Les conflits pour l’eau dans l’Europe méditerranéenne

Les conflits pour l’eau dans l’Europe méditerranéenne
3 – 9 octobre 1995
Par Michel Drain

Participants :

Paul Allard (Université de la Méditerranée, faculté des sciences de Luminy, Marseille, France), René Arrus (CNRS Grenoble, France), Chantal Aspe (Université de Provence, Aix-Marseille I, Aix-en-Provence, France), Maurice Aymard (EHESS, Paris, France), Jacques Bethemont (Laboratoire de géographie rhodanienne, Lyon, France), João Castro Caldas ( Ecole supérieure agronomique de Lisbonne, Portugal), Sylvie Clarimont (Université Paul-Valéry, Montpellier, France), Claude Gérard (Historien, Marseille, France), Michel Drain, organisateur (Faculté des sciences de Luminy, CNRS, Marseille, France), René Maury (Université de Basilicate, Potenza, Italie), Annie Méjean (CNRS & Dynamiques écologique et sociale en milieu deltaïque (DESMID), Arles, France), Leandro del Moral Ituarte (Université de Séville, Espagne), Jorge Olcina (Université d’Alicante, Espagne), Sigolène Pailhès (DESMID, Arles, France), Pierre-Yves Péchoux (Institut Daniel-Faucher, Toulouse, France), Daniel Puech (CNRS / Centre régional de la productivité et des études économiques (CRPEE), Montpellier, France), Antonio Rico Amoros (Université d’Alicante, Espagne), Roberto Sancho Hazak (Ministère de l’agriculture, de la pêche et de l’alimentation, Madrid, Espagne, Michel Sivignon (Université Paris X Nanterre, France), João Torre do Vale d’Avillez (Institut de l’eau (INAG), Lisbonne, Portugal), Fabienne Wateau (Université de Paris X Nanterre, France)

Compte rendu :

Ce colloque venait à la suite d’une étude sur ce thème dans les pays méditerranéens de l’Europe pour le compte du ministère français de la Recherche. Il constituait l’un des acquis sur lequel fonder les discussions de notre rencontre. C’était à cet égard un aboutissement. Mais il se situait dans la perspective de l’élargissement du champ de recherche à l’ensemble de l’aire méditerranéenne de l’ancien monde et marquait ainsi le point de départ d’une recherche plus ambitieuse.

Venus de France, d’Espagne, du Portugal et d’Italie, les participants comprenaient des professionnels et des chercheurs en sciences humaines : historiens, géographes, économistes, sociologues, anthropologues, agronomes. En dépit du temps maussade, ils furent tous conquis par l’atmosphère faite à la fois de raffinement et de simplicité des Treilles, qui fut propice à de fructueux échanges et à une réflexion féconde. Les actes, mais aussi les discussions que suscitèrent les diverses contributions trouveront place dans une prochaine publication.

I – Le thème

Il peut sembler surprenant de s’attacher à un problème qui est aussi ancien sans doute que l’humanité et qui nous semble pour cette raison si familier. On pourrait rétorquer que ce qui nous est familier est souvent ce que nous ignorons le plus ou, plus grave encore, le jardin des redoutables « connaissances spontanées”. En fait, nous le verrons, ces vieux conflits se sont profondément renouvelés dans nos sociétés développées et urbanisées, au point de prendre des aspects nouveaux et, parfois, inquiétants.

On ne manquera pas non plus de s’interroger sur le choix de la Méditerranée, alors que ce genre de conflits se retrouve presque partout à la surface du globe. L’intérêt tient ici à une situation de relative sécheresse, cependant géographiquement inégale et qui peut être aggravée dans le temps par le jeu des irrégularités climatiques. A cette situation se trouvent confrontés deux types de sociétés et deux types d’économies qui risquent elles-mêmes de se retrouver en état de conflit. Ainsi, ce thème, en apparence banal, se trouve-t-il au centre de nombreux débats essentiels, dont on citera seulement comme exemple celui sur l’avenir de l’agriculture irriguée.

L’approche d’un tel thème demeure difficile, compte tenu de sa complexité, et nécessitera sans doute beaucoup d’efforts. Le colloque n’est, dans ce contexte, qu’une modeste participation à des travaux qui attirent de plus en plus de chercheurs. Il démontre par ailleurs la nécessité, dans des questions qui touchent à l’aménagement et à la planification, d’une approche scientifique qui ne soit pas seulement limitée au rôle des ingénieurs, mais prenne en compte celui des spécialistes de sciences humaines.

1 – Les conflits pour l’eau

Le thème n’est pas nouveau. Dans la plupart des sociétés humaines, l’eau douce a toujours été un enjeu majeur : les conflits pour s’en assurer la possession, l’usage ou les deux à la fois remplissent les siècles de leur clameur. Elle constitue toutefois une ressource renouvelable dont l’épuisement était, pour cette raison, rarement envisagé. L’accroissement considérable des besoins avec le développement ont fait prendre conscience à l’opinion publique que le volume des ressources hydriques était limité et que la qualité de l’eau était vulnérable. Sa consommation s’est considérablement accrue, en effet, au cours des dernières décennies, tandis que les risques de pollution, parfois irréversibles, n’ont cessé d’augmenter. La prise de conscience de cette fragilité des ressources hydriques s’impose généralement davantage dans les zones où les ressources sont les plus réduites ou dans celles où les besoins sont les plus élevés, c’est-à-dire dans les régions les plus sèches et les plus développées. C’est là un fait nouveau qui s’exprime dans la valeur patrimoniale qui est de plus en plus attribuée à l’eau et qui vient renforcer la nature territoriale et collective de ces conflits.

2 – L’intérêt de la Méditerranée

Il est double. L’aire méditerranéenne constitue la partie la plus sèche de l’Europe développée, moins par la quantité des précipitations globales que par l’importance des volumes perdus par évaporation ou par suite d’un écoulement brutal. C’est donc là où, dans le cadre européen et, notamment, dans celui de la Communauté européenne, que l’émergence des nouveaux conflits pour l’eau est la plus propice à l’observation. Mais l’aire méditerranéenne est aussi un espace où les contrastes de développement sont parmi les plus accusés au monde et dans lequel les pays les moins développés sont également les moins bien pourvus en ressources hydriques, d’où des motifs de conflits. Il est clair que la délimitation de l’aire méditerranéenne pose des problèmes non seulement à cause des transitions et des dégradations climatiques qui peuvent se produire sur ses marges ou en altitude, mais aussi à cause des bassins versants qui s’étendent largement en dehors de la zone climatique, comme c’est le cas pour les bassins du Rhône, du Nil et du Danube.

  1. a) Une aire d’affrontement nord-sud

La Méditerranée de l’ancien monde se trouve à la jonction de pays développés et d’autres qui ne le sont pas. Au point que le terme Méditerranée a fait florès pour désigner les aires maritimes où se produit ce genre de contraste, généralement à l’origine d’affrontements. Dans le cas de la Méditerranée stricto sensu, le contraste est particulièrement marqué à cet égard. Le long des rivages septentrionaux on trouve des Etats développés, au niveau de vie élevé et donc grands consommateurs d’eau, mais dont, il est vrai, l’accroissement naturel de la population est désormais arrêté. Le long des rivages méridionaux, en revanche, l’accroissement de la population demeure considérable et, bien qu’il demeure bas, le niveau de vie ne manquera pas de s’améliorer dans les prochaines années, ce qui veut dire que la demande d’eau risque d’augmenter considérablement.

  1. b) Une zone climatique sèche originale

On ne peut pour autant oublier que la Méditerranée a donné son nom à des zones climatiques originales dans les deux hémisphères par leur situation de contact avec les grandes zones désertiques du globe. Durant une partie de l’année, ce sont les conditions de l’aridité qui dominent, d’autant plus qu’elles coïncident avec la période estivale, particulièrement chaude. Il en résulte à la fois une sécheresse certaine du climat méditerranéen et une irrégularité accusée des précipitations d’une année à l’autre. L’été aboutit souvent à un arrêt complet de l’écoulement (d’où le terme étiage) et à la réduction de la vie végétative.

La sécheresse est à l’origine de la médiocrité des rendements des cultures pluviales, qui peut conduire parfois à des rendements nuis. En revanche, les pluies de saison froide, en s’écoulant sur un sol mal protégé, peuvent entraîner des écoulements brutaux provoquant des crues soudaines et, parfois, catastrophiques.

L’excès d’eau peut aussi entraîner la perte des récoltes en provoquant le pourrissement des semences (“la faim vient à la nage” dit un proverbe d’Alentejo). La sécheresse tient donc généralement moins dans ce type de climat à l’insuffisance des précipitations qu’à l’excès de chaleur et de vent. L’irrégularité des précipitations y donne en outre, plus que dans tout autre climat, une place essentielle à la notion de risque “naturel”.

  1. c) Le contraste climatique et économique entre les deux rivages de la mer intérieure

Mais, dans la zone climatique méditerranéenne, la durée de la sécheresse ainsi que l’irrégularité des précipitations varient au point de différencier fortement les rivages européens des rivages africains de la mer intérieure.

Dans la partie septentrionale de la zone méditerranéenne, les ressources en eau demeurent suffisantes pour permettre d’envisager soit de mieux les mettre à profit, soit de mieux les répartir géographiquement, soit, enfin, d’en arbitrer la distribution entre les différents secteurs. 11 y a donc une possibilité étendue de choix politiques et techniques. L’existence de ce choix est une occasion de conflits qu’une perception superficielle de leurs conditions d’apparition associe trop souvent à la seule rareté de l’eau. Mais c’est aussi une condition essentielle pour en permettre la résolution.

Il n’en est pas exactement de même sur les autres rivages de la Méditerranée. A mesure que l’on se rapproche de la zone désertique, non seulement les précipitations deviennent rares et l’écoulement peu abondant, mais l’irrégularité interannuelle des précipitations y est de plus en plus accentuée. La situation est rendue plus grave en raison de la rapidité de l’accroissement démographique, alors même que l’élévation attendue du niveau de vie devrait entraîner une forte croissance de la demande. Les choix sont alors limités et les accords ne peuvent se faire que dans la prise de conscience de l’urgence d’y remédier.

II – Les débats

Ouvert le mercredi 4 octobre, le colloque s’est achevé le dimanche 8. Il a comporté, le jeudi 5, une excursion en Provence, qui mena les participants successivement au siège du canal de Provence et à celui de la communauté d’irriguants du canal des Alpines nord. Chaque demi-journée fut consacrée à un sous-thème.

1 Les conflits liés aux risques naturels

Deux risques naturels furent analysés de ce point de vue : celui d’inondation à propos de la Camargue et celui de sécheresse à propos de l’Espagne du Sud Est. Cette dernière communication fut présentée l’avant dernier jour par deux jeunes professeurs espagnols, qui n’avaient pas pu être présents le premier jour de la rencontre lorsque ce thème a été débattu.

  1. a) Les inondations en Camargue

La Camargue, qui correspond au delta du Rhône qui couvre environ un millier de kilomètres carrés, a fait l’objet d’une double étude relative au risque d’inondation. Au coûts de l’hiver 1993-1994, la rupture de digues fut à l’origine de polémiques et révéla des carences dans le fonctionnement du système de protection. Des conflits de nature territoriale et sectorielle se sont alors manifestés, dont la géographe Anne Honegger se propose de suivre l’évolution.

L’historien Paul Allard et son équipe, qui travaillent à l’étude de la genèse de l’anthropisation de la Camargue, attribuent aux inondations de 1856 un effet décisif sur la généralisation d’un système d’endiguement du fleuve. C’est le moment où l’Etat prend en charge la protection totale qui lui est demandée et qui succède à l’idée d’une fatalité divine à laquelle on s’adaptait tant bien que mal. Le seuil de perception du risque demeure de toutes façons subjectif et dans la dépendance de différents facteurs.

  1. b) La sécheresse dans le sud-est de la péninsule ibérique

Au moment où fut présentée cette intéressante communication, une grave sécheresse sévissait depuis près de quatre ans sur la partie méridionale de la péninsule. Elle succédait à une série de trois années particulièrement humides. Les effets d’une telle sécheresse sur les ressources en eau, sur l’environnement (par exemple, augmentation des éléments contaminants dans les eaux mortes, dégâts dans les plantations cultivées en sec) et sur l’économie en général sont considérables dans une région où la succession de tels phénomènes est habituelle. Mais la mise en valeur intensive du territoire a transformé un phénomène purement climatique en un fait d’origine humaine.

2 – La gestion de l’eau comme un bien rare

Les économistes s’intéressent désormais de plus en plus aux ressources naturelles et, notamment, à l’eau. Peut-elle faire l’objet d’une gestion économique ? s’est interrogé Daniel Puech. Oui, sans doute, mais ce n’est pas aisé, car la rareté de l’eau est relative à un lieu et à un moment, et sa gestion doit prendre en compte une approche à la fois globale et à long terme. Le dépassement des instruments économiques traditionnels débouche sur une action concertée, telle que celle actuellement suivie en France dans le cadre de contrats et de partenariats. L’approche multidisciplinaire était ainsi confortée une fois de plus.

René Anus, étudiant les prémices d’un marché de l’eau en Europe méditerranéenne, s’est inquiété de l’émergence d’un conflit nord sud dans le bassin méditerranéen occidental et a, notamment, présenté des cartes et croquis qui mettent en évidence une situation particulièrement préoccupante.

3 – Identité territoriale, pouvoir et demande sociale face au bilan hydrique

On associe fréquemment les conflits pour l’eau à la rareté de la ressource hydrique, il ne semble pas que cela soit le cas général.

Dans le cas du pays valencien étudié dans la longue durée, du XIIIe au XVIIIe siècle, par l’historien Tomas Péris Albentosa, il n’y a aucun rapport entre la possibilité de conflits, d’une part, et un déséquilibre croissant entre la demande et les ressources disponibles, d’autre part. Dans sa démonstration, magistrale et d’une grande rigueur, l’historien valencien qui, malheureusement, n’avait pas pu être des nôtres, retenu par ses obligations d’enseignant, s’élève au passage contre les présupposés de fonctionnement harmonieux de l’hydraulique valencienne acceptés par des chercheurs comme Jaubert de Passa ou, plus récemment, Glick. Le fameux tribunal des eaux, par exemple, aurait été élevé selon lui à la catégorie de mythe par la bourgeoisie foncière au siècle dernier.

Dans l’étude très fine de deux communautés villageoises du nord-ouest du Portugal, l’anthropologue Fabienne Wateau estime, pour sa part, que la question de la rareté ou de l’abondance de l’eau n’entre pas en compte pour la compréhension anthropologique de conflits qui sont ici moins pour l’eau qu’autour de l’eau.

Quant à la sociologue Chantal Aspe, elle apprécie de façon positive la nouvelle gestion de l’eau en France, à partir de la loi sur l’eau de 1992, qui envisage une gestion collective et concertée dans le cadre de nouveaux découpages territoriaux. Mais elle ne s’en interroge pas moins sur les conflits potentiels, les limites des procédures destinées à les résoudre, l’aptitude de ceux qui sont désignés pour le faire et le coût de ces opérations.

Faut-il parler de demande sociale ou bien seulement d’enjeux de pouvoir ?

4 – Les conflits intersectoriels et la place de l’agriculture irriguée

Lorsqu’elle devient rare, l’eau est généralement mieux valorisée. C’est le cas du sud-est de l’Espagne où, en dépit d’une recherche de ressources hydriques, y compris en dehors de la région, par le biais d’un transfert d’eau depuis les têtes de sources du Tage, l’eau, très rare, est de plus en plus demandée pour les besoins de l’agriculture, du tourisme et de l’alimentation des populations. Un tiers environ des 350 000 hectares irrigués dans cette région se situe parmi les formes d’avant-garde, tant pour les techniques de gestion de l’eau que pour celle de la commercialisation de la production. En dépit de cette belle démonstration du professeur Alfredo Morales Gil et de la mise en garde du sociologue Roberto Sancho Hazak, chargé d’établir le nouveau plan d’irrigation de l’Espagne, qui estime que le développement rural exige des ressources hydriques pour l’alimentation et le loisir des populations, Michel Drain se demande si l’extension de l’agriculture irriguée se justifie encore en Espagne. Le fait que le secteur agricole représente 93% des usages consomptifs de l’eau en année moyenne l’autorise à penser que l’Espagne est, dans ce domaine, à l’heure des choix et que les 600 000 nouveaux hectares, dont il est prévu qu’ils seront mis en irrigation dans le plan hydrologique national, représentent une aberration. Même si la priorité porte sur la satisfaction des besoins de la population en eau alimentaire, il faut ne pas négliger les besoins du tourisme, qui rapporte de plus en plus de devises, et ceux que nécessite un bon équilibre écologique mériteraient d’être mieux pris en considération.

La réduction de la consommation agricole est devenue une nécessité à Chypre, selon le géographe Pierre-Yves Péchoux. Non seulement l’eau y est particulièrement rare, mais la population s’accroît rapidement et le tourisme est devenu la ressource principale de son économie (2 500 000 touristes par an). L’île va donc se trouver ramenée à des pratiques d’une agriculture pluviale.

5 Conflits régionaux et interrégionaux contemporains

Prenant l’exemple de l’Andalousie, vaste région qui est aussi la plus peuplée d’Espagne, dans laquelle les conflits pour l’eau sont d’une extrême diversité, le géographe Leandro del Moral Ituarte estime que la sécheresse actuelle n’est pas seulement l’effet de l’irrégularité pluviométrique du climat, mais l’expression d’une crise du modèle de gestion hydraulique, ce qui pose la question sur un plan politique.

L’irruption de la politique dans les problèmes de gestion de l’eau s’est trouvée favorisée en Espagne par le régime des autonomies. Institué par la constitution de 1978, ce régime, qui préfigure une fédération, encourage les gouvernements régionaux à considérer l’eau comme un patrimoine inaliénable et une composante de l’identité territoriale. C’est en contradiction avec la lettre et l’esprit de la loi de 1985, qui fait de l’eau sur le territoire national le bien de tous les Espagnols.

Retenu à Alicante par la visite du président Jacques Santer, le géographe Antonio Gil Olcina, comme son collègue Alfredo Morales Gil, avait adressé une intéressante communication à ce sujet. Il y démontre comment la vision du plan hydrologique national, fondée sur la solidarité entre les régions, se heurte à l’opposition des régions dites excédentaires. Ces dernières, qui sont aussi fréquemment les moins développées, demandent que soient prises d’abord des mesures de solidarité entre les régions en matière de revenus, les compensations importantes qu’elles exigent en échange d’une fraction de leurs eaux incluent parfois l’extension de l’irrigation, y compris là où les conditions thermiques ne permettent guère à l’agriculture de valoriser l’eau.

Sylvie Clarimont s’est efforcée de relever les discours politiques développés à cet égard dans le bassin de l’Ebre. En dépit de la position des experts en ce domaine, elle montre que les conflits renvoient à des logiques et rationalités d’une grande diversité qu’il est nécessaire de prendre en compte.

René Maury constate, pour sa part qu’il n’y a guère eu de graves conflits pour l’eau jusqu’à présent en Italie, dont il rappelle l’importance considérable des ressources théoriques et la grande tradition des ingénieurs de l’hydraulique. Néanmoins, les tensions locales ont toujours existé et le développement de conflits plus étendus est à redouter.

6 Conflits transfrontaliers

Ici encore l’eau est à la fois un enjeu, un prétexte ou une arme. L’appartenance de tous les Etats concernés à la Communauté européenne joue dans le sens d’une atténuation des conflits et de leur résolution pacifique. Deux frontières ont fait l’objet de débats : celle de la Grèce septentrionale et celle entre l’Espagne et le Portugal.

Dans le cas de la Grèce, Michel Sivignon précise que ce pays ne contrôle que la partie aval des cours d’eau qui traversent sa frontière septentrionale. Aussi, la mise en valeur des plaines concernées dépend-elle de garanties de débits minimaux et d’une qualité acceptable de l’eau provenant de Bulgarie, de Macédoine ou de Turquie. Il est vrai que la Thrace a constitué depuis 1922 une sorte de marche militaire face à l’Europe de l’Est et face à la Turquie, qui a découragé les investissements durant longtemps. Dans le cas de l’Ardas, une convention gréco-bulgare garantit à la Grèce 186 km3 d’eau durant les cinq mois de saison sèche, dont une commission assure l’écoulement jour par jour, sans pour autant pouvoir assurer le débit en cas de sécheresse. En fait, ce sont les tensions amont aval à l’intérieur même de la Grèce qui semblent être les plus fortes, tandis que les tensions transfrontalières reflètent des conflits plus généraux qui s’expriment ici à propos de l’eau, mais avec d’autant plus d’acuité que la mise en valeur par l’irrigation et le drainage progresse.

C’est un peu le cas du Portugal et de l’Espagne, présenté par les ingénieurs João Castro Caldas et João Torre do Vale d’Avillez.

Le Portugal dépend, en effet, pour près de la moitié de ses ressources hydriques de celles qui proviennent d’Espagne. Le plan hydrologique national élaboré par l’Espagne et présenté au public en 1993 ravive les tensions avec le Portugal en ce domaine, notamment avec les cours du Douro et du Guadiana. C’est une situation malheureusement propice à la recrudescence de sentiments nationalistes.

Michel Drain s’est intéressé plus spécialement au cas du bassin du Guadiana qui combine les situations de conflits interrégionaux dans la partie supérieure du bassin et de conflit international, avec le Portugal, datas sa partie inférieure. Dans le cas du bassin supérieur, dans lequel les ressources se présentent principalement sous forme d’aquifères, la baisse de niveau et la surexploitation de l’aquifère de la Manche ont entraîné des conséquences écologiques sur le parc national des Tablas de Daimiel, d’importance internationale. Afin d’y remédier, une loi autorise de prélever provisoirement de l’eau du transfert Tage-Segura, destiné en principe exclusivement aux plaines méridionales du Levant. Le fait que l’aquifère de la Manche et les têtes de sources du Tage se trouvent dans la même région autonome s’est traduit par le transfert d’un conflit de nature sociale dans la Manche en un conflit interrégional entre communautés autonomes, avec le développement de sentiments renforcés d’identité territoriale. Il y a là également un danger politique non moins grave que celui provoqué sur le cours inférieur entre l’Espagne, qui a très largement exploité les eaux du Guadiana, et le Portugal qui discute depuis trente-cinq ans de l’intérêt de construire un grand barrage sur la partie portugaise du cours du fleuve à Alqueva.

III – L’excursion en Provence

Une excursion d’une journée s’est déroulée le 5 octobre, sous une pluie diluvienne. Les responsables de la Société du canal de Provence, qui nous ont reçu au siège de leur société au Tholonet, nous ont expliqué et montré l’utilisation raffinée des eaux du Verdon et le fonctionnement du canal de Provence.

L’après-midi, la visite au syndicat intercommunal du canal des Alpines septentrionales nous a permis de comprendre le fonctionnement d’une communauté vieille de plus d’un siècle et qui rassemble depuis 1976 environ 10 000 hectares répartis entre une vingtaine de communes. L’accueil fut dans les deux cas extrêmement cordial et la comparaison des deux systèmes, l’un qui se trouve à la pointe du progrès, l’autre beaucoup moins avancé, nous a également montré que les conflits latents n’y sont pas moins présents, dans l’un et dans l’autre.

Rappelons en quelques phrases l’origine des deux grands canaux et des systèmes de distribution de l’eau en Provence : le canal de Marseille, aménagé au milieu du XIXe siècle, et le canal de Provence, mis en place au cours de la seconde moitié du XXe siècle.

La Provence se trouve exposée aux aléas climatiques propres au climat méditerranéen et a longtemps souffert des sécheresses estivales, notamment dans sa partie littorale. Elle n’en est pas moins fort bien pourvue en ressources hydriques pour au moins trois raisons essentielles : le caractère montagneux de son arrière-pays, qui reçoit des précipitations annuelles importantes, l’apport considérable du Rhône, y compris durant la période estivale, enfin, l’importance des massifs calcaires qui recèlent de nombreux aquifères et comportent des résurgences parfois très abondantes, comme la fameuse fontaine du Vaucluse. Il y a donc à la fois abondance de l’eau et, localement, pénurie.

Le canal de Marseille

La demande en eau du littoral est particulièrement élevée en raison de la présence de deux régions urbaines : celle de Marseille et de l’étang de Berre, et celle de la Côte d’Azur. La présence d’une source, le Lacydon, avait fait la fortune de Massilia, mais le développement de Marseille au début du XIXe siècle s’est trouvé entravé par la pénurie d’eau. Les ressources locales n’assuraient plus que 75 litres d’eau en moyenne par jour et par habitant, et même moins de 12 en période de sécheresse. L’hygiène s’en ressentait et l’épidémie de choléra de 1834 y fut particulièrement meurtrière. D’où la décision de construire un canal, afin d’amener l’eau de la Durance à Marseille. Le canal de Marseille, œuvre de l’ingénieur Franz Mayor de Montricher, fut achevé en 1847. Il s’est accompagné de l’édification d’œuvres d’art exceptionnelles comme l’aqueduc de Roquefavour pour le franchissement de la vallée de l’Arc (la technologie des siphons n’était pas encore au point). Il se terminait par une cascade monumentale au palais Longchamps et permettait non seulement l’alimentation de la ville, mais encore l’aménagement de la plaine environnante, où les bastides s’entourèrent de jardins et où l’irrigation favorisa le développement des cultures maraîchères et l’élevage des vaches laitières. Le paysage des environs de Marseille s’en trouva profondément modifié. L’alimentation en eau de Marseille était assurée pour près d’un siècle, alors même qu’allait se produire une extension remarquable du port et de la ville. A peu près au même moment l’alimentation de la région aixoise était assurée par l’aménagement du canal du Verdon. Mais se produisaient encore quelques glandes sécheresses exceptionnelles et l’alimentation de la ville présentait le risque de vulnérabilité de l’adduction unique (en 1944, une bombe faillit détruire l’aqueduc de Roquefavour !). La charge des eaux de la Durance explique aussi l’importance de l’engravement, qui conduisit ultérieurement à construire des bassins de décantation, à Saint Christophe, près de la Roque d’Anthéron, à Sainte-Marthe et à Saint-Barnabé. (Un arrêt au bassin de Saint Christophe était prévu, mais, compte tenu de la pluie battante, l’autocar se borna à en faire le tour).

Le canal de Provence

Toutefois Marseille, qui atteignit le million d’habitants avant la Seconde Guerre mondiale, se trouva à nouveau face à une pénurie d’eau. Dans les années 1950, une station de pompage permit de récupérer les eaux d’exhaure des mines de lignite de Gardanne (18 hm3/an), mais les eaux distribuées par le canal de Marseille restaient contingentées, chaque consommateur disposant d’une “boîte à eau” et recevant sa quote-part journalière d’une eau bien souvent polluée. On comprend le rôle important que la mairie de Marseille devait jouer dans la mise en route d’un nouveau projet de canal, dit canal de Provence.

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, le gouvernement, français engagea une politique de développement des ressources hydroélectriques afin d’augmenter l’énergie disponible en France. Dans ce cadre, le cours de la Durance fut régularisé par la construction, notamment, du barrage de Serre-Ponçon par Electricité de France. Cette réserve de 1 200 hm3 permettait en outre de réserver 250 millions de m3 pour l’irrigation du Vaucluse, du Comtat et de la Grau. L’aménagement du cours de la Durance devait également affranchir le canal de Marseille des apports excessifs de vase et le préserver des sécheresses exceptionnelles. Il permettait aussi d’entreprendre l’aménagement du principal affluent de la Durance, le Verdon, cours d’eau montagnard fournissant une eau abondante et d’excellente qualité, et la construction de barrages fut entreprise, comme celui de Sainte Croix. Ce sont les eaux du Verdon qui devaient être transférées dans les régions littorales afin de répondre aux besoins divers d’une population de 2 500 000 habitants, en croissance rapide. La construction du canal de Provence, entamée en 1963, devait se poursuivre jusqu’en 1987 en ce qui concerne les aménagements annexes. Il peut distribuer annuellement 660 hm3 d’eau destinée à l’irrigation (60000 hectares), aux industries, notamment aux industries pétrolières et pétrochimiques de l’étang de Berre, à l’alimentation d’une centaine de villes et à l’implantation de bornes pour la défense contre les incendies. Cette tâche d’aménagement fut confiée à une société d’économie mixte de droit privé (donc tenue d’équilibrer ses comptes). La création de cette société préfigurait d’une certaine manière la politique dite de décentralisation qui devait être entreprise un quart de siècle plus tard.

L’aménagement du Verdon fut réalisé par EDF qui y créa cinq retenues, totalisant plus d’un millier d’hm3, notamment les barrages de retenue de Sainte-Croix et de Gréoux. Les travaux liés au canal de Provence commencèrent plus tard, en 1964. Ils se sont poursuivis jusqu’à nos jours. Du barrage de Gréoux part un canal mixte EDF-SCP, d’un débit de 55 m3/s. La prise de Boutre est l’origine du canal de Provence, d’une capacité de 40 m3/s, qui correspond aux droits d’eau cumulés des communautés territoriales associées dans la SCP (soit 660 hm3/an ou un débit moyen de 21 m3/s). Un canal maître de 13 kilomètres aboutit à Rians, d’où partent la branche de Bimont et le canal maître n° 2, qui passe en galerie sous la chaîne de la montagne Sainte Victoire. La branche de Bimont se prolonge par l’adduction d’Aix Trévaresse et par la branche de Marseille nord. Le canal maître n° 2 se divise à Pourcieux entre la branche de Marseille est et la branche du Var. Cette dernière se divise à Signes en une branche de Toulon ouest et de Toulon est, prolongée vers Les Maures en 1979.

La Société du canal de Provence et la répartition de l’eau

La Société du canal de Provence et d’aménagement de la région provençale fut créée le 7 juillet 1957, sous l’impulsion du ministère de l’Agriculture, par trois collectivités territoriales (les départements du Var, des Bouches-du Rhône et la commune de Marseille) qui avaient signé, sept mois plus tôt, un pacte de solidarité. Ultérieurement, le capital de cette société d’économie mixte fut réparti entre les mêmes collectivités, auxquelles s’ajoutèrent les départements du Vaucluse, des Alpes-de-Haute-Provence et des Hautes-Alpes, les chambres d’agriculture et les caisses régionales de Crédit agricole des cinq départements, la Caisse nationale de Crédit agricole, la Caisse des dépôts et consignations, la région PACA enfin. La vocation principale est de contribuer à l’aménagement, à l’équipement et au développement économique de la région PACA. Il s’agit d’un aménagement à buts multiples : activités agricoles, mais aussi touristiques et industrielles.

Quant à ces derniers usages, les débits souscrits, qui représentent le tiers des volumes d’eau livrés par la société, s’élèvent à 35 hm3 par an, dont le prix tourne autour de 2 F le m3, mais avec une partie fixe liée au débit souscrit et une autre proportionnelle à la consommation.

En ce qui concerne l’irrigation, les réseaux de type gravitaire traditionnels n’étaient pas envisageables et le libre-service était préférable pour des raisons de souplesse d’utilisation et d’économie. Le système en libre-service est pratiquement incompatible avec des canaux de surface et suppose une distribution par conduites enterrées. C’est d’ailleurs la technique généralisée en France depuis les années I960. Sous cette forme, il est possible de répondre à tous les besoins : haute pression pour les canons, moyenne pression pour les pivots et sprinklers, basse pression pour micro-jet et goutte à goutte, et même très basse pression pour l’irrigation gravitaire. Le réseau sous pression présente l’avantage d’une grande souplesse d’adaptation au marché. Le canal de Provence fut le premier grand aménagement hydraulique entrepris par la société. Il utilise l’eau du Verdon et les travaux furent entrepris en optimisant la ressource, en conservant la qualité de l’eau et en respectant les sites. Un système de régulation dynamique permet de ne fournir que l’eau demandée, tandis que les ouvrages sont sollicités au prorata des prélèvements. Le système de tarification incite à ne pas consommer inconsidérément dans la mesure où tout dépassement engendre un coût supplémentaire. Le canal de Provence se divise en trois branches et concerne 60 000 hectares. Il aurait créé ou contribué au maintien de plus de 6 000 emplois agricoles. La société a entrepris par ailleurs d’autres aménagements, dont celui de Calavon sud Luberon (15 000 hectares), celui du plateau de Valensole (4 000 hectares) et, avec les eaux du barrage de Saint-Cassien, celui de l’Est varois. La Société assure également l’exploitation et la maintenance d’autres réseaux pour le compte de syndicats intercommunaux et vend son savoir-faire à l’étranger, où elle est très appréciée. Elle a notamment mis au point un système de pilotage de l’irrigation raisonnée. La SCP n’a pas seulement pour but la création de nouveaux réseaux d’irrigation, mais également la modernisation de ceux qui existaient avant son intervention.

Enfin, l’eau alimentaire est distribuée à plus d’une centaine de communes des Bouches-du-Rhône et du Var. Provenant du Verdon, qui prend sa source au col d’Allos, à 2 240 rn d’altitude, il s’agit d’une eau limpide, fraîche, bien équilibrée et dépourvue de nitrates. L’eau brute ne nécessite que des traitements élémentaires pour la consommation ; par ailleurs, elle alimente de nombreuses prises d’incendie. Les principales communes desservies se trouvent au nord de Marseille, dans la région de Toulon et à l’ouest de la Côte d’Azur.

Conclusion

Les participants sont convenus de publier non seulement les actes de ce colloque, mais aussi la teneur des discussions auxquelles ils donnèrent lieu, ce qui suppose un certain travail de traitement et de traduction et, bien entendu, les financements nécessaires.

En ce qui concerne le travail futur, les participants se sont demandé d’abord si la question était épuisée et si elle était assez riche pour justifier un prolongement (Michel Sivignon). Il fut admis que l’existence de conflits constituait un moteur du changement et qu’il était nécessaire de mettre au point une méthodologie multipliant les points de vue pour les étudier (René Arrus). A condition toutefois de penser à l’organisation de ce travail plus qu’à sa publication et en y incluant plus largement d’autres disciplines que la géographie, qui se trouvait ici majoritaire puisque rassemblant près de la moitié des participants (Roberto Sancho Hazak). La question se posa alors de savoir si le groupe présent est capable de constituer un dossier permettant d’obtenir les financements nécessaires à une recherche en réseau menée sur l’ensemble du bassin méditerranéen.

Un certain nombre de questions furent soulevées concernant les identités territoriales, les seuils retenus, les stratégies européennes, la part des politiques communautaires et internationales, l’avenir de l’agriculture irriguée, les rapports de l’eau et de l’environnement.

Démontrant le mouvement en marchant, l’un des participants, Jacques Bethemont, proposa deux projets, l’un en vue de la publication d’un ouvrage collectif sur l’eau dans le monde méditerranéen, l’autre sur la constitution d’un collectif de travail sur cette question. Le projet d’ouvrage propose quatre grandes parties : les enjeux, les travaux de correction, eau et sociétés, eau et structuration de l’espace. En ce qui concerne le travail à entreprendre, il propose l’établissement de fiches techniques par pays et par bassin, travail associé à un support cartographique, à un collationnement de textes fondateurs et à la mise au point d’une bibliographie critique, comprenant, à la fin, le recensement des thèmes clefs.

Ces propositions pourraient constituer une base sur laquelle se rassembleraient ceux qui croient à l’intérêt de ce thème et souhaiteraient participer de façon active à son développement. Dans l’immédiat, la préparation d’une lettre destinée à mettre en relation les groupes qui s’intéressent actuellement à ces questions dans plusieurs pays et dans des domaines divers serait un utile instrument d’information et de coordination.


Nota : à la suite de cette rencontre, parution de « Régulation de l’eau en milieu méditerranéen.  Risques et tensions », sous la direction de Michel Drain, dans la revue Territoires en mutation, n° 3, mars 1998


Communications présentées

Paul Allard – Evolution de la perception du risque d’inondation en Camargue au XIXe siècle

René Arrus – Les prémices d’un marché de l’eau dans le bassin occidental de la Méditerranée

Chantal Aspe – Conflits pour l’eau : les nouvelles tentatives d’objectivation

Jacques Bethemont – Perspectives de recherche

João Castro Caldas – Portugal et Espagne : la question de l’eau

Sylvie Clarimont – Aménagement de la ressource en eau et mouvements de contestation dans le bassin de l’Ebre (Espagne)

Michel Drain – Les conflits pour l’eau autour du Guadiana. Faut-il arrêter l’extension de l’agriculture irriguée ?

Anne Honegger – Les conflits territoriaux pour l’eau : exemple de la Camargue

René Maury – Crises et projets dans la gestion de l’eau en Italie du sud

Annie Méjean – Les conflits territoriaux pour l’eau en Camargue ; l’intervention de Napoléon III

Leandro del Moral Ituarte – Crise de durabilité du modèle de gestion hydraulique et généralisation des conflits au sujet de l’eau dans le sud de l’Espagne

Jorge Olcina – La sécheresse dans le sud-ouest de l’Espagne

Sigolène Pailhès – Evolution de la perception du risque d’inondation en Camargue au XIXe siècle

Pierre-Yves Péchoux – Conflits pour l’eau à Chypre : du village à la nation

Daniel Puech – L’économie face à la gestion de l’eau

Antonio Rico Amoros – Exposition de la communication d’Alfredo Morales Gil : L’agriculture d’avant-garde et l’eau & La sécheresse dans le sud-ouest de l’Espagne

Roberto Sancho Hazak – Le développement rural, nouveau compétiteur pour l’usage de l’eau

Michel Sivignon – Limites du développement de l’agriculture irriguée en Grèce & Le prétexte hydrographique dans les conflits internationaux en Grèce

João Torre do Vale d’Avillez – Conflits d’eau du bassin de Guadiana

Fabienne Wateau – Conflits autour de l’eau. Des exemples portugais à l’échelle d’une municipalité

Textes disponibles dans les archives de la Fondation des Treilles

Allard, Paul / Méjean, Annie / Pailhès, Sigolène – Perception et gestion du risque d’inondation : l’exemple de la Camargue dans la première moitié du XIXème siècle – 1995, 28 p.

Aspe, Chantal – Conflits pour l’eau les nouvelles tentatives d’objectivation – 1995, 5 p. + 1 résumé en français et 1 résumé en anglais

Castro Caldas, João – Portugal e Espanha: a questão das águas – 1995, 8 pages

Clarimont, Sylvie – Aménagement de la ressource en eau et mouvements de contestation dans le bassin de l’Ebre – 1995, 17 p.

Drain, Michel – Les conflits pour l’eau autour du Guadiana – 1995, 11 p.

Drain, Michel – L’extension de l’agriculture irriguée en Espagne est­elle encore justifiée ? 1995, 10 p.

Gil Olcina, Antonio – Conflictos autonómicos en torno al anteproyecto del plan hydrológico nacional – 1995, 30 p.

Gil Olcina, Antonio – Conflits autonomes en relation avec l’avant-projet du plan hydrologique national (résumé) – Editeur : [s.n.], 1995, 4 p.

Maury, Georges – Pas de conflits pour l’eau dans l’Italie de l’idraulica et de la bonifica : ressources, crises et projets ­ le mezzogiorno – Editeur : [s.n.], 1995, 20 p.

Moral Ituarte, Leandro del – Crise de durabilité du modèle de gestion hydraulique et généralisation des conflits au sujet de l’eau dans le sud de l’Espagne – 1995, 11 p (trad. Michel Drain) + 1 résumé

Moral Ituarte, Leandro del – Crisis de sostenibilidad del modelo de gestion hidraulica y generalizacion de la conflictividad sobre el agua en el sur de España – 1995, 13 p (dont 1 résumé)

Moral Ituarte, Leandro del – Water management in the south of Spain: crisis of sustainability of the current model and generalization of conflicts (résumé).

Morales Gil, Alfredo – Le manque d’eau et sa rentabilité dans le Sud­Est de l’Espagne : agriculture d’avant­garde – 1995, 19 p + 1 résumé en français, 1 résumé en anglais et 1 résumé en espagnol.

Peris Albentosa, Tomás – Hydraulic conflicts in the Valencian country between 13th and 18th centuries – 1995, 33 p + 1 résumé en français et 1 résumé en anglais.

Puech, Daniel – L’économie face à la gestion de l’eau : l’eau peut­elle faire l’objet d’une gestion économique ? – 1995, 23 p. (Version provisoire)

Puech, Daniel – L’eau peut­elle faire l’objet d’une gestion économique ? (résumé) 1995, 2 p.

Rivière­Honneger, Anne – Les conflits territoriaux pour l’eau : exemple de la Camargue – 1995, 21 p.

Sancho Hazak, Roberto – El desarrollo rural como nuevo competidor – 1995, 13 p.

Shuval, Hillel – Méthodes de résolution des conflits relatifs aux ressources en eau en milieu aride : cas d’Israël et des pays voisins – Editeur : OMS, 1992, pp. 24­44

 

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