Economic history of Europe during the inter-war period

Economic history of Europe during the inter-war period

13 – 16 September, 1990

Organisers : François Caron, Georges Dertilis

 

Participants & (Institution)

Jean-Charles Asselain J. (Université de Bordeaux I), Guido De Brabander (UFSIS – University of Antwerp), Hans-Joachim Braun (Universität der Bundeswehr, Hamburg), Eric Bussière (Université de Paris IV, François Caron (Université de Paris IV), Constanza D’Elia (CNR – ISEMEM, Naples), Georges Dertilis (Université d’Athènes), Barry Eichengreen (University of California), Charles Feinstein (University of Oxford), Wolfram Fischer (Free University of Berlin), Pascal Griset (IHMC (CNRS), Timothy J. Hatton (University of Essex), Thomas P. Hugues (University of Pennsylvania), Lars Jonung (Stockholm School of Economics), Kostas Kostis (Université d’Athènes), Cormac O’Grada (University College, Dublin), Rolf Ohlsson (University of Lund, Suède), Peder Pedersen (Aarhus Schlool of Business, Danemark), Jaime Reis (Université Nova de Lisboa), Nathan Rosenberg (Stanford University), John H. Smith (European Science Foundation, Strasbourg), Peter Temin (MIT), Gianni Toniolo (Université de Venise), Catherine Watson (Nuffield College, Oxford).

Titles of talks

Jean-Charles Asselain : De la dépréciation à la spécialisation : la performance française des années 20 dans une perspective internationale

Guido de Brabander: Employment and structural change in Belgium during the inter-war period

Hans-Joachim Braun: Sources and diffusion of innovations in the inter-war period

Eric Bussière : Le bloc-or, une tentative d’organisation économique en Europe occidentale

Georges B. Dertilis: A note on currency Controls and the para-economy

Barry Eichengreen: What do we know about the Great Depression?

Charles Feinstein: Banking structures, money

Wolfram Fischer: Sources and diffusion of innovations in the inter-war period

Pascal Griset : Axes de recherche pour une histoire des télécommunications en Europe entre les deux guerres

Timothy J. Hatton: Unemployment in inter-war in Europe

Thomas P. Hughes: Patterns of technological change: proposal for research on technology in Europe between the wars

Lars Jonung: The Swedish economy in the inter-war period 1919-39th

Kostas Kostis : Structures bancaires en Grèce de l’entre-deux-guerres

Cormac O’Grada: The Irish economy 1922-1939  Policy and performance

Rolf Ohlsson: Labour markets

Peder Pedersen: Long-run international trends in aggregate unionization

Nathan Rosenberg: Research topics on European economic history with respect to technical change

Peter Temin: A framework for studies of the inter-war macroeconomy

Gianni Toniolo: Banking crises and lending of last resort in the early 1930

 

Compte rendu (in French)

La table ronde réunissait vingt-cinq participants européens et américains. Elle avait été organisée en coopération avec la Fondation européenne de la science, dans le cadre d’un réseau scientifique de création récente et consacré à l’histoire économique de l’Europe dans l’entre-deux-guerres. Le but de la réunion était de préciser les problématiques et d’organiser la suite des travaux. Un tel choix se justifiait par la prise de conscience de l’importance de cette période pour la compréhension de l’ensemble de l’histoire économique de ce siècle. Les expériences qui la marquèrent ont influencé de manière définitive les politiques économiques ultérieures. Or les zones d’ombre dans notre connaissance demeurent nombreuses. Il était donc tentant de dresser un bilan de l’état actuel des recherches et d’établir un catalogue des questions en suspens. La discussion de la table ronde, reproduisant les sous-thèmes préalablement choisis pour l’organisation du réseau, a été divisée en trois sessions : l’une consacrée à l’histoire du changement technique sous la responsabilité de Wolfram Fischer de l’université de Berlin, l’autre consacrée à l’histoire monétaire sous la responsabilité de Charles Feinstein de l’université d’Oxford, la dernière enfin consacrée au marché de l’emploi sous la responsabilité de Rolf Ohlsson de l’université de Lund.

Histoire du changement technique : sources et diffusion de l’innovation

La session débuta par un exposé général de François Caron, qui proposa trois thèmes principaux de discussion : les sources et les rythmes du changement technique doivent être analysés en relation avec l’histoire des systèmes techniques, celle de l’évolution des structures d’entreprises, celle de la recherche industrielle au sens large. Le concept de “système technique à grande échelle” a été développé par Thomas Hughes, tandis que Nathan Rosenberg illustra la notion de “recherche industrielle”, dans laquelle il proposa d’inclure non seulement l’histoire de l’organisation de la recherche réalisée au sein des entreprises, mais aussi celle dépendant des organisations étatiques ou paraétatiques.

En ce qui concerne les systèmes techniques, la discussion porta principalement sur le système électrique. Alors que dans les grands pays industrialisés l’électrification s’est développée dès le XIXe siècle, dans les pays de la périphérie européenne, ce fut seulement dans la période de l’entre-deux-guerres qu’elle commença à avoir des effets importants sur les transports, les communications, la production industrielle et la consommation des ménages. Dans les principaux pays industrialisés, l’entre-deux-guerres fut marquée par l’électrification rapide des chemins de fer et l’essor décisif du système des télécommunications. Pascal Griset présenta une communication sur l’essor de ces dernières en France, donnant ainsi un bon exemple des effets d’une innovation majeure sur l’ensemble des activités économiques du pays. Le professeur Fischer remarqua à ce propos que les techniques de transmission par radio étaient contrôlées, tant du point de vue de la production des matériels que de leur installation, par quatre grandes sociétés, une américaine, une britannique, une française et une allemande. Elles se partageaient entre elles le marché mondial. Elles échangeaient leurs brevets et s’accordaient mutuellement des licences, mais elles conservaient pour elles-mêmes le marché intérieur, jouissant ainsi d’une base de profit pour développer une stratégie mondiale. La radio était cependant un produit de consommation, qui offrait des opportunités à d’autres firmes, y compris dans des petits pays. C’est ainsi qu’aux Pays-Bas, Philips devint l’un des leaders sur le marché mondial des produits de consommation.

Le professeur Braun attira l’attention sur un autre aspect de l’innovation dans l’entre-deux-guerres : la technologie militaire. L’expérience acquise dans le domaine de l’aviation militaire pendant la Première Guerre mondiale fut transférée vers l’aviation civile pendant les années 1920, tandis que la préparation de la Seconde Guerre déboucha sur plusieurs inventions importantes, comme le radar et l’avion à réaction. Mais les matériaux industriels et les produits de la chimie synthétique furent aussi développés ou améliorés pour répondre à des besoins militaires. L’entre-deux-guerres fut par excellence une période de transfert des technologies militaires vers les technologies civiles. Dans cet ordre d’idées, Peter Temin s’attacha à exposer la part qui revient à la Première Guerre mondiale dans le développement technologique dans l’entre-deux-guerres, mais il s’interrogea aussi quant aux effets sur les structures industrielles des différents pays.

François Caron insista sur le rôle joué par la “demande d’invention”. Selon lui, la demande des consommateurs fut à l’origine d’une grande partie des progrès techniques de l’entre-deux-guerres. Le cas de l’électrification des chemins de fer est à ce propos caractéristique ; elle répond largement au désir d’atteindre une plus grande vitesse dans le domaine des transports et des communications. Or elle fut en grande partie à l’origine de l’électrification générale. F. Caron insista aussi sur le rôle du changement technique dans l’organisation des entreprises. Ce fut seulement à cette époque que de nombreuses grandes sociétés créèrent des laboratoires de recherche et entamèrent des programmes systématiques dans de nouveaux domaines. Il rappela cependant le rôle essentiel joué par les petites et moyennes entreprises dans le domaine de l’innovation et remarqua à ce propos que les technologies nouvelles les stimulent. Ce fut le cas, par exemple, des fournisseurs des industries aéronautique et automobile. Le professeur Fischer confirma que les petites entreprises ont apporté dans certains pays ou dans certaines régions, aussi bien en Suisse qu’en Allemagne, une contribution considérable aux innovations dans le domaine de la mécanique et des pièces détachées utilisées par de grandes firmes dans toute l’Europe. Pourtant, nous en savons beaucoup moins à leur propos qu’en ce qui concerne les grandes entreprises qui sont trop facilement considérées comme représentatives de l’industrie dans son ensemble. Il fut admis par tous les participants qu’il était nécessaire de développer des recherches sur les petites entreprises.

Un autre aspect de l’histoire du changement technique est apparu comme insuffisamment connu, c’est celui des transferts de technologies vers les pays de la périphérie européenne. Ainsi se trouva posée la question de l’orientation et des schémas de diffusion des innovations entre les contrées de civilisations différentes.

Au terme des discussions, il fut décidé que la conférence sur le changement technique se tiendrait à Berlin, en juillet 1991, et aborderait quatre thèmes : systèmes techniques à grande échelle, innovations et structures d’entreprises, transferts de technologies et diffusion des innovations, recherche industrielle et publique.

Banque, finance et monnaie

Deux séances du colloque ont été consacrées à ce thème. La première s’ouvrit avec une substantielle contribution du professeur Asselain, de l’université de Bordeaux, consacrée à l’étude de l’expérience monétaire de l’entre-deux-guerres, des politiques de stabilisation et des performances économiques de la France comparées à celles des autres pays. Cette contribution commença par un exposé de la doctrine des parités de pouvoir d’achat ; elle montra qu’au milieu des années 1920 le franc français fut sensiblement sous-évalué et que cette situation persista au-delà de la stabilisation. Or dans les années 1920, la France, la Belgique et l’Italie atteignirent des taux de croissance de leurs exportations, de leur production industrielle et de leurs investissements plus élevés que la plupart des autres pays européens ; mais dans les années 1930, les performances de ces trois pays furent beaucoup plus médiocres. La principale explication de ce contraste est à rechercher dans la politique du “bloc or”, qui aboutit à transformer des monnaies sous-évaluées en monnaies surévaluées. Dans le cas de la France un facteur supplémentaire est intervenu : la sous-évaluation des années 1920 a favorisé sans discrimination toutes les industries exportatrices indépendamment de leurs perspectives à long terme, en particulier l’industrie textile ; de cette façon, elle retarda la nécessaire restructuration de l’économie française.

Eric Bussière, de l’université de Paris IV, a présenté une analyse originale du bloc or. Après avoir décrit les fondements historiques de sa constitution en 1933, il mit en valeur la volonté générale qui se manifestait alors d’accroître la dimension des marchés et des entreprises, et s’attacha à démontrer comment la coopération monétaire est venue se greffer sur cette base initiale. Puis il exposa comment l’action du bloc, dans les années 1930, contribua fortement à ouvrir la voie à la communauté économique européenne actuelle.

Kostas Kostis, de l’université d’Athènes consacra son intervention à la gestion du système bancaire grec dans l’entre-deux-guerres. Il remarqua que le nombre des banques était très élevé, et qu’il n’y avait aucune banque centrale capable de maintenir la stabilité par une régulation effective de la monnaie et du crédit. Ces observations furent complétées par le professeur Dertilis, de l’université d’Athènes, qui montra l’importance du rôle joué par les résidents grecs à l’étranger du point de vue des ressources financières, comme du point de vue de leur savoir-faire technologique et de leur qualification.

Au cours de son intervention, Gormac O’Grada, de l’université de Dublin, analysa le développement économique et bancaire en Irlande après la formation du nouvel état en 1922. Dans les années 1920, la croissance fut faible, en raison des circonstances économiques défavorables qui régnaient au Royaume-Uni : en effet, l’économie irlandaise était encore très largement dépendante de l’Angleterre. Dans les années 1930, les conditions économiques furent encore plus défavorables, et eurent pour effet une forte détérioration des termes de l’échange. Le gouvernement mit alors en œuvre une politique protectionniste pour venir en aide à l’économie. L’engagement pris de maintenir la parité avec la livre sterling ne permit pas de mener une politique de taux de change indépendante. Le système bancaire irlandais était relativement stable et complexe, mais il se développa lentement dans l’entre-deux-guerres en raison des conditions économiques défavorables. La banque d’Irlande fonctionna effectivement comme une banque centrale, et ce, bien qu’elle n’ait jamais détenu le monopole de l’émission des billets.

La deuxième session fut marquée par quatre contributions. Lars Jonung, de l’université de Stockholm, présenta plusieurs aspects de l’histoire économique et de la politique économique de la Suède dans l’entre-deux-guerres. 11 s’interrogea sur les origines conceptuelles de cette dernière. Gianni Toniolo, de l’université de Venise, analysa les crises bancaires des premières années 1930. Il suggéra un schéma explicatif cohérent pour des études ultérieures, fondé sur la distinction entre les banques universelles et celles qui étaient plus spécialisées ; en ce qui concerne les pays, il établit une distinction entre ceux qui disposaient d’un prêteur de dernier ressort capable d’agir rapidement et efficacement et ceux qui n’en avaient pas. Il émit l’hypothèse que les pays qui connurent les situations de crise bancaire les plus graves étaient ceux qui combinaient le système des banques universelles et un prêteur de dernier ressort inefficace (ce fut le cas de l’Autriche, de l’Allemagne, de la Hongrie), alors que les pays les plus stables disposaient à la fois de banques spécialisées et d’un prêteur de dernier ressort efficace (ce fut le cas de l’Angleterre et de la France). D’autres pays tels que l’Italie, et peut-être aussi l’Espagne, la Suède et le Portugal appartiendraient à un groupe intermédiaire, dans lequel l’action intelligente et opportune du prêteur de dernier ressort compensait les désavantages du système des banques universelles. Pour conclure, Gianni Toniolo proposa trois thèmes de réflexion qui exigent, selon lui, une enquête plus approfondie : 1) les banques centrales étaient-elles conscientes de la propension des banques commerciales à s’engager dans des opérations risquées pour assurer leur expansion ? 2) Si oui, avaient-elles défini des règles pour assurer cette régulation ? 3) De quels instruments disposaient-elles pour le faire ?

Barry Eichengreen, de l’université de Californie, a présenté une analyse incisive des origines et de la propagation de la grande crise à la fin des années 1920. Son argumentation principale est que l’extension et la sévérité de la dépression fut le résultat de l’interaction de politiques monétaires et fiscales déstabilisatrices, ainsi que d’une structure économique fragile. Ces politiques ne doivent pas être considérées comme des erreurs, mais comme le résultat de l’expérience historique et de contraintes pratiques. En essayant de comprendre la crise initiale, M. Eichengreen accorde une importance considérable aux conséquences à long terme de la Première Guerre mondiale sur les structures du commerce international et sur les mouvements de capitaux ; il souligne également les effets de ces changements sur les responsables des politiques économiques. La politique d’expansion monétaire de la Fédéral Reserve Bank avait soutenu la croissance dans les années 1920, mais le changement de politique en 1928, aboutissant à une contraction monétaire prononcée, eut des effets négatifs et d’une ampleur considérable, qui s’étendirent rapidement à l’ensemble du système international parce que l’adhésion à l’étalon or condamnait les pays en déficit à la contraction. Des difficultés supplémentaires furent provoquées par l’incapacité des pays rattachés à l’étalon or à se mettre d’accord sur la coordination nécessaire des politiques pour compenser la déflation. Selon ce point de vue, la source du mal est à chercher dans l’étalon or ; la solution aurait été la dépréciation monétaire. Mais cette solution ne put être adoptée du fait de la pression de différents groupes d’intérêt, et de la conviction solidement enracinée qu’il était essentiel d’éviter une répétition des expériences inflationnistes et du chaos social qui leur avait été associé au début des années 1920.

Pour conclure la discussion sur la politique monétaire et financière, Peter Temin, du MIT, évoqua quelques thèmes essentiels de discussion susceptibles d’orienter des recherches ultérieures. Il suggéra que les trois ateliers adoptent une approche intégrée, en plaçant au centre de l’analyse la notion d’instabilité considérée comme la caractéristique principale des années de l’entre-deux-guerres. Les causes de cette instabilité pourraient être examinées : du côté de la demande, en termes de régimes des taux de change, de crises financières et bancaires et d’impasses fiscales dans les différents pays ; du côté de l’offre, en termes d’effets à long terme de la Première Guerre mondiale et du progrès technique. Quant aux effets de l’instabilité, ils pourraient être étudiés en relation avec le chômage, en tenant compte à la fois des changements dans la structure économique et du rôle des institutions réglant le fonctionnement du marché du travail.

Le marché du travail dans l’entre-deux-guerres

Rolf Ohlsson a ouvert la discussion sur ce troisième thème en insistant sur la complémentarité des diverses approches possibles du problème. Au point de départ de l’analyse se trouve tout naturellement l’évolution de la population active tant du point de vue de sa croissance que du point de vue des changements structurels qu’elle a subis. La seconde approche concerne le fonctionnement du marché du travail ; elle est étroitement associée à l’histoire syndicale et à l’histoire des entreprises. Une troisième approche enfin doit prendre en compte la mobilité régionale de la main-d’œuvre.

Tim Hatton, de l’université d’Essex, a présenté une synthèse des problèmes posés par l’analyse comparative du chômage dans la période de l’entre-deux-guerres. Il met clairement en valeur la difficulté de ce type d’analyse en raison des différentes définitions du chômage. Dans un très grand nombre de pays, particulièrement dans l’Europe orientale et méridionale, la population active agricole représente encore plus du tiers et parfois même plus de la moitié de la population active totale, tandis que le pourcentage de population active industrielle demeure faible. Cette dernière peut, d’ailleurs, dans certains pays comme la France, comprendre des ouvriers à domicile ou travaillant dans des petits ateliers, qui échappent en fait au recensement du chômage. Dès lors, une part importante de ce dernier reste caché. Il semble donc nécessaire d’évaluer le sous-emploi de la main-d’œuvre. Dans le cas de la Hongrie, on peut admettre que 24 % de la main-d’œuvre agricole n’est pas réellement active ; ce pourcentage atteint un tiers en Italie. En fait l’entre-deux-guerres a connu un ralentissement des transferts sectoriels de population, qui devaient, après la Seconde Guerre mondiale, devenir l’un des principaux facteurs de la croissance.

M. Hatton a, de la même manière, posé en termes comparatifs le problème des relations entre l’évolution du chômage et celle des salaires réels. Il conclut que le chômage industriel a été favorisé par l’absence de flexibilité des salaires. Analysant le problème de la stabilité de l’emploi d’un point de vue microéconomique, il conclut que la période de l’entre-deux-guerres est une période de transition entre une pratique de forte mobilité et de faible attachement à l’emploi et une pratique de faible mobilité et de fort attachement à l’emploi.

G. de Brabander, de l’université d’Anvers, a présenté ensuite une analyse précise et convaincante du fonctionnement du marché du travail dans la Belgique de l’entre-deux-guerres. Il étudia dans un premier temps les sources d’une telle histoire ; puis, dans un second temps, les tendances générales du chômage durant cette période ; dans un troisième temps, enfin, il décrivit les orientations de la répartition sectorielle des emplois, particulièrement dans l’industrie. D’une manière générale, le nombre des emplois s’est accru dans les années 1920 et a décliné dans les années 1930. Ce double processus exerça une influence décisive sur l’organisation régionale du marché du travail. Le professeur Brabander insista tout particulièrement sur le dynamisme et l’originalité de la région d’Anvers, qui comprenait un grand nombre d’entreprises innovatrices et en pleine expansion. Cette région fut créatrice d’emplois et zone d’immigration. Il conclut en affirmant que la connaissance de l’économie belge dans l’entre-deux-guerres va se développer considérablement dans les prochaines années, étant donné l’importance des travaux en cours. Sa session s’acheva par un exposé du professeur Peder Pedersen, qui présenta une impressionnante comparaison, sur le plan international, de l’évolution des effectifs syndicaux et des taux de syndicalisation. Il insista sur le rôle des facteurs d’ordre économique, et particulièrement sur le mode de fonctionnement du marché, mais il montra également l’influence des facteurs proprement politiques. Le cas des pays Scandinaves est d’ailleurs de ce point de vue tout à fait exemplaire.

Le colloque doit être considéré comme un franc succès, non seulement parce que les contributions furent toutes dominées par l’esprit de synthèse que nous avions souhaité, mais aussi parce que les débats furent à la fois animés et constructifs. Ils ont permis d’aboutir à une vision claire des problématiques propres à chacun des thèmes retenus, et, par conséquent, de définir d’une manière précise l’organisation des trois conférences ultérieures, qui auront chacune pour sujet l’un de ces thèmes. La Fondation des Treilles a donc apporté une contribution décisive à l’avancement des travaux de notre réseau scientifique, et crée les conditions d’une coopération efficace entre les participants.

François Caron

 

 

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