Académie de la Voix 2017 – L’opera seria de Haendel à Mozart
du 30 octobre au 4 novembre 2017

ACADEMIE DE LA VOIX 2017 – L’OPERA SERIA DE HAENDEL A MOZART
Direction : Ivan Alexandre, musicologue, metteur en scène, assisté de Julien Benhamou, directeur du casting et de la coordination artistique de l’Opéra national de Bordeaux et d’Alain Perroux, directeur de l’administration artistique du Festival d’Aix-en-Provence.
Professeur invitée : Yvonne Kenny
Chanteurs sélectionnés :
Soprano : Harmonie Deschamps et Léa Frouté – Mezzo-soprano : Ambroisine Bré, Victoire Bunel, Anna Dowsley – Ténor : Yu Shao – Contre-ténor : Paul-Antoine Benos – Baryton-basse : Thibaut de Damas
Pianistes et maîtres de chant : Rūta Lenčiauskaitė et Gary Matthewman
Souvenir vague et d’une époque lointaine, l’opéra seria avait disparu. Durant tout le XIXe siècle et la majeure partie du XXe, il représentait l’art abstrait et artificiel des castrats, supplanté par le chant émotionnel et « réaliste » des Romantiques qui représente aujourd’hui encore l’essentiel de notre répertoire.

Jusqu’à ce qu’il sorte du silence à la faveur d’une double résurrection : celle du chant « rossinien » et celle de l’opéra baroque. On s’aperçut alors que ces vocalises, ces ornements, ces cadences improvisées, ce langage oublié n’avaient rien d’un catalogue gratuit mais tout, au contraire, d’un idéal.

Né vers 1700, supplanté par la tragédie gluckiste et l’opéra bouffe avant 1800, le bel canto de Porpora, de Haendel ou du jeune Mozart faisait du chant le sujet même de la composition. Surhumain, le chanteur était le messager terrestre d’un don divin, maître d’un art qui ouvrait au public la porte du ciel. « One God, One Farinelli ! », s’exclamait-on à Londres en 1735.

Mais de quel art parlons-nous ? Depuis bientôt un demi-siècle, l’opéra seria de Haendel (Alcina, Ariodante, Giulio Cesare…) comme celui de Mozart (Mitridate, Lucio Silla…) ont gagné sur la scène moderne une place qu’ils n’avaient pas même de leur temps. Rares jusque dans les années 1980, on les applaudit désormais de Sydney à Aix-en-Provence et du Staatsoper de Vienne au Met de New York. Mais dans quelles conditions ? Que chantons-nous au juste ? De quelle manière ? Que savons-nous du bel canto perdu, que pouvons-nous en apprendre et à quelles fins ?

C’est pour répondre à ces questions, plus délicates qu’il ne paraît, que la Fondation des Treilles a voulu consacrer la première édition de sa nouvelle académie vocale à l’opéra seria. Sous la direction de spécialistes et de praticiens, la pratique répondra à la théorie afin que résonne dans l’avenir, avec plus de force encore, le beau chant retrouvé.

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