Lauréats 2017

En 2018, la Fondation des Treilles accueillera les trois lauréats désignés, pour l’année 2017, par son jury du prix de la résidence d’auteur :

* Louis-Philippe Dalembert, pendant quatre mois, pour un roman sur les migrations Sud-Nord.

* Olivier Dhénin, durant deux mois, pour l’achèvement de sa trilogie « L’Ordalie »

* et  Michaël Ferrier, également pendant deux mois, pour la rédaction d’un essai sur ce qu’il nomme les « catastrophes furtives ».

Louis-Philippe Dalembert

Louis-Philippe Dalembert est né à Port-au-Prince, Haïti. Poète, nouvelliste, romancier et essayiste, il a vécu tour à tour à Port-au-Prince, Nancy, Paris, Rome, Jérusalem, Florence, Berlin, Milwaukee, Berne, voyagé partout où ses pas ont pu le porter… dans l’écho toujours renouvelé de la terre natale.

Ancien pensionnaire de la Villa Médicis à Rome, chevalier des Arts et des Lettres, son travail a été récompensé par plusieurs autres distinctions dont le Berliner Künstlerprogramm des DAAD, Prix orange du livre 2017, finaliste Prix Médicis et Grand Prix du roman de l’Académie française 2017… Ses livres sont traduits en allemand, italien, espagnol, portugais, anglais, danois, serbe…

Louis-Philippe Dalembert est par ailleurs diplômé de l’École normale supérieure de Port-au-Prince, diplômé de l’École supérieure de journalisme de Paris et auteur d’une thèse de doctorat en littérature comparée sur l’écrivain cubain Alejo Carpentier (université de Paris III-Sorbonne Nouvelle).

Derniers ouvrages parus : Avant que les ombres s’effacent (Sabine Wespieser éditeur, 2017), Ballade d’un amour inachevé (Mercure de France, 2013), En marche sur la terre (poésie, Bruno Doucey, 2017).

Louis-Philippe Dalembert, qui écrit dans les deux langues de son pays natal : le français et le créole, vit aujourd’hui entre Paris, Port-au-Prince et ailleurs.

Durant sa résidence, il travaillera à un nouveau roman autour du thème de la migration.

Olivier Dhénin (voir son site)

Poète, dramaturge et metteur en scène, Olivier Dhénin partage sa vie entre Paris et Rochefort, après avoir vécu à New York et Rome. D’une mère saïgonnaise et d’un père arrageois décédé quand il était adolescent, il aborde l’écriture et le théâtre comme le lieu de l’être, de la mémoire et de l’ailleurs.
Parallèlement à des études de littérature à l’Université de Paris VII, il poursuit une formation musicale au Conservatoire national de région d’Amiens qui le conduira à officier à la coordination artistique du Théâtre du Châtelet de 2006 à 2008. Il crée ensuite sa compagnie de théâtre et art lyrique Winterreise avec laquelle il met en scène Maeterlinck, Rilke, Mahler, Britten, Debussy et récemment L’Île du rêve de Reynaldo Hahn à l’Athénée Théâtre Louis-Jouvet à Paris et L’Enfant et les Sortilèges de Ravel au Théâtre de la Coupe d’Or à Rochefort.
Son œuvre littéraire est essentiellement théâtrale : après Ellénore, drame lyrique qui s’inspirait du “Sturm und Drang”, il écrit Andreas/Maelström d’après Hans Christian Andersen, Ricercare, Cendres, les Feuillets d’Audelin, La Cantate de Tristan de Loonois. L’œuvre d’Alain-Fournier fait l’objet de plusieurs réécritures afin de former un triptyque pour la scène : La Fête étrange, Les Gens du Domaine sans nom, Le Pays en hiver et dont la première version fut créée pour les Célébrations nationales du Centenaire du Grand Meaulnes en 2013. Cordelia-requiescat d’après Le Roi Lear est écrite pour le Printemps des Poètes et représentée au Théâtre de Belleville pour les 400 ans de Shakespeare en 2016.
Deux voyages en Arctique en 2013 et 2014 donnent naissance à une réflexion sur l’inconnu et la quête de l’ailleurs à travers Unalaska, récit/prose/poésie. Un tombeau poétique inédit en mémoire de son père disparu en 2000 est initié lors d’un voyage à Moscou en 2011 et achevé à Delft en 2013. En 2015 est publié un recueil de psaumes Le Livre d’heure d’Aaron Däsler (les petites allées).
En 2016, Olivier Dhénin est résident à la Villa Médicis – Académie de France à Rome.

Durant sa résidence aux Treilles, Olivier Dhénin travaillera à l’achèvement du troisième volet de sa trilogie L’Ordalie, trilogie familiale dont chaque partie est séparée de dix années. Le premier volet, Ricercare, en est la pièce centrale. Le deuxième, Cendres, se déroule dix ans avant ; le troisième, Waldstein, dix ans après. Ce temps écoulé vise à suivre l’évolution de personnages confrontés à la tragédie.

En savoir plus sur la trilogie « L’Ordalie »

Michaël Ferrier (voir son site)

Michaël Ferrier est né à Strasbourg. Il a passé son enfance en Afrique (Tchad, Cameroun, Niger) et dans l’Océan indien (Madagascar, Réunion, Maurice), dont sa famille paternelle est originaire. Après des études à l’Ecole Normale Supérieure, une agrégation de Lettres et un doctorat sur « La chanson dans l’œuvre de Céline (du Grand Opéra à la chanson populaire, en passant par l’opérette, l’opéra-comique, l’opéra bouffe, la féerie et autres fredaines… de quelques oreilles que la poétique célinienne prête aux formes chantées) » (Ed. du Lérot, 2004), il part au Japon où il devient professeur à l’université Chuo de Tokyo et dirige le centre de recherches Figures de l’Etranger, sur les représentations de l’altérité dans les sociétés contemporaines.

Romancier et essayiste, il a publié notamment Tokyo, petits portraits de l’aube (2004), Sympathie pour le Fantôme (2010, prix littéraire de la Porte dorée), Fukushima, récit d’un désastre (prix Edouard Glissant 2012) et Mémoires d’outre-mer (prix Franz-Hessel 2015), tous aux éditions Gallimard.

Dernier ouvrage paru : François, portrait d’un absent (Gallimard, 2018).

Durant sa résidence aux Treilles, Michaël Ferrier travaillera à un essai sur ce qu’il nomme les « catastrophes furtives », catastrophes non spectaculaires et possédant un régime de temporalité tout à fait spécifique (par exemple : la contamination radioactive), qui font aujourd’hui irruption dans des cadres épistémologiques qui n’ont pas été pensés pour elles et se trouvent mal configurés pour les appréhender.