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Les maures © Dominique Laugé

Le prix “Résidence pour la Photographie”

  -    -  Le prix “Résidence pour la Photographie”

Créé en 2011, le prix “Résidence pour la Photographie” de la Fondation des Treilles a pour vocation d’aider à la production d’œuvres photographiques ayant pour thème le monde méditerranéen.

En janvier de chaque année, le jury se réunit pour attribuer le prix “Résidence pour la photographique” pour soutenir un projet de création dont la thématique est obligatoirement liée au monde méditerranéen. Le prix est attribué à 2 ou 3 photographes qui se répartissent les 8 mois de résidence annuels. La résidence ne peut être inférieure à 1 mois et supérieure à la durée du prix octroyé par le jury.
Il est constitué à la fois :

  • d’une allocation d’un montant mensuel de 2 650 €, dont la durée de versement ne pourra excéder le nombre de mois attribué par le jury,
  • et d’un accueil en résidence, notamment pour assurer la réalisation des épreuves sur place.

Lors de leurs séjours aux Treilles, les lauréats sont logés dans la maison de “La Bergerie”. Les repas et le ménage sont assurés par la Fondation, ce qui leur permet de se consacrer entièrement à la réalisation de leur projet photographique.

Pour la réalisation de leurs travaux, ils disposent sur le domaine :

  • d’un atelier numérique doté d’un ordinateur professionnel et d’une imprimante à pigments giclés de grand format,
  • d’un laboratoire argentique, le “Laboratoire Jacqueline Hyde”, doté d’un agrandisseur multiformat, qui permet à ceux qui le désirent le développement et le tirage d’images en noir et blanc.

Les lauréats pourront également bénéficier, à la Grande Maison, d’une bibliothèque et de liaisons informatiques.

Les artistes désirant concourir pour la résidence sont invités à lire le règlement intérieur.
Pour toutes questions particulières ou demandes d’informations complémentaires, les candidats sont invités à adresser un message à l’adresse suivante : prix.photo@les-treilles.com

Pour une résidence en 2020, le dossier de présélection doit être envoyé avant le 1er octobre 2019. Il est composé de :

  • un formulaire à compléter en ligne
  • de 10 à 20 images format JPG, 300 dpi, compression qualité moyenne, le long côté de l’image ne dépassant 12 cm à envoyer à l’adresse suivante : prix.photo@les-treilles.com
Réunion du jury pour le prix "Résidence pour la Photographie" © Olivier Monoyez

Réunion du jury pour le prix “Résidence pour la Photographie” © Olivier Monoyez

Les lauréats au fil des ans

Clément Chapillon, Stéphane Couturier, Safaa Mazirh, Corinne Mercadier

Clément Chapillon

Clément Chapillon est un photographe documentaire français qui explore les liens entre les hommes et leur terre. Sa passion pour la photographie remonte à l’adolescence mais c’est en 2016 qu’il entreprend son premier projet au long cours, en Israël / Palestine où il adopte une démarche sensible qui mêle images et textes extraits d’interviews réalisées sur place. Après deux ans, ce travail prend fin et va être sélectionné à Tbilissi en Géorgie, à Circulations à Paris, aux Voies Off à Arles où il gagnera le prix Leica. Cette série a été exposée dans les Galeries Leica à Paris et au 104 (Circulations), au Willy Brandt Center (Jérusalem) et à la MAC (Créteil), elle est publiée dans de nombreux magazines (British Journal of Photography, L’Obs, Geo, Arte, Zeit, Ignant, Gup…). Ce travail a fait l’objet d’un livre « Promise Me a Land », édité par la maison d’édition allemande Kehrer Verlag. Plus récemment, Clément a été sélectionné par le British Journal of Photography (novembre 2018) pour réaliser une commission sur la « Wilderness » en Californie et vient d’être le lauréat du prix pour la photographie de la Fondation des Treilles.

© Clément Chapillon

Son projet : “Il existe quelque part un rocher immortel”

“Les mythes n’ont pas de vie par eux-mêmes, ils attendent que nous les incarnions” Albert Camus.

L’île est un sanctuaire des sociétés humaines. C’est un objet géographique clos par la mer, qui conserve les identités, protège les modes de vie et sculpte sans cesse sa singularité. Les “îliens” ont à cet égard une relation unique à leur île, à leurs paysages, à leurs coutumes et au temps. Mais l’île est aussi ce lieu de toutes les utopies et de l’évasion, largement fantasmé, une « réserve d’ailleurs ». J’ai découvert il y a une quinzaine d’années une île au cœur de la mer Égée, Amorgos. Ce fut un choc, “l’île absolue”, qui est devenue au fil des ans une nécessité et une obsession. J’y suis retourné encore et encore pour retrouver son aridité lumineuse, ses falaises irréelles, ses hommes démiurges, sa houle Homérique, ses légendes archaïques et son temps pétrifié… j’y ressentais une Méditerranée des origines, l’incarnation du mythe Grec. Mais n’était-ce pas une illusion ? Quelle est la part de la réalité et celui de la fiction dans cette île fantasmée ? Nikos Gatsos, un poète surréaliste a écrit en 1943 son unique et éblouissante œuvre « Amorgos », sur la seule évocation de ce nom, sans jamais y avoir été, certain qu’il « existe quelque part un rocher immortel”. J’aimerai explorer cette double dimension de l’espace géographique et mental pour composer un témoignage photographique qui oscille constamment entre la poésie et le vernaculaire, entre les icônes d’hier et la Grèce vivante d’aujourd’hui. Un récit documentaire qui collecte les fragments bien réels d’un territoire pour mieux en explorer son imaginaire.

Stéphane Couturier

Série "Melting point" - Babel Oued n°8 - Alger - 2016La ville, l’industrie, les paysages construits sont les sujets de prédilection de Stéphane Couturier. Ce double aspect – l’investigation documentariste indissociable de la recherche plasticienne – caractérise son œuvre photographique.
Son travail révèle les différentes couches de temporalités qui structurent les centres urbains. La ville y est comparable à un organisme vivant en perpétuelle mutation.
A partir de 2004, avec l’arrivée du numérique, il décide d’expérimenter des images hybrides avec la série Melting Point. Ces œuvres nous plongent dans un entre-deux, entre document et fiction, entre réalité tangible des choses et réalité virtuelle de leur mouvement, de leur devenir.
Depuis 2011, il se penche sur Alger et les cités de logements construits par Fernand Pouillon. Avec cette série, il nous incite à regarder les brèches et les aspérités des explosions urbaines du XXIème siècle et de ses populations.
En 2018, sa série sur la ville de Sète et les échos faits à l’œuvre de Fernand Léger, se caractérise par une fragmentation de l’image. Tensions dynamiques et hybridations colorées, aboutissent à une entreprise de déconstruction de la photographie.
La photographie n’atteste plus, elle invente.

Son projet : “Les murs d’Alger”

L’étude des formes architecturales de la Kasbah d’Alger sera le  point de départ de ce travail sur Alger. Ces formes sont un vecteur qui permet de relier les périodes précoloniales, coloniales et postcoloniales d’Alger.

« Les murs d’Alger » voudrait documenter cette complexité du tissu urbain écartelé entre l’authentique, le mimétisme et le camouflage.
Deux axes seront étudiés :
– un premier axe constitué des seuils urbains où architecture coloniale et Kasbah se touchent.
– un second axe tentera, avec la notion d’urbain informel, de saisir la fabrique du « nouvel Alger » entre le légal et le légitime en étudiant les  sédimentations temporelles de la Kasbah.

 

© Safaa MazirhSafaa Mazirh

Née le 07-06-1989 à Rabat, Safaa Mazirh vit et travaille à Rabat.

Artiste, autodidacte, est confrontée à la photographie dans le cadre des ateliers de l’association fotografi’art qui regroupe à Rabat plusieurs jeunes photographes. Fascinée par les mouvements du corps sur scène, elle a rapidement engagé un travail sur cette thématique pour plusieurs compagnies de théâtre.

Des spectacles, Safaa Mazirh a su retenir l’art de la mise en scène, en construisant en quelques mois un théâtre photographique du réel nourri des éléments de son histoire et d’une indispensable volonté d’expression artistique. Dans ce travail aux références subtilement comprises, le corps, évoqué par les poupées, ou le corps physique, montré sans travestissement, occupe une place centrale. Mais c’est d’un corps sujet dont il s’agit ici. Celui qui, devenu l’instrument d’un récit dépasse l’évident rapport à l’intimité, par une très forte capacité à faire œuvre. Image après image Safaa Mazirh construit une formidable et saisissante expérience artistique finalement élaborée dans l’entremêlement du réel et de son rêve.

Son projet : « Amazigh revisité »

De tout temps, le tatouage a été une coutume chez les femmes amazighs et qui​​ exprime la philosophie du passage de la nature à la culture, du passage de l’oral à l’écrit, ou à la différence… Ainsi, le tatouage est une expression de l’identité, de l’entité, de la civilisation, la continuité historique de l’existence de la personne amazighe sur les terres de Tamazigh.  Ainsi, dans la culture amazighe, les tatouages ​​ont acquis plusieurs fonctions : esthétique, magique, thérapeutique, sexuelle, anthropologique, physique, sociale, psychologique, existentielle…. Ainsi l’homme amazigh, s’est davantage attaché à la philosophie du tatouage, qui exprime son identité et ses spécificités culturelles et civilisationnelles.

La série « Amazigh revisité » est née d’abord par besoin personnel, celui de mon identité et ma culture Amazigh. J’étais toujours fascinée par les formes et la beauté des symboles Amazighs et la curiosité de connaître leurs sens. Je veux recréer ce langage magique et ésotérique et redonner vie à cette écriture féminine. La série Amazigh compile à la fois les symboles et le corps qui s’impose naturellement dans ce processus de recherche.

 

Corinne Mercadier

Corinne Mercadier vit et travaille à Paris, elle est représentée par la galerie Les filles du calvaire, Paris.
Elle réalise des mises en scène photographiques, et porte autant d’intérêt à la danse qu’à l’architecture et aux espaces intersidéraux. Elle réalise les costumes et les sculptures destinées à être lancées au cours des prises de vue.

Expositions personnelles, prix et publications (extraits):
2006 et 2008 Galerie Alan Klotz, New York – 2013 finaliste du Prix de l’Académie des Beaux-Arts – 2014 « Wicked gravity » Fotografiska, Stockholm, Suède – 2015 Festival Planche(s) contact Deauville – 2016 Espace Leica Paris, Rencontres de la photographie à Arles – 2017 « Les photographiques  » Le Mans, « Lontano », Abbaye de Jumièges ; L’Avenue, Shanghai – 2018 Rétrospective, Rencontres de la jeune photographie internationale, Niort.
Aux éditions Filigranes : « Où commence le ciel ? », « Dreaming Journal », une monographie, et « Devant un champ obscur ».

© Corinne MercadierSon projet : « Transe, divination, métamorphose, passion : personnages féminins inspirés de la mythologie et de l’Antiquité grecque ».

Artiste consciente du statut souvent terrible des femmes que véhiculent ces récits légendaires, j’ai choisi cependant de ne pas tenir compte de leur sens dans la société grecque antique, ni de faire un travail de dénonciation. Je me suis intéressée plutôt à la capacité des mythes à évoluer perpétuellement, comme on peut le voir dans la littérature et l’histoire de l’art.
Je cherche à prendre part à cette mobilité à travers la fabrication d’images, et construire une interprétation contemporaine de ces incarnations féminines de prodiges, qu’elles soient muse, princesse, déesse, nymphe ou femme humaine, en les situant dans un espace poétique où chacun peut reconnaître des thèmes universels.
Ce qui donnera lieu à des représentations métaphoriques dans des architectures vernaculaires ou aristocratiques, militaires ou industrielles, en Languedoc et en Provence.

Nicolas Comment, Laurie Dall’Ava et Victor Mazière, Alex Majoli

Nicolas Comment

© Nicolas Comment

Photographe et compositeur français né en 1973, Nicolas Comment est diplômé de l’École Nationale des Beaux-Arts de Lyon (1997) et de l’École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs de Paris (1999). Il publie son premier livre de photographies en 2001 aux éditions Filigranes, « La desserte » (texte d’André S. Labarthe), qui sera suivi par 8 autres ouvrages dont le plus récent, « Reverb » (Filigranes éditions / Polka galerie, 2017).

Au cours de sa résidence et dans la continuité des travaux qu’il a déjà consacrés à Jean Cocteau (L’oiseleur, 2003), Bernard Lamarche-Vadel (La visite, 2009) ou qui lui ont été inspirés par des écrivains tels que Jack Kerouac et Malcom Lowry (Mexico City Waltz, 2012), Roger Vailland (Fading, 2006) Paul Bowles ou William S. Burroughs (T(ange)r), Nicolas Comment va mener une nouvelle enquête photographique consacrée au poète méridional Germain Nouveau. Il en suivra les traces en Provence et en Méditerranée, de Pourrières (son village natal) à Alger (d’où il écrit à Rimbaud, mort depuis deux années, une « lettre fantôme » demeurée célèbre parce qu’elle suivit son destinataire de port en port) en passant par différents lieux qui ont marqué la vie du poète en Provence.

Outre l’élaboration de tirages pour une future exposition, il s’agira également d’exploiter les éléments visuels glanés lors de sa résidence dans le cadre d’une projection photographique (et musicale) destinée à être représentée dans divers lieux partenaires mais aussi de travailler à l’édition future d’un ouvrage sous forme de livre-disque.

Laurie Dall’Ava

© Laurie Dall’Ava

Née en 1982, Laurie Dall’Ava vit et travaille en France, à Toulouse. Diplômée en 2011 de l’École Nationale Supérieure de la Photographie, Arles elle poursuit sa formation au « Centro de la imagen » de Limà. En 2013, elle est membre du Reflexions Masterclass, avec Giorgia Fiorio et Gabriel Bauret à Venise/Bâle.

Outre de nombreuses expositions depuis 2008, Laurie Dall’Ava a également contribué à plusieurs publications comme le numéro 5 de la revue « Yet Magazine » en 2014 ou encore « Qu’avez-vous fait de la photographie ? (ENSP, Actes Sud, 2012).

Le projet soutenu par le prix résidence de la photographie de la Fondation des Treilles relie le travail photographique de Laurie Dall’Ava à celui, d’écriture, de Victor Mazière. Entamé au printemps dernier, ce projet comportera plusieurs cycles de recherche, ainsi que plusieurs formes, tout en privilégiant à chacune des étapes la relation entre le territoire et l’invisible, l’entre-deux et la construction d’indices mythologiques imaginaires. Notre collaboration nous a orienté vers une recherche photographique, poétique et philosophique autour du monde méditerranéen, des Cyclades et de la civilisation Minoéenne. Le récit, tant photographique que fictionnel, pourra prendre ici la forme d’un journal de bord initiatique et d’une forme d’enquête. Il dériverait ainsi d’un futur proche, dont subsisterait l’archive lacunaire, vers un mythe parallèle des origines, guidé intuitivement par des images récurrentes, des indices uchroniques : les pierres, les îles, le volcan, le souffre, les abeilles, faisant écho aux religions à Mystères et aux énigmes non déchiffrées des hiéroglyphes du Linéaire B, dont l’exemple le plus connu est le disque de Phaistos.

Alex Majoli

Alex Majoli

Photographe italien né en 1971, Alex Majoli vit et travaille à New-York. Diplômé de l’Art Institute de Ravenne en 1991, Alex Majoli est membre de Magnum Photos depuis 2001. Il a notamment couvert le conflit yougoslave, les évènements majeurs au Kosovo et en Albanie, la chute du régime taliban en Afghanistan, l’invasion de l’Irak et continue de documenter divers conflits pour de nombreuses revues.

Plus récemment, il a travaillé pour un projet du Ministère français de la culture intitulé « BPS » (Bio-Position System) portant sur la transformation sociale de la ville. Son projet « Libera me » est une réflexion sur la condition humaine.

Reliant cette dernière à sa démarche sur les conflits, son travail actuel se tourne vers les réfugiés et leurs conditions de vie en exil. Alex Majoli décrit ainsi le projet qu’il développera lors de sa résidence : « Alors que les conflits dans le monde deviennent une menace toujours croissante pour la vie de tous ceux qu’ils affectent, beaucoup sont forcés de se lancer dans un voyage qui les éloignera de tout ce qu’ils ont et de tout ce qu’ils savent, à travers la Méditerranée et les pays hostiles.Le voyage du réfugié se reflète dans les fameux mots de Jacques Attali : Le Titanic, c’est nous, notre société triomphante, orgueilleuse, aveugle, hypocrite, impitoyable aux pauvres, où tout est prévu, sauf les moyens de prévoir. Tel est à mon sens le secret de l’immense succès de ce film : chacun y devine que l’iceberg est là, qui nous attend, tapi quelque part dans la brume de l’avenir, que nous fonçons droit dessus et que nous allons nous y fracasser en musique. Mon projet en cours, intitulé Titanic est une exploration de l’esprit humain en temps de crise. Une crise qui touche tout le monde… »

Andrea & Magda, Pablo Guidali et Klavdij Sluban

Andrea & Magda

Andrea et Magda sont un duo de jeunes photographes franco-italien. Ils vivent et travaillent au Moyen-Orient depuis 2008. Leurs travaux sont publiés dans la presse en France et à l’étranger et donnent lieu à des expositions. Palestinian Dream, a notamment été exposé dans le cadre du Mois de la Photo en 2014, et Sinai Park à la Maison Européenne de la Photographie dans le cadre de la première biennale des photographes du Monde arabe. Ils collaborent régulièrement avec des ONG, et des institutions internationales comme le Comité International de la Croix Rouge et l’Agence Française de Développement pour des travaux de commande. Ils ont déjà obtenu, entre autres prix, le Prix Tabo, Fotoleggendo festival 2015 et le Prix Foiano Festival 2013

Les feuilletons télévisés au Moyen-Orient puisent leurs scénarios dans des contextes et des histoires réelles, pour construire un imaginaire qui infiltre la culture populaire: les séries, qu’elles soient produites au Liban, en Syrie, ou en Égypte, sont regardées dans tout le monde arabe, et constituent une partie importante de la culture “pan-arabe”.

A travers le prisme des “Musalsalat” (soap-opera en Anglais ou (telenovelas en Espagnol), l’idée est de restituer une vision de l’imaginaire populaire au Moyen-Orient, et questionner le rôle de la fiction télévisée dans la construction de modèles culturels. Ce projet est une étape d’une recherche plus ample sur les transformations de la société et des territoires au Moyen-Orient, dans le contexte de la mondialisation, projet initié avec deux premiers projets réalisés depuis 2012 “Palestinian Dream” et “Sinai Park”. L’enjeu étant aussi de réinventer la représentation du Moyen-Orient contemporain.

Pablo Guidali

Photographe uruguayen, Pablo Guidali, 40 ans, vit à Marseille depuis cinq ans. Diplômé en 2010 de l’Ecole Nationale Supérieure de Photographie d’ Arles il a été intervenant dans cette même école de 2011 à 2015. Il a aussi intégré la Casa Velasquez de 2013 à 2014 et obtenu de nombreux prix dont le Prix Georges Wildenstein en 2014 et la Bourse d’aide à l’édition du Conseil Général des Bouches du Rhône en 2015.

Pablo Guidali présente ainsi son projet :

Mon projet prévoit la réalisation d’un travail photographique impliquant la création d’un univers fictionnel personnel, inspiré par le concept d’arrabal et sa signification dans la culture du Río de la Plata — zone géographique et culturelle partagée entre l’Uruguay et l’Argentine.

Le terme espagnol arrabal désigne un regroupement suburbain, en général associé aux classes populaires, un quartier se situant hors de l’enceinte de la ville à laquelle il appartient. Dans la région du Río de la Plata, l’utilisation de ce mot fait référence au territoire de métissage entre les immigrés – espagnols et italiens pour la plupart -, et les populations provenant de la campagne qui peuplaient les alentours des grandes villes vers la fin du XIXsiècle. Ces espaces sont devenus par la suite le théâtre récurrent d’une grande partie de la littérature rioplatense, un des grands sujets d’inspiration de la poésie du tango et un élément fondamental de l’imaginaire culturel uruguayen et argentin.

Au-delà de ses caractéristiques concrètes, l’ arrabal est un espace symbolique, un concept ouvert et abstrait qui se déploie à travers la subjectivité de chacun de ses narrateurs. En effet, son intérêt provient moins de sa réalité physique que de l’imaginaire de ceux qui le racontent. C’est pourquoi l’ arrabal se distingue des concepts de “faubourg” ou “banlieue”, par ces nuances idiosyncratiques forgées par la littérature, la musique et d’autres manifestations artistiques.

Je suis né en Uruguay et y ai vécu jusqu’à mes trente ans. C’est pourquoi, malgré ma double nationalité, je me sens avant tout uruguayen. Une identité complexe, contradictoire, celle de ceux qui “descendent des bateaux” . Dans ce contexte, l’analyse de mon travail m’a permis de constater l’influence que cet espace symbolique a exercé sur moi tout au long de mon parcours vital et artistique et mon désir croissant d’explorer les possibilités de cet imaginaire. Il s’agit donc de construire un arrabal contemporain enrichi par mon propre récit, dans un croisement de cultures qui est le mien, celui d’un Uruguayen de famille espagnole, avec un passeport italien et vivant en France.

Durant ces cinq dernières années, j’ai vécu la plupart du temps à Marseille. Je suis attaché à cette ville, à la vie qui y déborde, une vie palpable, humaine, déroutante, où se mêle aussi quelque chose de tragique, de triste, comme dans une vraie fête. Il y a d’abord une attirance pour ce mouvement de la foule, pour ce quotidien chaotique, pour la diversité et parfois l’incohérence des personnages. Dans mon attirance pour cette ville se fait jour aussi un sentiment de nostalgie, car Marseille évoque inévitablement mon attachement pour d’autres villes comme Montevideo ou Buenos Aires. Des villes portuaires et cosmopolites, terres d’immigrants. Des endroits dans lesquels j’ai grandi, des lieux qui m’ont marqué, et qui sont à l’origine de cet espace symbolique autour duquel je souhaite construire mon projet.

Marseille se présente ainsi comme un terrain de jeu idéal pour donner forme à mes intentions. En partant d’une confrontation avec ce territoire, mon projet implique la réalisation d’un corpus d’images, dans un registre poétique, visant la construction d’un ensemble de scènes, personnages, ambiances et situations, qui donneront forme à un univers personnel inspiré par le concept d’arrabal, dans une dynamique où entrent en tension et s’articulent le réel et le fictionnel.

La population indigène qui peuplait le territoire de l’Uruguay a été entièrement exterminée lors de la colonisation espagnole. C’est pourquoi on utilise de façon courante cette expression pour parler de l’ascendance européenne des uruguayens.

Klavdij Sluban

Klavdij Sluban est né à Paris en 1963. Il mène une oeuvre souvent empreinte de références littéraires, en marge de l’actualité immédiate. Ses cycles photographiques vont de l’Est (Balkans-Transit, Autour de la mer Noire-voyages d’hiver, Autres rivages-la mer Baltique, Transsibériades, etc.) jusqu’à l’archipel des îles Kerguelen.

Lauréat de la Villa Médicis-Hors-les-Murs (1998), du prix Niepce (2000), du European Publishers Award for Photography (2009), de la Villa Kujoyama (2016), Klavdij Sluban photographie les adolescents en prison depuis 1995 en France, en ex-Yougoslavie, en ex-Union-Soviétique, en Amérique latine, partageant sa passion avec les jeunes détenus en créant des ateliers photographiques. Ses travaux sont conservés et exposés dans de nombreuses institutions : Musée de la Photographie à Helsinki, Musée des Beaux-arts de Shanghai, Metropolitan Museum of Photography de Tokyo, Museum Texas Tech aux États-Unis, National Museum of Singapore, Rencontres d’Arles, Maison Européenne de la Photographie, Centre Georges Pompidou. En 2013, le Musée Niépce lui a consacré une rétrospective, Après l’obscurité, 1992-2012.

Il a publié de nombreux ouvrages dont Entre Parenthèses, Photo Poche, (Actes Sud), Transverses (Maison Européenne de la Photographie), Balkans Transit (Seuil), East to East (prix EPAP 2009).

Composé autour de l’exil voici comment Klavdij Sluban décrit son projet. « Le dos tourné à la Riviera, un paysage plus marqué, plus subtil, offre au regard du marcheur une interprétation où l’espace de la Nature et le temps de l’Histoire se superposent.

Quel motif peut pousser un jeune homme et une jeune fille de vingt ans à quitter leur maison natale, leur pays natal ? Je ne l’ai jamais su. Mes parents ne me l’ont jamais dit.

En 1961, ils ont traversé la frontière entre la Yougoslavie et l’Italie et ont marché jusqu’à Paris. Des bribes. Des noms de lieu. Beaucoup de noms de lieux, ma mère avait étudié la littérature, d’où le désir de Paris. Sur les conditions dont le périple s’est déroulé, des « A quoi bon en parler ?… », « Cela nous a tout de même pris plus d’une demi-année ». Six, sept, huit mois ?

L’exil s’est fait pas à pas, du jour au lendemain. Avec des haltes. De durées variées, pour gagner l’argent pour continuer, pour ne pas se faire prendre, hésitant parfois à rester en tel lieu. Mon père parlait parfaitement italien. Tourneur fraiseur de formation, il trouvait aisément des embauches de durées variables.

Le parcours ? Difficile à tracer point par point sur la carte. Des zigzags, des détours, des cachettes, des lieux sûrs, d’autres non. Et puis buter et buter encore contre la frontière française.

Parcours réel qui devient imaginaire dans l’esprit de celui qui voudrait lier lieux géographiques sur une carte et sentiments de deux jeunes gens, tantôt enthousiastes, tantôt perdus, tantôt totalement perdus.

Entre les bribes, le souvenir et la carte, ce parcours est aussi fidèle que…la mémoire. Frontière entre la Slovénie et l’Italie, Nova Gorica (Slovénie), Stara Gorica / Vecchia Gorizia (Italie) ; Trst / Trieste ; Venezia Mestre, Genova ; frontière entre l’Italie et la France, Ventimiglia / Vintimille, la Ligurie et l’arrière- pays (Fanghetto, Pigna, San Biagio della Cima, Vilatella…) ; passage côté français.

Les noms des lieux sont écorchés, confondus, oubliés à partir de ce moment à cause de la méconnaissance de la langue. Le Parc du Mercantour, le Parc du Verdon, le Parc du Lubéron. En France, les grandes villes ont été évitées.

Le projet sera réalisé en couleur (numérique).

« En passant de la Yougoslavie à l’Italie, je suis passé du Noir et Blanc à la couleur » a dit mon père.

Les photographies urbaines seront réalisées de jour car « il ne faisait pas bon traîner la nuit », les photographies de paysages seront réalisées de nuit, avec trépied, sur pose longue « car il ne faisait pas bon traîner le jour ».

Ce cycle sera réalisé avec en tête un écrivain de l’arrière-pays ligure, Francesco Biamonti. Grâce à François Maspero j’ai pu rencontrer Biamonti. Grâce à Biamonti j’ai pu comprendre bien des choses qui ne m’ont pas été dites.

Homme de frontière, entre deux pays, si proches, si différents, il a décrit ces terres parsemées de sentiers de passage clandestin, avec ces hommes blessés, ne trouvant plus de refuge ni de certitude.

Des griffures du maquis, des dangers des paysages, des exodes sur les sentiers de passage, Biamonti a su traduire la puissance et le silence. Pourtant, dans sa langue lyrique, il écrit aussi:

“Raconter avec douceur, c’est rendre le monde habitable.Ces soirs qui vont de l’or au rose, à la gamme des gris, ces préludes à un plus grand passage. “

Ce projet, le plus intime de mes projets photographiques, s’inscrit de plain-pied dans l’Histoire contemporaine, des réfugiés, des exilés cognant contre les frontières.

Ce projet sera pourtant traité de façon à laisser place à l’imaginaire. La perception de lieux nouveaux sera plus importante que la description illustrative. Le sentiment de l’exilé sera la trame d’une écriture photographique personnelle. Lumière éblouissante, sous-jacente, angoissante, tactile, vivante, fuyante, comme l’exil.

Ce projet est un hommage à deux clandestins anonymes, mes parents. »

Thibaut Cuisset, Wiktoria Wojciechowska, Sophie Zénon

Thibaut Cuisset (1958 – 2017)

Thibaut Cuisset est un photographe français, né en 1958, qui se consacre à la photographie de paysage depuis 1985 et il a été pensionnaire à la Villa Médicis en 1992-1993 résident à la villa Kujoyama de Kyoto en 1997 et a obtenu le Prix de l’Académie des Beaux-Arts en 2009.

C’est lors d’un voyage en 1985 au Maroc qu’il prend ses premières photographies de paysage avec une chambre photographique sur pied et en  couleur. Il comprend alors que la pratique de la photographie de paysage peut être une manière de regarder le monde . Depuis son travail photographique se déploie par campagnes successives et à chaque fois un pays ou une région française fait l’objet de la série. De nombreux pays ont été parcourus : l’Australie, la Suisse, l’Italie, l’Espagne, le Japon, l’Islande, la Namibie, la Russie, la Syrie, Les États-Unis…

En tant que lauréat du Prix Résidence pour la photographie de la Fondation des Treilles, il propose, selon ses propres termes, de se concentrer : « … sur le paysage méditerranéen français et, plus précisément, sur l’idée de l’arrière pays avec  la persistance d’un monde rural et peut-être même pastoral en Provence, dans les départements du Var, des Alpes-Maritimes et des Alpes-de-Haute-Provence. » La forêt, la montagne, et les campagnes périurbaines avec leurs zones de frictions seront ainsi évoquées.

Parmi ses publications : Le Pays Clair, Camargue texte Jean Echenoz, Ed. Actes-Sud 2013, Une campagne photographique, le pays de Bray texte Gilles A. Tiberghien Ed Filigranes en 2009, Le dehors absolu, texte Philippe Lacoue-Labarthe Ed. Filigranes en 2006 et Campagne japonaise, texte Jean-Christophe Bailly, Ed. Filigranes en2002.

Thibaut Cuisset est représenté par La Galerie Les Filles du Calvaire à Paris.

Wiktoria Wojciechowska

Wiktoria Wojciechowska est une très jeune photographe polonaise, tout juste sortie de l’Académie des Beaux-Arts de Varsovie, mais qui a cependant déjà obtenu le prestigieux Oskar Barnack Newcomer Award 2015, pour sa série : «Short Flashes », composée de portraits de motocyclistes chinois figés dans l’éclair d’un flash.

Avec sa série « Sparks » constituée de portraits de soldats ukrainiens, elle tente de montrer les traces de la guerre sur les visages et dans les yeux de jeunes combattants.

Ce qu’elle propose dans le cadre de la Résidence pour la photographie de la Fondation des Treilles est un mélange de portraits, de collages et d’investigations sur le territoire, un story telling à la recherche d’une représentation graphique de ce qui caractérise la culture méditerranéenne.

Parmi ses publications : Urbanautica, text by Krzysztof Sienkiewicz to project  Own Place 2015.  Short Flashes Beijinger, No. 06, China, 2015

Sophie Zénon

Sophie Zénon est une photographe française. Elle vit et travaille à Paris.

Formée à l’histoire contemporaine, de l’art et à l’ethnologie, elle déploie tout d’abord son travail au contact de nouvelles cultures et sillonne à maintes reprises l’Asie. Depuis la fin des années 2000, en écho à ses études sur le chamanisme, elle revient à ses thèmes de recherche de prédilection : la mise en scène photographique de l’absence, notre rapport au temps, à la mémoire, à la filiation. Lauréate du Prix Kodak de la critique en 2000, nominée au Prix Niépce en 2011 et 2015, à la Villa Kujoyama en 2015, elle a fait l’objet de nombreuses expositions en France et à l’étranger et ses photographies et livres d’artiste ont intégré des collections publiques.

Le Prix Résidence pour la photographie de la Fondation des Treilles va lui permettre de développer un volet de son projet « Arborescences », un travail de re-visitation de son histoire familiale intimement liée à celle l’immigration italienne en France pendant l’entre-deux guerres. Ce projet puise sa source dans une mémoire enfouie et traite de l’exil, de l’identité, de la perte des lieux où l’on est né, où l’on a vécu.

Parmi ses publications : Des Cadavres exquis, 2012. Galerie Thessa Herold, Paris ; In Case We Die, 2011. Editions de Saint-Louis / Fondation d’art contemporain Fernet-Branc ; Roads over Troubled Water, 2010. Editions Schilt Publishing / Benteli Verlags;  Mongolie, l’esprit du vent, 2005. Bleu de Chine / Benteli Verla

Et des livres d’artiste : Nonni, 2015. Leporello. 5 ex. Photographies sur papier japonais. Interventions à l’encre de Chine. Texte de l’auteur ; Ex-Ossibus, 2014. Dix triptyques sur papier BFK Rives. 5 ex. Gravures à la pointe sèche. Interventions à l’encre de Chine. Textes de Régine Detambel ; Verdun, ses ruines glorieuses, 2013. 5 ex. 8 quadriptyques sur papier BFK Rives. Monotypes. Cartes postales. Textes d’Eric Vuillard ; Grand Livre de Palerme, 2012. Pièce unique. Reliure de la fin du XVIIIème siècle, photographies sur papier japonais, reproductions de pages d’albums de famille du XIXème siècle.

Sophie Zénon est représentée en France par la galerie Thessa Herold (Paris), la galerie Line Lavesque (Arles) et par la Galerie Schilt à Amsterdam.

Anaïs Boudot, Hicham Gardaf, Evangelia Kranioti

Anaïs Boudot

Photographe française, elle vit à Roubaix. Diplômée de l’Ecole Nationale Supérieure de la Photographie en 2010 et du studio du Fresnoy en 2013 Anaïs Boudot poursuit aujourd’hui un travail autour de l’exploration des moyens photographiques. Le coeur de son travail consiste à explorer le processus d’apparition de l’image ; les liens entre image fixe et animée ; et les interstices créés entre temps et mouvement. Elle cherche à créer des images à la fois énigmatiques et hypnotiques, hors du temps, au plus proche de la sensation. Ses pièces jouent souvent avec les limites du visible, plongeant le spectateur dans une temporalité subjective proche de la remémoration. La question du paysage et de la perception y tiennent une place importante. Son travail repose sur une hybridation des médiums à travers la réactualisation de techniques photographiques anciennes telles que la stéréoscopie, le photogramme ou le sténopé, qui, conjuguées à l’utilisation de la programmation et de la vidéo, mettent au point de nouvelles formes et de nouvelles visions.

Hicham Gardaf

Photographe marocain, il vit à Tanger et travaille sur la représentation des changements majeurs que subit le Monde arabe. Son projet est une description des grandes transformations urbaines, socioculturelles, la question de l’identité et la vision que porte la société moderne du Monde arabe sur l’Occident.

Evangelia Kranioti

Artiste plasticienne née à Athènes vivant à Paris, Evangelia Kranioti a mené une recherche artistique et anthropologique sur la vie, les voyages et l’intimité des marins méditerranéens à travers le monde. Une nouvelle étape dans cette recherche la porte à se pencher non plus sur les gens de la mer stricto sensu, mais sur les migrants méditerranéens, des hommes et des femmes qui s’embarquent au péril de leur vie pour rejoindre l’Europe.

Diplômée de droit (Maîtrise droit public, Université Nationale et Capodistrienne d’Athènes) et d’arts visuels (Ecole nationale supérieure des Arts Décoratifs de Paris, diplôme et post-diplôme avec les félicitations du jury), elle vient d’être diplômée du Fresnoy – Studio national des Arts Contemporains (Tourcoing) avec les félicitations du jury à l’unanimité.

Lauréate de nombreuses bourses et prix, elle a reçu le soutien d’institutions telles que la Fondation J.F. Costopoulos, le Fonds de Dotation Agnès b, la Fondation Basil & Elise Goulandris, la Fondation Marc de Montalembert / Fondation de France, la Fondation Maria Tsakos, le Ministère de la Culture (FR), le Ministère des Affaires Étrangères (FR), le Centre Méditerranéen de la Photographie, la Cité internationale des Arts de Paris, Capacete Rio de Janeiro, la Fundação Alvares Armando São Paulo, le dispositif Runway / Bipolar & Le Fresnoy, entre autres.

Elle est la lauréate du Prix Special du Jury ainsi que du Prix Elie Saab lors du 30ème festival de Mode et de Photographie de Hyères, du Best Emerging International Filmmaker Award au Hot Docs IFF festival, du Prix Résidence Photographique de la Fondation des Treilles, du Prix des Amis de Fresnoy et a été finaliste au Prix Photographique de l’Académie française.

Son travail embrasse photographie, video, installation et est régulièrement présenté à l’international : Paris Photo, Maison Européenne de la Photographie, 5ème Biennale de Thessaloniki, Musée national d’art moderne / Grèce, Festival VIA Maubeuge, Festival EXIT MAC Créteil, Galerie Vincent Sator, Galerie du Jour Agnes b., Galerie Xippas, Kyotographies / Japon, Centro Helio Oiticica / Rio, La Biennale de Belleville / FIAC, CentQuatre, Bruxelles Nuit Blanche, Espace Culture Lille 1, Museée de Beaux arts de Rennes, MUSA Museum on Demand / Vienne, Austrian Cultural Forum NY, the NY Photo Festival / Dumbo Brooklyn, le Centre d’art contemporain / Genève.

Son premier documentaire Exotica, Erotica, Etc. (73′) a eu sa première au Forum de la 65ème Berlinale et est actuellement présenté dans des festivals, musées, cinémathèques et centres d’art contemporain autour du monde (Filmoteca española, Centre d’art contemporain de Genève, Thessaloniki documentary festival, Karlovy Vary FF, Hot Docs Toronto, Melbourne IFF, Sarajevo FF, BFI London film festival, Göteborg IFF entre autres).

 

Claire Chevrier, Patrizia Di Fiore, Marc Lyon

CLAIRE CHEVRIER

Née à Pau en 1963, elle vit et travaille entre Mayet et Paris.
Diplôme National Supérieur d’Expression Plastique de l’Ecole d’Art de Grenoble, en 1987. En 2014, elle est exposée au Musée de la Photo de Charleroi en Belgique. Auparavant elle le fut au Musée Niepce de Chalon sur Saône, au Centre Culturel Français de Lagos au Nigéria, au Musée des Beaux-Arts de Nantes… Elle a participé à des expositions collectives au MuCEM à Marseille, au centre de l’image de Barcelone, chez Artcurial à Paris…. A été pensionnaire de la Villa Médicis à Rome de 2007 à 2008.
Ses photographies font partie de collections publiques, dont notamment celle de la Maison Européenne de la Photo, du Fond National d’Art Contemporain…
Depuis plusieurs années, elle aborde des thèmes récurrents liés à l’homme, l’espace, le pouvoir, la mémoire.

Dans ses travaux antérieurs, Claire Chevrier a observé la façon dont les mégalopoles ont peu à peu absorbé l’espace naturel pour le transformer en autant de quartiers et de groupements de population marqués par l’évolution de la ville primitive mais aussi par les aléas climatiques, économiques ou culturels. Issue d’une famille de pieds-noirs et profondément marquée par l’histoire de ce deuil vécu par sa famille, elle va interroger photographiquement Alger la Blanche dans ses métamorphoses urbaines, sociales et culturelles, partir à la recherche des paysages du souvenir, et analyser, dans cette période si féconde en raison des récentes évolutions politiques, comment l’homme s’approprie ce nouveau territoire dans son corps et dans sa pensée.

PATRIZIA DI FIORE

Née en 1961 en Italie, elle vit et travaille à Paris.
En 2014, elle est exposée à la 15 th Photographic Art Exhibition de Pékin. Auparavant elle a été exposée à la Maison Européenne de la Photographie, aux Rencontres Photographiques de Solignac, à la Biennale de la photographie de Canton en Chine, au Musée d’Aquitaine à Bordeaux… Elle a bénéficié de bourses dont celle d’aide à la Création du Ministère de la Culture, de France, du Luxembourg ou encore de la Bourse Lavoisier.
Depuis ces trente dernières années son travail s’articule autour du paysage et des relations qu’il entretient avec l’histoire et l’Homme. Ses images soulignent les liens qui attachent l’individu à sa terre, à son histoire. Elle travaille, notamment, sur des terres de conflits : Bosnie, Palestine, Vietnam, Pologne…

Patrizia di Fiore le confesse volontiers, l’influence de la lumière, des couleurs et des paysages italiens ont marqué sa pratique photographique et, depuis qu’elle est arrivée en France il y a trente ans, à cette culture imprégnée de la flamboyance des peintures italiennes, s’est peu à peu substituée une vision plus analytique. Elle envisage ainsi de prendre en compte, lors de sa description du paysage méditerranéen, les bouleversements générés par les grands travaux tels la construction du TGV avec ses ouvrages d’art qui perturbent la vision ou le développement des autoroutes qui drainent du nord au sud un flux de populations migrantes, saisonnières ou non. Elle pense dérouler sa palette de couleurs pour évoquer l’histoire et les cultures qui se dessinent sur ce territoire où subsistent encore les traces de différentes civilisations.

MARK LYON

Né en 1952 en Californie, il vit et travaille en France.
Il est représenté par des galeries new-yorkaise (Robert Mann Gallery) et parisienne (Air de Paris). Son travail fait partie des collections de musées de la Bibliothèque Nationale (France) et de la Yale Art Gallery (USA).
Son travail s’articule autour du portrait, de l’architecture, et plus particulièrement sur le post modernisme : le travail de Le Corbusier en Inde, la Maison de Verre de Pierre Charreau à Paris ou encore la Maison tropicale de Jean Prouvé.
Il a fait ses études de photographie à la Yale University aux Etats-Unis. En 1979, il co-dirige une galerie à Paris. En1984, il est photographe freelance, travaille pour les publications : AD, Artforum, Harper’s Bazaar, The New Yorker, Le Monde… Il a été exposé au Hammer Museum de Los Angeles, à l’Issue Project Room de New-York, au Millenium de la Mode à Kyoto et Tokyo, à la galerie eof à Paris. Il a perçu des bourses de la Graham Foundation, a reçu le prix du PDN/Nikon…

Né en Californie du Sud, Mark Lyon revendique avec conviction cette part d’héritage historique et visuel au regard de la langue, de la culture et du paysage hispanique transmise par ses parents. Et s’il avoue un amour profond pour les paysages de la Méditerranée, ses influences photographiques sont, elles, résolument américaines puisqu’il cite avec ferveur le travail de Walker Evans sur l’Amérique. Il souhaite ainsi faire sienne la méthodologie de son mentor, à savoir transgresser les genres, mêler en une même histoire photographique un travail sur le paysage, l’architecture, l’humain, la nature morte que ses observations et ses déambulations vont peu à peu lui révéler.

Morgane Denzler, Manuela Marques

Morgane Denzler

Agée de 27 ans, Morgane Denzler a suivi la formation de l’Ecole des Beaux-Arts de Paris, notamment dans l’atelier de Patrick Tosani. Elle s’intéresse en particulier au Bassin Méditerranéen (ses premiers travaux concernaient la Sicile et le Liban) et souhaite aborder l’histoire, la mémoire et l’inconscient collectif du territoire provençal au travers de documents et de rencontres. Après une phase de recherches sur les cartes, archives et documents photographiques des lieux emblématiques de ce territoire, elle souhaite en retrouver l’emplacement exact puis de les photographier tels qu’ils se présentent aujourd’hui. Ce travail accompli, elle réalisera des puzzles superposant, à la même échelle, la photographie d’archive et la prise de vue contemporaine, en prenant soin d’ôter certains éléments du puzzle supérieur afin que chaque strate de l’œuvre permette de comprendre le génie du lieu.

Manuela Marques

De nationalité franco-portugaise, Manuela Marques (53 ans) est connue pour la qualité de ces lumières et de la gamme chromatique qu’elle utilise. S’inspirant du journal d’Anne Schlumberger, créatrice du lieu et de la Fondation des Treilles, qui relate éprouver un sentiment rare et unique de beauté parfaite devant le calme et l’harmonie de ce paysage, Manuela envisage de travailler sur les jeux visuels qui allient à la fois les lumières bleues de l’aube et celles du crépuscule afin de retrouver la part du « rêve éveillé » qui l’attire ainsi que le sentiment d’intériorité diffusé par la nature même de ce paysage, comme une utopie éternelle.

Raed Bawayah, Véronique Ellena

Raed Bawayah

Si Raed Bawayah s’appuie sur l’image de l’olivier pour débuter son projet, c’est bien parce que cet arbre, symbole de paix commun à toute la culture méditerranéenne, véhicule en outre un sentiment de sagesse paisible et de résistance exemplaire face aux attaques de la nature et celle des hommes ; l’olivier, véritable métaphore de la lutte du peuple palestinien qui tente, jusque dans le désespoir, de s’accrocher à sa terre nourricière demeure le point de départ d’une quête photographique qui explore la problématique territoriale et le relevé topographique d’une terre déchirée, désirée et revendiquée par deux peuples.

Véronique Ellena

Véronique Ellena s’est récemment fait connaître pour son travail réalisé à la Villa Médicis sur le thème de la nature morte et sa recherche très picturale autour des sans-abris, « les invisibles ». Sans toutefois revendiquer l’esthétique du land art, elle a pris l’habitude depuis plusieurs années d’arpenter des territoires différents, lors de longues et lentes promenades pour composer des images méditatives et silencieuses tel ce pommier sous l’orage ou ces peupliers indéfiniment répétés par les reflets du lac. Prenant pour prétexte la nature à demi-sauvage du domaine des Treilles, elle se propose de composer un herbier autour de la végétation antique et éternelle du lieu, telle qu’elle se présente au fil des saisons.