Le Trésor. Dictionnaire des sciences (1 & 2)

Projet « Le Trésor. Dictionnaire des sciences » (1 & 2)

12 – 14 février et  13 –15 juin 1994

par Nayla Farouki

 

Participants :

Sophie Bancquart (Editions Flammarion) [1 & 2], Catherine Cornu (Editions Flammarion) [1 & 2], Nayla Farouki (Editions Flammarion) [1 & 2], Jean-Gabriel Ganascia (Université Paris-VII-Jussieu) [2], Christian Houzel (Université Paris-VII-Jussieu et CNRS) [2], Albert Jacquard (Institut National d’Etudes Démographies (INED), Paris) [1 & 2], Etienne Klein (CEA Saclay, Gif-sur-Yvette) [1 & 2], Pierre Léna (Université Paris-VII) [1 & 2], Michel Serres, organisateur (Université Paris-I-Sorbonne) [1 & 2],

 

Compte rendu :

Le groupe des auteurs du dictionnaire Dominos a tenu deux réunions aux Treilles en 1994. L’un des auteurs s’est attaché à définir, dans le texte qui suit, le sens et la portée de ce dictionnaire.

Dominos est une collection de petits ouvrages didactiques et problématiques destinés au grand public. Devant le succès de cette collection et le besoin croissant de définition des termes scientifiques à destination du grand public, il nous a paru intéressant de publier un dictionnaire des sciences qui respecterait la personnalité et la finalité de Dominos.

Ce dictionnaire — que nous avons choisi d’appeler le Trésor— se fonde sur une idée simple.

Il existe de nombreux concepts scientifiques fondamentaux dont nous avons tous entendu parler un jour ou l’autre. Pour certains, nous avons vaguement l’impression de comprendre de quoi il s’agit. Pour d’autres, nous connaissons uniquement le terme, mais sa définition nous semble totalement étrangère.

Tous ces concepts nous concernent directement, car ils forment la trame essentielle sur laquelle se dessine la science d’aujourd’hui et grâce à laquelle on voit se profiler celle de demain. Or, cette science, par sa complexité et sa diversité, s’est insensiblement mais nettement éloignée du public depuis les années 1950. Nous entendons des mots que nous ne comprenons pas ; nous voyons, nous utilisons des objets dont nous ne savons à partir de quel savoir ils sont construits. Nous sommes donc impliqués — bon gré mal gré — dans une aventure dont les éléments fondateurs nous échappent ou —  pire ! — dont nous avons une vague idée, grappillée dans les médias et parfois lourde de contresens et de malentendus.

Ce dictionnaire est donc nécessaire, et ce, pour plusieurs raisons.

Il l’est parce qu’il nous permet d’avoir un contact direct avec les scientifiques qui prennent eux-mêmes la peine de nous expliquer, pour chaque concept, ses origines, son fonctionnement, ses conséquences (scientifiques, éthiques, etc.). Allant plus loin dans la clarification, ils montrent comment certains mots de la science ont été détournés de leur sens proprement scientifique, comment nous sommes induits en erreur par des fautes de définition qui s’accumulent et des préjugés qui résistent. Mais le dictionnaire est également précieux parce qu’il nous révèle l’essence de la science. Une promenade parmi les principales notions scientifiques nous montre la profondeur de la conceptualisation, la complexité de l’enchevêtrement des idées et des méthodes, le degré de rigueur, d’abstraction et de créativité auquel est arrivée la science contemporaine. En bref, il nous permet d’accéder à un panorama vertigineux de ce que la pensée humaine a pu construire, au fil des sciences, dans le cadre de la pensée et de la recherche scientifiques.

La lecture de ce dictionnaire, on le voit, est double. Ouvrage de référence, il permettra aux enseignants, aux journalistes, ou simplement à tout lecteur curieux des choses scientifiques, d’éclaircir leur propre pensée et de l’exprimer sur des bases nettement plus solides que celles des vagues et imprécises définitions glanées dans les médias ou que celles, sèches et si peu explicatives, des dictionnaires scientifiques classiques.

Mais ce dictionnaire peut se lire, et non seulement être consulté. Du coup, il ne fonctionne plus comme un ouvrage de référence, mais comme une histoire fascinante où l’univers renvoie aux mathématiques, celles-ci à l’informatique et cette dernière aux sciences du vivant. Tout se croise et s’enchevêtre.

Les notions les plus abstraites et les objets les plus courants montrent des facettes communes ou apparaissent comme les revers d’une même médaille. Un foisonnement de créativité, d’imagination, d’habileté et d’intelligence se dévoile à nos yeux et, derrière cette diversité que l’on voit se développer à l’infini, on retrouve une unité fondamentale, celle des hommes et de leur inlassable curiosité !

Pour nous résumer, voici quelques informations concernant ce dictionnaire.

Le lecteur

Au lecteur type de la collection Dominos (niveau Bac 4-2), il convient d’ajouter l’amateur de dictionnaires et le journaliste. En bref, il s’agit du grand public cultivé (y compris le scientifique intéressé par l’élargissement de son savoir).

Les disciplines

Le dictionnaire traite de toutes les disciplines scientifiques dites “dures” : mathématiques, physique, astrophysique, biologie, chimie, sciences de l’information et sciences de la Terre. Les techniques et la médecine — deux domaines immenses — ne seront traitées dans ce dictionnaire que dans la mesure où leur rapport avec les sciences fondamentales permet d’éclairer ces dernières d’une lumière cruciale.

Les entrées

Le dictionnaire ne cherche pas l’exhaustivité. En revanche, il insistera sur les concepts fondamentaux, qui seront traités sur plusieurs pages, et les objets ou phénomènes dont une simple définition (un paragraphe) suffit.

Le traitement des entrées respectera une certaine uniformité dans la gradation de la difficulté (on ira, par exemple, du concret vers l’abstrait). Les articles seront donc construits de manière à “prendre le lecteur par la main” pour l’amener de ce qu’il croit connaître vers la connaissance précise et rigoureuse d’un concept donné. Un soin particulier sera accordé aux exemples, aux mises en situation, mars aussi aux “petits plus” qui font les grandes idées en matière de philosophie, d’éthique ou de religion.

Les renvois, aussi systématiques et aussi précis que possible, permettront de naviguer dans le dictionnaire et d’opérer les liens nécessaires à la compréhension.

Les auteurs

Sous la direction de Michel Serres et de Nayla Farouki, cet hors collection de Dominos sera rédigé* par :

* Charles Auffray pour la biologie moléculaire

* Jean-Gabriel Ganascia pour les sciences de l’information

* Christian Houzel pour les mathématiques

* Albert Jacquard pour la génétique

* Etienne Klein pour la physique

* Pierre Léna pour l’astrophysique

* Michel Serres et Nayla Farouki pour la philosophie.

* Nota : « Le Trésor. Dictionnaire des sciences » a été publié aux Editions Flammarion le 3 décembre 1998

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