De la recherche fondamentale à la thérapie anti-tumorale : présent et futur

Liste des participants

Jean-Pierre Abastado, Gareth Bond, Sara A. Courtneidge, Anne Dejean, Olivier Delattre, Jean Feunteun, Daniel Haber, Peter Herrlich, Peter M. Howley (Organisateur), Tony Hunter, Tyler Jacks, William G. Kaelin, Adi Kimchi, Joseph R. Nevins, Moshe Oren, Gérard Orth, Pier Giuseppe Pelicci, Harold E. Varmus (Organisateur), Erwin Wagner, Moshe Yaniv (Organisateur)

Compte-rendu

De la recherche fondamentale à la thérapie du cancer : présent et futur
Moshe Yaniv
17-22 juillet 2004

Cette rencontre a réuni 22 chercheurs et praticiens pour la moitié Français et Européens et l’autre moitié Américains qui étudient les bases moléculaires du développement tumoral et les moyens de prévenir et guérir ce fléau. La réunion a clairement démontré les grands avantages qu’apportent les développements de la recherche dans ce domaine qui débouche sur des approches novatrices en thérapie. À titre d’exemple, on peut citer la conférence du Professeur Daniel Haber, responsable de la cancérologie à MGH, Boston : « Des mutations somatiques dans le récepteur d’EGF conditionnent la réponse à l’inhibiteur de tyrosine kinase gefitinib ». Cette découverte souligne l’importance de la connaissance de l’état de la séquence d’un gène chez les malades, pour prédire la sensibilité des tumeurs et l’efficacité d’un traitement. Il est évident que nous avançons vers un diagnostic génétique précis de chaque malade (séquençage, transcriptome) avant d’initier un traitement à la carte. De tels traitements devraient être moins toxiques, mieux supportés par le malade et plus efficaces.

La réunion a également mis en évidence l’apport majeur de la connaissance du génome humain et du développement de modèles animaux pour améliorer nos connaissances sur l’apparition de cancers et sur leurs traitements. Les modèles animaux permettent également de clarifier la notion de cellules souches tumorales. Plusieurs candidats-médicaments ont été décrits pendant la réunion ainsi que les avancées prometteuses de l’immunothérapie. Le rôle de virus à l’origine de 15 à 20 % des cancers humains a été souligné ; des progrès sont à prévoir dans ce domaine par la vaccination et un développement raisonné des inhibiteurs antiviraux. Une autre facette du développement tumoral concerne des modifications épigénétiques du génome. Là encore, l’inhibition des machineries qui interviennent dans le contrôle de ce processus pourrait affecter la croissance tumorale.

La réunion s’est conclue par une longue discussion générale animée par Harold Varmus, Président du Sloan Kettering Cancer Center à New York, sur les perspectives de traitements de cette maladie et sur la nécessité des médecins et chercheurs de mieux répondre à l’attente des malades en particulier et du public en général.

De l’avis de tous les participants, la réunion a été extrêmement fructueuse. Le cadre de la Fondation est particulièrement propice aux échanges et à une analyse approfondie des questions débattues, ce qui est inimaginable ailleurs. Nous remercions profondément la Fondation des treilles pour son support et son hospitalité sans faille.

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