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Master Class donnée par Dame Felicity Lott en 2018 © Olivier Monoyez

L’académie de la Voix

  -    -  L’académie de la Voix

Du vivant d’Anne Gruner Schlumberger, de jeunes musiciens et leurs professeurs étaient accueillis en stage aux Treilles. A la fin de chaque session, un concert était organisé dans la salle de musique de la Grande Maison.

Soucieuse de renouer avec cette tradition musicale, la Fondation des Treilles a créé une Académie de la Voix dont la vocation est d’offrir à de jeunes professionnels un lieu et un support institutionnel leur permettant de perfectionner, au-delà de la technique vocale, l’art de la scène.

L’Académie de la Voix est dirigée par Ivan Alexandre, musicologue, metteur en scène, assisté de Julien Benhamou, directeur du casting et de la coordination artistique de l’Opéra national de Bordeaux et d’Alain Perroux, directeur de l’administration artistique du Festival d’Aix-en-Provence.

Chaque année, la master-class est supervisée par des chanteuses et des chanteurs de renom.

Instants de la saison 2019

Saisons

Académie de la Voix 2019 – Mozart… et après

Direction : Ivan Alexandre, musicologue, metteur en scène, assisté de Julien Benhamou, directeur du casting et de la coordination artistique de l’Opéra national de Bordeaux et d’Alain Perroux, directeur de l’administration artistique du Festival d’Aix-en-Provence.

Professeur invitée : Dame Felicity Palmer

Chanteurs sélectionnés :

  • Soprano : Anna Dugan, Caroline Jestaedt et Cyrielle Ndjiki Nya
  • Mezzo-soprano : Adriana Bignagni Lesca et Natalie Pérez
  • Ténor : Jérémie Schutz
  • Baryton : Louis de Lavignère
  • Baryton-basse : Jean-Fernand Setti

Pianistes et maîtres de chant : Annabel Thwaite et Antoine Palloc

 

« Ô privilège du génie »,  s’émerveille Sacha Guitry, « lorsqu’on vient d’entendre un morceau de Mozart, le silence qui lui succède est encore de lui ».

Si le silence qui suit Mozart est encore du Mozart, que dire de la musique ? Wagner nomme Don Giovanni « l’opéra des opéras ». A la fin de sa vie Gounod consacre un livre entier au même Don Juan, cette « suite ininterrompue de trésors » , ajoute Tchaïkovsky, « auprès desquels pâlit tout ce qui fut écrit avant et après ».

L’opéra qui succède à Mozart est encore de lui : ce sera notre thème en 2019. Sous l’œil expert et attentionné de Dame Felicity Palmer, nous explorerons ensemble les chemins divers et souvent contraires qui relient Mozart à ses disciples Weber, Donizetti, Gounod, Verdi, Offenbach, J. Strauss, Bizet, Tchaïkovski, R. Strauss, Messager, Korngold… Deux siècles de citations et d’hommages mais surtout de fidélité.

Fidélité à la recette magique où se mêlent expression, naturel, cantabile, incarnation, spectacle et simple vérité, qu’on appelle toujours sans pouvoir le définir mais en le cultivant parce qu’il fait du bien aux cordes vocales et aux oreilles, au corps et à l’esprit : le chant mozartien.

Académie de la Voix 2018 – Mozart et Da Ponte

Direction : Ivan Alexandre, musicologue, metteur en scène, assisté de Julien Benhamou, directeur du casting et de la coordination artistique de l’Opéra national de Bordeaux et d’Alain Perroux, directeur de l’administration artistique du Festival d’Aix-en-Provence.

Professeur invitée : Dame Felicity Lott

Chanteurs sélectionnés :

  • Soprano : Sandrine Buendia et Marie Perbost
  • Mezzo-soprano : Adèle Charvet et Violette Polchi
  • Ténor : Paco Garcia et Sebastian Monti
  • Baryton : Michał Janicki
  • Baryton Basse : André Courville

Pianistes et maîtres de chant : Edwige Herchenroder et Karolos Zouganelis

En 1783, Mozart est définitivement installé à Vienne. Le triomphe de son Entführung aus dem Serail vient de donner à la troupe allemande de la capitale ses lettres de noblesse. Quand soudain l’empereur change d’avis. Tout populaire qu’il soit, le Singspiel allemand n’a pas le prestige dont doit s’honorer une cour si glorieuse. Joseph II décrète donc la fondation d’une compagnie d’opera buffa italienne supervisée par le compositeur Antonio Salieri…

… où Mozart espère réussir encore une fois. Mais l’histoire ralentit. Deux tentatives échouent, et la première œuvre qu’il fera jouer à la troupe n’aura lieu que trois ans plus tard. Quelle œuvre ! Ce sont ces Nozze di Figaro qu’il parvient à donner au Burgtheater le 1er mai 1786 alors que le Mariage de Figaro de Beaumarchais reste interdit à Vienne. Succès plus modeste que celui du Serail, mais assez retentissant pour que l’empereur doive édicter une règle spéciale : il sera désormais interdit de bisser les ensembles. Seuls les airs pourront être chantés deux fois si les applaudissements l’exigent.

C’est que les rivaux en mélodie – les Paisiello, les Cimarosa, les Salieri – enchantent le public, alors que personne, ni avant ni après, ne peut rivaliser avec les duos, les trios, les sextuors et les finales éblouissants de Figaro.

Mozart en ce domaine peut remercier sa muse, mais aussi le poète qui a permis ce miracle : l’abbé Lorenzo Da Ponte, librettiste serviable et inspiré qui, comme lui, possède le don magique d’effacer les frontières entre buffo et seria, entre petit et grand, entre jeu et vie.

Après ce Figaro fondateur, les compères réaliseront ensemble Don Giovanni (Prague 1787) et enfin Così fan tutte (Vienne 1790), trio de chefs-d’œuvre unique par sa densité, sa diversité, sa cruauté, sa simple vérité.

C’est à cet inépuisable triptyque qu’est consacrée la deuxième édition de notre Académie de la Voix, sous la supervision de Dame Felicity Lott, qui connaît ces personnages, ce chant et ces sentiments comme personne.

Académie de la Voix 2018 – L’opéra seria de Haendel à Mozart

Direction : Ivan Alexandre, musicologue, metteur en scène, assisté de Julien Benhamou, directeur du casting et de la coordination artistique de l’Opéra national de Bordeaux et d’Alain Perroux, directeur de l’administration artistique du Festival d’Aix-en-Provence.

Professeur invitée : Yvonne Kenny

Chanteurs sélectionnés :

  • Soprano : Harmonie Deschamps et Léa Frouté
  • Mezzo-soprano : Ambroisine Bré, Victoire Bunel, Anna Dowsley
  • Ténor : Yu Shao
  • Contre-ténor : Paul-Antoine Benos
  • Baryton-basse : Thibaut de Damas

Pianistes et maîtres de chant : Rūta Lenčiauskaitė et Gary Matthewman

Souvenir vague et d’une époque lointaine, l’opéra seria avait disparu. Durant tout le XIXe siècle et la majeure partie du XXe, il représentait l’art abstrait et artificiel des castrats, supplanté par le chant émotionnel et « réaliste » des Romantiques qui représente aujourd’hui encore l’essentiel de notre répertoire.

Jusqu’à ce qu’il sorte du silence à la faveur d’une double résurrection : celle du chant « rossinien » et celle de l’opéra baroque. On s’aperçut alors que ces vocalises, ces ornements, ces cadences improvisées, ce langage oublié n’avaient rien d’un catalogue gratuit mais tout, au contraire, d’un idéal.

Né vers 1700, supplanté par la tragédie gluckiste et l’opéra bouffe avant 1800, le bel canto de Porpora, de Haendel ou du jeune Mozart faisait du chant le sujet même de la composition. Surhumain, le chanteur était le messager terrestre d’un don divin, maître d’un art qui ouvrait au public la porte du ciel. « One God, One Farinelli ! », s’exclamait-on à Londres en 1735.

Mais de quel art parlons-nous ? Depuis bientôt un demi-siècle, l’opéra seria de Haendel (Alcina, Ariodante, Giulio Cesare…) comme celui de Mozart (Mitridate, Lucio Silla…) ont gagné sur la scène moderne une place qu’ils n’avaient pas même de leur temps. Rares jusque dans les années 1980, on les applaudit désormais de Sydney à Aix-en-Provence et du Staatsoper de Vienne au Met de New York. Mais dans quelles conditions ? Que chantons-nous au juste ? De quelle manière ? Que savons-nous du bel canto perdu, que pouvons-nous en apprendre et à quelles fins ?

C’est pour répondre à ces questions, plus délicates qu’il ne paraît, que la Fondation des Treilles a voulu consacrer la première édition de sa nouvelle académie vocale à l’opéra seria. Sous la direction de spécialistes et de praticiens, la pratique répondra à la théorie afin que résonne dans l’avenir, avec plus de force encore, le beau chant retrouvé.