la vie.

Sur les deux premiers volets de la trilogie
Le drame de Ricercare s’étale sur une journée, comme dans la tragédie grecque et les
quatre tableaux qui forment la pièce correspondent aux différents points de vue des
protagonistes du parricide inspiré d’un fait divers datant de 2006. Les tableaux sont
comme les voix d’un ‘‘ricercare’’, ils se chevauchent, en contrepoint du précédent,
amorçant l’idée de narration décentrée.
Scènes de la vie d’une femme, Cendres évoque la quête du bonheur et l’égarement de
l’esprit. Cette « élégie » en cinq tableaux est donc la suite de Ricercare, mais une suite « à
rebours » puisque l’on remonte dix ans en arrière, aux origines du drame. Étiolement de la
vie d’une femme et de l’amour d’une mère, les cinq tableaux équivalent aux différentes
saisons d’une année allongée d’un ultime été, et narrent la lutte entre le désespoir et le
bonheur, la peur et l’insouciance d’une jeune femme fragile – pâle négatif de la figure
antique de Médée – qui ne saura se résoudre à vivre pour elle-même.

 

*L’Ordalie, œuvre d’Olivier Dhénin co-lauréat 2017 du Prix de la Résidence d’Auteur de la Fondation des Treilles

 

 

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