Circulating mathematics: the role of Journals (from the Age of Enlightenment to World War II)

Participants

Liliane Alfonsi, Tom Archibald, Frédéric Brechenmacher, Maarten Bullynck, Jean Delcourt, Sloan Despeaux, Caroline Ehrhardt, Renaud d’Enfert, Christian Gérini, Hélène Gispert (organisateur), Deborah Kent, Pauline Romera-Lebret, Erika Luciano, Thomas Morel, Philippe Nabonnand (organisateur), Clara Silvia Roero, Laurent Rollet, Martina Schiavon, Norbert Verdier

Circulation des mathématiques dans et par les journaux (des Lumières à la seconde guerre mondiale) - Circulating mathematics: the role of Journals (from the Age on Enlightenment to World War II)

Laurent Rollet Hélène Gispert Renaud d'Enfert Liliane Alfonsi Tom Archibald Sloan Despeaux Philippe Nabonnand Norbert Verdier Pauline Romera-Lebret Maarten Bullynck Jean Delcourt Erika Luciano Thomas Morel Deborah Kent Clara Silvia Roero Circulation des mathématiques dans et par les journaux (des Lumières à la seconde guerre mondiale) - Circulating mathematics: the role of Journals (from the Age of Enlighten

Review (in French)

Circulation des mathématiques (des Lumières à la seconde guerre mondiale) : les mathématiques dans et par les jounaux / Circulating mathematics: the role of Journals (from the Age of Enlightenment to World War II)
by Hélène Gispert, Philippe Nabonnand et Jeanne Peiffer
5 – 10 November 2012

Résumé : Notre rencontre a été consacrée au/aux processus de spécialisation en relation avec la circulation des mathématiques dans et par les journaux, question que nous avons travaillée tout à la fois sur le temps long (période 1700-1940) et dans la diversité des aires géographiques. Nous nous sommes intéressés aux différentes modes de spécialisations des journaux, à la spécialisation des journaux étudiée du point de vue des publics, et aux stratégies éditoriales des auteurs et des éditeurs.

Mots clés/key words : mathématiques, journaux, publics, spécialisation, longue durée

La question majeure de notre rencontre a été celle du/des processus de spécialisation en relation avec la circulation des mathématiques dans et par les journaux, question que nous avons souhaité travailler en déployant notre réflexion collective tout à la fois sur le temps long et dans la diversité des aires géographiques. Nous avons ainsi travaillé sur la période 1700-1940, cette période se justifiant par le fait qu’au 18e siècle le développement du système de communication, grâce à la création des journaux et à l’accroissement de la production de livres, est le signe d’une relative, quoiqu’indéniable, ouverture de la sphère publique à une culture savante dont les mathématiques ne sont pas absentes. La seconde guerre mondiale, quant à elle, amène une rupture radicale dans les modes de production et de circulation des mathématiques, ainsi que dans leurs applications. Cette longue période de plus de deux siècles présente un intérêt historique particulier dans la mesure où se succèdent deux régimes d’organisation des savoirs différents : un régime pré-disciplinaire au 18e siècle et une structuration disciplinaire qui se met en place au 19e siècle. Cette transition ne peut pas pour autant être pensée partout comme une rupture radicale dans les formes de socialisation de la culture mathématique. Ainsi, c’est sur le long terme que nous avons souhaité développer des comparaisons entre différentes aires géographiques, l’Europe – avec la France, l’Allemagne, la Grande Bretagne, l’Italie, la Belgique – et les Etats Unis.

Trois axes ont structuré notre rencontre. Le premier, « Les modes de spécialisations des journaux », a fait l’objet des trois premières demi-journées (mardi et mercredi matin), le deuxième, « La spécialisation par les publics », des deux demi-journées suivantes (mercredi après midi et jeudi matin) et le troisième, « Les stratégies éditoriales », de la dernière journée (vendredi matin et après midi). Le principe adopté pour cette rencontre a été de privilégier les interventions courtes suivies de plage de discussion conséquentes.

1. Les modes de spécialisation des journaux
La confrontation et la mise en regard de journaux en Italie (journaux savants), en Angleterre (Almanach) et des formes de journalismes en Allemagne, au 18e siècle, a permis de montrer que l’histoire de la spécialisation vers des journaux mathématiques est à affiner sinon à revoir, la spécialisation n’étant pas issue de la seule professionnalisation de milieux mathématiques mais s’ancrant dans l’existence, dès le début du 18e siècle pour l’Angleterre, à la fin du 18e siècle pour l’Allemagne, de publics divers de lecteurs. La confrontation de paysages éditoriaux en mathématiques au 19e siècle, en France, en Italie, en Allemagne, Angleterre, aux Etats Unis a permis de travailler les notions d’offre éditoriale, de marchés et de publics mathématiques, les rhétoriques accompagnant la création des premiers journaux dédiés spécifiquement aux mathématiques dans ces différents contextes. Il est apparu la nécessité de revenir soigneusement, pour pouvoir travailler sur le long terme, sur les termes de profession, de discipline et de spécialisation, utilisés de façon trop polysémique voire ambiguë.
Un dernier temps a été consacré au mode particulier de spécialisation sur les 19e et 20e siècles des journaux d’enseignement.
2. Spécialisation des journaux étudiée du point de vue des publics.
En déclinant là encore de façon diachronique et synchronique la diversité des contextes, nous avons examiné l’existence et segmentation de publics justifiant des entreprises éditoriales plus ciblées, l’existence de journaux participant de la création de publics , l’analyse du rôle social et culturel des journaux scientifiques, mathématiques. Une des questions que nous avons discuté a été celle de la catégorisation des publics – professionnels, amateurs, enseignants, utilisateurs, une autre celle de l’utilisation des journaux par le lectorat. Une autre a été celle de la prise en compte dans l’histoire que l’on fait de publics souvent ignorés par les historiens des mathématiques des 19e et 20e siècles, militaires, géodésiens, astronomes. Questionnements et réponses qui ont permis d’avancer dans la réflexion sur la fonction sociale des journaux.
3. Stratégies éditoriales
Il s’est agi ici de présenter des parcours d’acteurs, des stratégies d’auteurs comme de créateurs de journaux, de circulation d’un thème, d’une notion, d’un problème mathématique. Un premier type d’interventions a exposé les intentions de fondateurs de journaux, qui peuvent, par exemple, être d’ordre professionnel mathématique, d’ordre idéologique. Un second s’est intéressé aux stratégies des auteurs, cherchant à reconstituer l’activité d’acteurs à partir de la diversité de leurs publications, ou le rôle des journaux dans la validation des résultats et la reconnaissance obtenue par les auteurs.
Le bilan de cette rencontre, aux dires de l’ensemble des intervenants a été extrêmement fructueux. En réunissant des participants au-delà des cloisonnements entre histoire moderne et histoire contemporaine induits par la tradition historiographique, nous avons pu construire une culture commune sur le temps long et enrichir, chacun, les problématiques sur lesquels nous situons notre enquête sur la circulation mathématique. La réflexion commune a permis d’établir de nouveaux résultats et de nouvelles pistes de questionnement.
Nous avons donc choisi de privilégier des interventions courtes (25mn) focalisées sur un point bien particulier suivies d’une plage de discussion relativement courte. Les débats théoriques ont été renvoyés à des moments de discussion en fin de session. Ce mode d’organisation a permis à chacun de s’exprimer plusieurs fois sur des aspects différents de la thématique de la rencontre ; les sessions, intégrant ainsi un plus grand nombre de participants, ont été plus constructives. Cette rencontre a aussi permis d’affiner un projet de recherche consacré à la circulation des mathématiques (travail personnel des porteurs et discussion générale en soirée) qui sera déposé à l’Agence Nationale de la Recherche en janvier prochain. Nous tenons une nouvelle fois à remercierla Fondation des Treilles pour cette semaine exceptionnelle à tout point de vue et qui nous a permis d’avancer de façon décisive dans notre réflexion collective.

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