Dernière modification le : 15 février 2013

Anne Gruner Schlumberger

À l’origine de la Fondation des Treilles, une femme, Anne Gruner Schlumberger (1905 -1993) et sa personnalité : « Elle n’était pas luxe et magnificence, mais attention et générosité, sans intention publicitaire ou commerciale, sans stratégie philanthropique d’entreprise. La discrétion protestante, à l’européenne, le bon goût, à la française, la tradition libérale de la fondation, à l’américaine, se sont donc alliés en sa personne pour produire cette opération insolite : une fortune personnelle mise au service d’une collectivité anonyme et féconde, au croisement des sciences des arts et des lettres, et cela en tout désintéressement. » – Régis Debray.

Anne Gruner Schlumberger appartient à une famille talentueuse dont elle a retracé l’aventure dans « La boîte magique » (Fayard, 1977). Petite-fille de l’industriel alsacien Paul Schlumberger et fille de Conrad Schlumberger, qui crée avec son frère Marcel la Société de Prospection Electrique, devenue l’entreprise multinationale Schlumberger Ltd, elle est élevée dans une famille dont le goût pour les sciences s’accompagne d’autres talents : son père est musicien ; son oncle Jean, dont elle est proche et dont les archives sont conservées à la Fondation des Treilles, est un écrivain renommé ; ses sœurs, Dominique de Ménil et Sylvie Boissonnas sont, comme elles, de grands mécènes.

En 1960, Anne Gruner Schlumberger hérite de l’une de ses tantes, 50 hectares dans le département du Var au lieudit « Les Treilles ». La tradition familiale qui consistait à accueillir des musiciens, des savants et des érudits chez soi nourrit son dessein de faire de cette oasis de forêt et de végétation en broussaille un lieu privilégié et pérenne de rencontres, de réflexion et d’échanges.

À ces fins, elle crée, dès 1964, la Fondation Schlumberger pour l’Education et la Recherche (F.S.E.R) (dont l’une des missions est de sécuriser l’avenir financier de son projet) et s’entoure de créateurs de talent comme l’architecte Pierre Barbe, le paysagiste Henri Fish et le peintre Chouchanik Seferian (aujourd’hui artiste résidente sur le domaine des Treilles) avec lesquels, pendant plus de vingt ans de patiente détermination, elle s’emploiera à façonner ce domaine (aujourd’hui inscrit à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques) en un paysage habité dont l’harmonie soit propice à la créativité.

La réussite est telle qu’elle fait partager sa vision à un noyau d’amis enthousiastes qui l’aide à élargir et structurer l’accueil de créateurs et de chercheurs dans ce lieu où tout était conçu pour favoriser la méditation, la réflexion, la pensée.

En 1981 naît « l’Association des amis des Treilles »

L’Association des Amis des TreillesDe l’association à la Fondation des Treilles

Les commentaires sont fermés.