Activities : submission deadlines

If you wish to have your submission evaluated by the next Scientific Concil, please note the following submissions dealines :

– Young researcher prize : 2014/11/28 (prize awarded in 2015)
– Residential studies: 01/05/2015 (for a stay in 2015 or 2016)
– Authors’ residency prize : for a residency in 2016, applications are accepted until January 31, 2015

Continue reading

Posted in News

A tribute to Anne Gruner Schlumberger
from Professor Fotis C. Kafatos

It is difficult to speak or write about your spiritual mother. Silence seems most appropriate, especially about someone who always avoided public recognition and adulation. But I need to say goodbye to the most remarkable human being who blessed me with her friendship. And I need to express the gratitude of myself and of the many others who, as youngsters, benefited by her generosity, of all the people that she helped educate, and of the countless children who were enriched by her libraries, in Greece and in France.

I met Annette in 1956, when I was 16, and she changed my life. Continue reading

Posted in History and life of the Foundation

Quelle(s) valeur(s) pour la biodiversité

Liste des participants :

Gilles Boeuf, Charles-Hubert Born, Mathilde Hautereau-Boutonnet (organisatrice), Vincent Devictor, Isabelle Doussan, JérÎme Dubois, Jérome Dupras, Laurent Fonbaustier, Sophie Gambardella, Julien Hay, Sophie Lavallée, Sandrine Maljean-Dubois, Mustapha Mekki, Alain Papaux, Emmanuel Putman, Jean-Michel Salles, Eve Truilhé-Marengo (organisatrice), Alexandre Zabalza

Biodiversite2014_Groupe

Compte rendu

Quelle(s) valeur(s) pour la biodiversité ?
par Mathilde Hautereau-Boutonnet et Eve Truilhé-Marengo
8 – 13 septembre 2014

Résumé

Durant la semaine du 8 septembre 2014, la Fondation des Treilles a accueilli un sĂ©minaire s’intitulant « Quelle(s) valeur(s) pour la biodiversité ? ». Aujourd’hui, la biodiversitĂ© ne cesse de se dĂ©grader. La question est alors de savoir si accorder une valeur Ă  la biodiversitĂ© peut conduire Ă  une amĂ©lioration de sa protection. Ce sĂ©minaire rĂ©unissait 18 chercheurs dont deux juniors provenant des disciplines scientifiques, Ă©conomiques, philosophiques et juridiques. Au cours de ce sĂ©minaire, les diffĂ©rentes interventions et Ă©changes sur ce sujet ont permis de mettre en Ă©vidence la relativitĂ© de la notion de « valeur » selon les disciplines et d’éprouver Ă  la fois le potentiel et les limites d’une protection de la biodiversitĂ© par le biais des valeurs. Au terme de ce sĂ©jour, on peut en retenir que c’est finalement en recourant Ă  une prise en compte multidisciplinaire des critĂšres de valeur(s) que la biodiversitĂ© pourrait ĂȘtre davantage protĂ©gĂ©e.

Mots clés

BiodiversitĂ© – espĂšces – faunes – flores – valeur(s) – coĂ»t – valeur Ă©conomique – valeur philosophique – valeur juridique – valeur politique – valeur scientifique – patrimoine – bien – service Ă©cologique – service Ă©cosystĂ©mique – marchĂ© – propriĂ©tĂ© – droit – droit international – pĂȘche – terre –

Compte rendu

Le sĂ©minaire s’intitulant « Quelle(s) valeur(s) pour la biodiversité ? » rĂ©unissant des chercheurs provenant de multiples disciplines (sciences, Ă©conomie, droit, philosophie) a Ă©tĂ© accueilli Ă  la Fondation des Treilles durant la semaine du 8 septembre 2014.

L’idĂ©e de ce sĂ©minaire partait du constat suivant : l’instrument juridique joue un rĂŽle important dans la protection de la biodiversitĂ©. Aujourd’hui, coexistent et s’entremĂȘlent des rĂšgles de droit international, europĂ©en et national, porteuses de dispositifs relevant de ce qu’on appelle le droit spĂ©cial de l’environnement, parfois de type local, tournĂ©s vers la protection et rĂ©gulation des espĂšces protĂ©gĂ©s, menacĂ©es, nuisible, rares, remarquables, en voie de disparition, relevant de la flore et la faune ou autres populations, mais aussi de type global tendant Ă  apprĂ©hender les Ă©lĂ©ments de la biodiversitĂ© dans leur ensemble en saisissant leurs interactions, par le biais de Ă©cosystĂšmes, et plus particuliĂšrement des espaces protĂ©gĂ©s via les parc nationaux ou rĂ©serves naturelles. Plus particuliĂšrement, le droit international s’est emparĂ© de la protection de la biodiversitĂ© avec la Convention de Rio sur la diversitĂ© biologique en la dĂ©finissant comme la « variabilitĂ© des organismes vivants de toute origine y compris, entre autres, les Ă©cosystĂšmes terrestres, marins et autres Ă©cosystĂšmes aquatiques et les complexes Ă©cologiques dont ils font partie; cela comprend la diversitĂ© au sein des espĂšces et entre espĂšces ainsi que celle des Ă©cosystĂšmes ».

Pourtant, aujourd’hui, la biodiversitĂ© ne cesse de se dĂ©grader. Selon le  Millenium Ecosystem Assessment, le taux d’extinction des espĂšces est de l’ordre de 1% tous les ans et plus de la moitiĂ© des Ă©cosystĂšmes de notre planĂšte est en danger. Pour en rendre compte, l’IUCN a crĂ©Ă© un indicateur Ă  partir de listes rouges. Cet indice montre que l’état de la biodiversitĂ© n’a cessĂ© de se dĂ©grader depuis les annĂ©es 50. Au total, 11 espĂšces sur les 119 recensĂ©es comme en voie d’extinction quitteraient prochainement le territoire français.

Face Ă  ce constat, ce sĂ©minaire entendait posait la question suivante : « aujourd’hui face aux faiblesses du droit, n’est-il pas temps de refonder, rĂ©viser, amĂ©liorer les techniques de protection de la biodiversitĂ© en s’intĂ©ressant Ă  ses valeurs ? »

Comme l’a montrĂ© le sĂ©minaire, ce sont avant tout les Ă©conomistes qui occupent le terrain de cette recherche sur les valeurs. En effet, depuis quelques annĂ©es, l’on assiste Ă  la multiplication d’études destinĂ©es Ă  mettre en avant l’évaluation de la biodiversitĂ© et des services liĂ©s aux Ă©cosystĂšmes pour mieux la protĂ©ger. Pourtant de l’aveu mĂȘme des Ă©conomistes prĂ©sents, ces thĂ©ories peuvent ĂȘtre critiquĂ©es ou relativisĂ©es.

De ce fait, notre sĂ©minaire a voulu offrir une place importante aux autres disciplines : le droit, les sciences de l’écologie et la philosophie. Il est vrai que, Ă  bien y regarder, le discours sur la valeur n’est pas l’apanage des sciences Ă©conomiques. Il suffit pour s’en convaincre de jeter un coup d’Ɠil vers certains dictionnaires de langue française, notamment le dictionnaire Larousse qui fait rĂ©fĂ©rence Ă  pas moins de dix dĂ©finitions associĂ©es Ă  des exemples. La valeur est attachĂ©e Ă  ce que vaut un objet en argent ou en quantitĂ©, Ă  ce qui est digne de respect moral ou intellectuel, Ă  ce qui est considĂ©rĂ© comme personnellement un idĂ©al Ă  atteindre, ce Ă  quoi on tient, au jugement relatif Ă  ce qui est bien ou mal, important ou peu important, etc. On en retient une notion aux multiples dĂ©cors, passant du sens aux sens, Ă  cheval sur l’apprĂ©ciation objective et subjective, quantitative et qualitative, intuitive, personnelle et rationnelle. Peu Ă©tonnant alors que son champ d’étude dĂ©passe les sciences Ă©conomiques.

Le sĂ©minaire a alors permis, Ă  travers les diffĂ©rentes interventions des chercheurs rĂ©unis, de mettre en Ă©vidence la nĂ©cessitĂ© de prendre en compte une pluralitĂ© de valeurs. Alors que les juristes ont mis en Ă©vidence l’évolution du droit dans ce domaine, en particulier la place croissante de la dimension non instrumentale de la biodiversitĂ© dans les rĂšgles de droit, la rĂ©novation possible des catĂ©gories de biens et de la notion de propriĂ©tĂ©, ses Ă©volutions nĂ©cessaires au contact des instruments de marchĂ© et de l’avĂšnement des services Ă©cosystĂ©miques, les Ă©cologues ont insistĂ© sur la nĂ©cessaire prise en compte de la valeur scientifique de la biodiversitĂ© pour mieux « dĂ©cider » et les philosophes ont mis en Ă©vidence les doutes quant Ă  l’efficacitĂ© de l’action humaine dans ce domaine.

S’il est impossible, au terme de ce sĂ©minaire, de conclure que, accorder une valeur Ă  la biodiversitĂ©, c’est garantir sa protection, il est en revanche incontestable que le fait de rĂ©flĂ©chir et de mettre en Ă©vidence la pluralitĂ© de valeurs accordĂ©e Ă  la biodiversitĂ© devrait conduire Ă  l’avenir Ă  renforcer sa protection.

Isabelle Doussan Sophie Gambardella Alexandre Zabalza Alain Papaux Gilles Boeuf Mustapha Mekki JérÎme Dubois Eve Truilhé-Marengo Julien Hay Mathilde Boutonnet Sophie Lavallée Emmanuel Putman Sandrine Maljean-Dubois Jérome Dupras Laurent Fonbaustier Charles-Hubert Born Quelle(s) valeur(s) pour la biodiversité ? - Fondation des Treilles Absent sur la photo : Vincent Devictor Absent sur la photo : Jean-Michel Salles
Posted in Comptes rendus | Tagged , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

ActivitĂ©s : dates d’Ă©chĂ©ance de dĂ©pĂŽt des dossiers

Pour examen lors de la prochaine rĂ©union des instances concernĂ©es, les dates d’Ă©chĂ©ance sont respectivement:

– Prix jeune chercheur : avant le 28 novembre 2014 (versement du prix en 2015)
– Demandes de sĂ©jour d’Ă©tude : le 5 janvier 2015 (pour un sĂ©jour en 2015 ou 2016)
– Prix rĂ©sidence d’auteur : pour une rĂ©sidence en 2016, les candidatures seront reçues jusqu’au 31 janvier 2015

Continue reading

Posted in Actualités

Combiner les dimensions – L’imagerie des processus d’infections de l’Ă©chelle du nano Ă  celle du corps entier

Liste des participants

Rogerio Amino, Priscille Brodin, Rut Carballido-Lopez, Maria Teresa Catanese, Jost Enninga (organisateur), Friedrich Frischknecht (organisateur), Kay GrĂŒnewald, Volker Heussler, Frank Lafont, Emmanuel Lemichez, Musa Mhlanga, Serge Mostowy, Agneta Richter-Dahlfors, Kristine Schauer, Spencer Shorte, Bettina Stolp, Sven van Teeffelen, Ger van Zandbergen, Michael Way

Enninga_Frischknecht_group_2014

Compte rendu

Combiner les dimensions – L’imagerie des processus d’infections de l’Ă©chelle du nano Ă  celle du corps entier
by Jost Enninga
7 – 12 avril 2014


Summary:
Infectious disease is a major cause of morbidity and mortality in our increasingly connected world due to widespread antibiotic resistance and the lack of vaccines against a large number of microbes. Understanding the molecular and cellular events of infection and their effects on the whole body are highly relevant for the rational development of novel drugs, vaccines and identification of novel drug targets. Research on this led to a discipline named “cellular microbiology” that combines microbiology, cell biology and immunology. It has become clear that cellular microbiology requires more quantitative, mainly imaging-based approaches including expertise from physicists and computer scientists to meet its goals. With this seminar, leading specialists from the associated research fields have discussed these current challenges to bridge cellular microbiology with cutting-edge microscopy.

Key words: Host-pathogen interactions, Light microscopy, Electron microscopy, Cellular microbiology, Infection models

 

The conference started discussing novel paradigms how intracellular bacterial pathogens undermine host cell functions, and how this can be analyzed by cutting edge imaging techniques. Jost Enninga (Institut Pasteur, Paris) opened the first session presenting the imaging of host cell invasion by the bacterial pathogen Shigella flexneri.  He addressed cell attachment, uptake, vacuolar rupture and inter- as well as intra-cellular spread.  Thanks to single-cell fluorescence reporters it is possible to follow quantitatively the temporal order of both the bacterial behavior as well as the cytosolic immune response in a highly heterogeneous setting. Jost presented evidence that the infected host plays an important role in controlling both the maintenance and the rupture of the vacuole involving a network of RabGTPases. The molecular details could be monitored by large volume correlative light electron microscopy. Priscille Brodin (INSERM, Lille) portrayed the power of high-content screening using drug and siRNA libraries during macrophage infection with Mycobacterium tuberculosis. She tracked the growth of this pathogens within the immune cells as readout. Her work identified novel small molecules with an important antimicrobial activity carrying a huge pharmacological potential. During the second half of her talk, she explained how Mycobacterium ulcerans, the causative agent of Buruli ulcer, takes advantage of the secreted polyketide mycolactone, to induce analgesia during the infection. Intracellular pathogens often hijack the host cytoskeleton, and Serge Mostowy (Imperial College, London) outlined the biology of septins, which can be considered as the fourth component of the host cytoskeleton. Using multimodal imaging technologies, he revealed how septins control the entry and intracellular growth of bacterial pathogens, such as Shigella and Listeria. In addition, he established a novel zebrafish infection model that allows imaging from the subcellular to the full body level during bacterial challenge. With this model, he has been capable to study the interaction of intracellular pathogens with different host cell types including stem cells.

The afternoon session of our first day in Les Treilles focused on quantitative imaging approaches to study host responses to parasitic infections. Ger van Zandbergen (Paul-Ehrlich-Institute) discussed Leishmania major (L. major) infection of human immune cells. His research group has been conducting high-content screens in primary human macrophages. To study progression of infection and its modulation by the innate immune system, he used fluorescently labeled parasites that can be tracked by 3D live cell imaging correlated with high-pressure freezing and focused ion beam scanning electron microscopy (SEM). Their imaging data suggests that apoptotic parasites are the first to enter into host cells.  The induction of autophagy in cells infected by dead parasites deceives the immune system to turn off inflammatory responses. Rogerio Amino (Institut Pasteur) presented intravital imaging studies of Plasmodium sporozoite infection in rodents. His lab studies the mechanisms and functions of host cell traversal (CT) of the sporozoites leading to invasion of the liver. Using a fading assay that measures the reduction of cytoplasmic GFP signal upon membrane wounding, he observed locomotion of RFP+ parasites through both Kupffer cells and endothelial cells. Freddy Frischknecht (University of Heidelberg) described inter-disciplinary approaches to measure the motility of individual Plasmodium sporozoites. Building upon in vivo observations showing that malaria sporozoites display different motility patterns in different environments, he outlined the power of novel tools and biophysical assays to understand the link between the shape of the parasite, its adhesion properties and its motility. Using micropillars he demonstrated that the environment rather than chemotaxis drives migration patterns. Reflection interference contrast microscopy (RICM), traction force microscopy (TFM) and optical tweezers enabled his laboratory to measure intricate details of the parasite movements. Volker Heussler (University of Bern) discussed Plasmodium berghei interactions with primary hepatocytes. He investigates strategies of cytosolic immune response evasion induced during the proliferation of merozoites. Utilizing transgenic parasites and fluorescent markers of cellular organelles, he showed that the membranes forming the vesicles in which merozoites are packaged prior to secretion into the liver sinusoids are of cellular origin.

The second day started with presentations on novel technologies to investigate viral infections. To better understand the assembly of viral particles Kay Gruenewald (Oxford University) and Maria Teresa Catanese (King’s College, London) portrayed the importance of electron microscopy for viral cell biology. Kay explained cryo- tomography to resolve unprecedented details of the Herpex Simplex virus particle. Follow up investigations using integrated EM approaches revealed that the herpes virion reveals two functional ‘poles’ that seem to be related to cell entry and virus assembly at an intriguing compartment called the nucleoplasmic reticulum. He demonstrated new emerging possibilities to correlate light cell imaging based on fluorescent tags, including super resolution microscopy, with electron and X-ray cryo-microscopy. Maria Teresa outlined progress on our understanding of Hepatitis C virus cell biology using custom-made EM affinity grids. Preparing highly-purified virions for mass spectrometry, Maria Teresa identified novel players of virus assembly. The underlying principles of this process were investigated by cell-based fluorescent reporter systems for sensitive distinction of individual HCV-infected cells. The power of fluorescence microscopy for the study of viral cell biology was demonstrated by Michael Way (Cancer UK, London). In addition to the screening of his ‘best of’ shots of Vaccinia virus surfing on actin waves and microtubules, Michael showed recent work on vaccinia F11 and A36 proteins that interfere with RhoA signaling and N-WASP-Arp2/3-dependent actin polymerization, respectively. Together his work illustrates how studying viral infection can shed light on signaling, transport and cytoskeleton dynamics of the host cell. Bettina Stolp (University of Heidelberg) presented how an integrative imaging approach at different scales revealed an important HIV-1 immune evasion mechanism. She combined in vitro assays, such as migration in flow chambers and collagen gels, with approaches in vivo, including imaging in zebrafish and intravital multiphoton microscopy in mouse. Her elegant studies showed that the HIV protein Nef interferes with actin remodeling and impairs chemotaxis of primary human T lymphocytes, guided motility of zebrafish primordial germ cells and the homing of primary murine lymphocytes to peripheral lymph nodes.

After introducing the different microbes, the conference switched to a broad analysis of emerging quantitative imaging. Spencer Shorte (Imagopole, Institut Pasteur) is dedicated to enable numerous of mainly biology-trained users the access to cutting edge scientific imaging technologies while developing and improving existing imaging systems. One current focus of his research is phototoxicity that can be especially observed during high-speed, multi-dimensional and super-resolution imaging. A second technique, micro-mirror enhanced microscopic imaging (MEMI-OP), allows the bleaching of a defined 3 dimensional area, using ultrafast micro-mirrors to allow high-speed, multi-dimensional, spatial and angular light control for FRAP and optogenetic experiments. Spencer concluded underlining “Get more out of your photons and be kinder to your biology”. Subsequently, Sven van Teffelen introduced Escherichia coli cell growth and the shape-determining peptidoglycan cell wall. With computational simulations Sven modelled the bacterial cell wall as a network of springs under tension that twist upon shrinkage. The mathematical model could show that chiral proteoglycan orientation was dictated by motion of the bacterial protein MreB, leading to the conclusion that the physical coupling between MreB and the cell-wall synthesis results in the uniform bacterial growth.

Switching from pathogens to bacterial toxins, Emmanuel Lemichez (INSERM, Unviersité de Nice) gave an overview how they catalyze post-translational modifications of host cell substrates. His team has established that a group of toxins induces the opening of large transcellular tunnels in endothelial cells (TEMs), through the direct inhibition of RhoA (Staphylococcus aureus EDIN toxin) or by raising the flux of cyclic-AMP in the absence of RhoA inhibition (adenylate cyclases of Bacillus anthracis or B. pertussis). Rut Carballido-Lopez (INRA, Jouy-en-Josas) compared the bacterial counterparts of eukaryotic actin and tubulin, and employed these cytoskeletal elements to perform many functions, including cell morphogenesis. Experiments using total internal reflection fluorescence microscopy (TIRF) have recently shown a dynamic relation between the bacterial protein MreB and cell wall synthesis. Work using highly inclined laminated optical sheet (HILO) microscopy revealed that YkuR, an essential enzyme of the peptidoglycan precursor biosynthetic pathway, forms diffraction-limited cytoplasmic foci that require MreB. Studying nuclear architecture and spatial organization of chromosomes is important for understanding the regulation of gene expression in human health and disease. Musa Mhlanga (CSIR, South Africa) presented new work illustrating a fundamental role for loop-mediated chromatin contact on the transcription of co-regulated genes in a multigene complex. In this case, genome-editing tools were applied to disrupt contacts between gene loops in a well-characterized multigene complex. In addition, the Mhlanga laboratory has recently performed a high content genome wide screen searching for miRNAs involved in the host response to HIV infection discovering a novel viral apoptosis evasion mechanism.

The conference concluded with the presentation of promising imaging approaches that have a high potential to analyze host-pathogen interactions in an integrated way.  Frank Lafont (Institut Pasteur, Lille) showed how to combine the use of atomic force microscopy (AFM), fluorescence and transmission electron microscopy to investigate host-pathogen interactions. Using this approach, he showed the recruitment of membrane and cytoplasmic proteins to the site of adhesion, and in the case of actin with nanoscale resolution. Frank developed this further using AFM to probe the interior of the cell by measuring relative stiffness with a deep probe. He was able to image a stiffer Golgi and showed, for the first time, images of mitochondria in live cells using AFM. Kristine Schauer (Institut Curie, Paris) discussed the generation of normalized cells to study trafficking, signaling and host-pathogen interactions through micropatterning. She could not observe a preferential site of focal invasion by Salmonella, however bacteria moved to the bottom of the cell after internalization. She went on outlining how to use micropatterned cells in high-throughput screenings taking advantage of the possibility to apply statistical analysis to compare subtle differences. Agneta Richter-Dahlfors (Karolinska Institutet, Stockholm) addressed combined transcriptomic analysis, nanotechnology and multimodal imaging to investigate the local and the systemic environment during kidney infection by uropathogenic Escherichia coli. She stressed the importance of in vivo systems to study the interplay of cells and tissues, but also the need to improve in vitro systems that closely mimic the complexity of live animals. Agneta is also developing nanoprobes capable of sensing pH, oxygen, C-reactive protein to be used as real time sensors for local imaging at the site of infection and for monitoring inflammatory systemic responses. She finished her presentation bridging science and art and closed an exciting week about cutting edge microscopy for the study of microbial pathogenesis.

Sven van Teeffelen Serge Mostowy Frank Lafont Emmanuel Lemichez Friedrich Frischknecht Priscille Brodin Rogerio Amino Betty Stolp Rut Carballedo-Lopez Ger van Zandbergen Michael Way Spencer Shorte Kristine Schauer Agneta Richter-Dahlfors Kay GrĂŒnewald Maria Teresa Catanese Volker Heussler Musa Mhlanga Jost Enninga Combiner les dimensions - L'imagerie des processus d'infections de l'Ă©chelle du nano Ă  celle du corps entier
Posted in Comptes rendus | Tagged , , , ,

Entretiens sur la MĂ©lancolie

Liste des participants :

Laura Bossi, Jean-Louis CabanÚs, Daniel Couty, Patrick Dandrey, Yves Hersant (organisateur), Jacques Jouanna, Robert Kopp (organisateur), Thoma Llorens Serra, Dominique Païni, Jackie Pigeaud, HélÚne Prigent, Gérard Régnier dit Jean Clair (organisateur), Catriona Seth, Daniel Widlöcher.

Les actes de cette rencontre ont Ă©tĂ© rĂ©unis dans un ouvrage intitulĂ© “De la MĂ©lancolie”, publiĂ© chez Gallimard en mai 2007 dans la sĂ©rie “Les entretiens de la Fondation des Treilles” de la collection “Les cahiers de la NRF”.

Extrait de la quatriĂšme de couverture :

Dans la mĂ©decine grecque, la mĂ©lancolie, la bile noire, est d’abord un liquide organique, au mĂȘme titre que le flegme, la bile jaune et le sange. De l’Ă©quilibre de ces humeurs ou de leur dĂ©sĂ©quilibre dĂ©pend la santĂ© ou la maladie des individus. Elles dĂ©terminent surtout le tempĂ©rament de ces derniers, l’esprit et le corps Ă©tant indissociables.

Le tempĂ©rament du mĂ©lancolique a prĂ©occupĂ©, bien plus que les autres, non seulement les mĂ©decins, mais aussi les philosophes et les poĂštes, les peintres et les musiciens, car, depuis l’AntiquitĂ© Ă©galement, il est le signe distinctif de l’homme d’exception, du gĂ©nie. C’est ce qu’a mis en Ă©vidence, pour la premiĂšre fois dans la longue durĂ©e, l’exposition de Jean Clair “MĂ©lancolie. GĂ©nie et folie en Occident”. Elle avait rĂ©uni par centaines des Ɠuvres plastiques, des observations scientifiques, des documents imprimĂ©s, afin d’illustrer, l’histoire mouvementĂ©e et les multiples facettes de ce sentiment -le seul qui pense- qui ne se confond ni avec la simple tristesse ni avec notre moderne dĂ©pression dont elle participe pourtant. Toutes les Ă©poques de la civilisation europĂ©enne -et d’elle seule, semble-t-il- ont connu cette affection du corps et de l’Ăąme, cette fureur du crĂ©ateur, ce dĂ©sespoir de penser. Elles lui ont donnĂ© diffĂ©rents noms : taedium vitae, acedia, spleen, mal de siĂšcle, lypĂ©manie, nĂ©vrose maniaco-dĂ©pressive.

C’est Ă  la suite de cette exposition, et pour en discuter une nouvelle fois les tenants et les aboutissants, que des mĂ©decins et des psychiatres, des historiens de la pensĂ©e grecque, des historiens et des critiques d’art, des historiens de la littĂ©rature se sont rĂ©unis Ă  la Fondation des Treilles. Dans un esprit transdisciplinaire, ils reviennent ici sur les aspects les plus importants de la mĂ©lancolie antique, de l’acĂ©die mĂ©diĂ©vale, des diffĂ©rentes formes de la mĂ©lancolie Ă  la Renaissance et Ă  l’Ăąge classique, du mal du siĂšcle romantique, du spleen baudelairien, des nĂ©vroses contemporaines. Ces entretiens mettent en lumiĂšre la profonde unitĂ© de la mĂ©lancolie, d’Hippocrate Ă  Freud, d’Aristote Ă  Levinas, de Michel-Ange Ă  Giacometti, des PĂšres de l’Eglise aux cliniciens d’aujourd’hui.

Posted in Comptes rendus | Tagged , , , ,

Table ronde franco-chinoise –
Quelle morale pour quelle société?

Liste des participants :

Olivier Abel (philosophe), Alexandre Adler (historien, journaliste), Daniel Bougnoux (philosophe), Chu Xiaoquan (linguiste), Nicolas Colin (Inspecteur des finances), Cui Hongjian (politiste et diplomate), Régis Debray (philosophe et écrivain, organisateur), Caroline Galactéros (politiste), Guan Kai (sociologue), Guo Xiangang (historien), Blandine Kriegel (philosophe), Pierre Morel (ancien ambassadeur, organisateur), Alain Peyraube (linguiste et sinologue), Qin Yaqing (politiste) , Qu Xing (politiste), Philippe Ratte (historien), Jean-Paul Tchang (économiste), Wang Jiann-Yuh (philosophe), Wu Hongmiao (linguiste), Xu Tiebing (historien), Yu Hai (sociologue), Zhao Tingyang (philosophe)
Collaborateurs et interprÚtes : Liu Wenling, Ninon Liu-Merlin (Liu Ninghui), Zhang Lin, Julien Zhong

Debray_Morel_Groupe_2013

Compte rendu :

Quelle morale pour quelle société ? Table ronde franco-chinoise
par Pierre Morel, Président de la Fondation Segalen
28 octobre – 2 novembre 2013

PrĂ©sentation de l’ouvrage Ă  paraĂźtre aux Ă©ditions Ginkgo :

Mots clés : morale, société, franco-chinois, interdépendance des systÚmes économiques et sociaux

Cette troisiĂšme rencontre franco-chinoise, organisĂ©e par RĂ©gis Debray et Pierre Morel marque une Ă©tape dont il vaut la peine de rendre compte. A la Fondation des Treilles (Var) en 2011, Ă  Beidahe en 2012, Ă  nouveau au domaine des Treilles en 2013, une bonne vingtaine d’intellectuels chinois et français aux parcours trĂšs divers ont choisi de dialoguer autour d’un sujet bien dĂ©fini et prĂ©parĂ© par une sĂ©rie de textes communiquĂ©s Ă  l’avance.

Le premier rĂ©sultat, vite acquis, a Ă©tĂ© la confiance rĂ©ciproque, la disponibilitĂ© Ă  s’ouvrir au regard et aux questions de l’autre, ainsi que le besoin de dĂ©battre longuement aprĂšs tant d’éloignements, d’évitements et de prĂ©cautions. D’annĂ©e en annĂ©e, nous avons tracĂ© un dĂ©but de chemin, Ă©tabli une familiaritĂ©, et  retrouvĂ© aussi des voies anciennes, celles de Matteo Ricci ou de Leibniz, mais Ă©galement de Victor Segalen et d’Henri Michaux. Nous avons esquissĂ© avec prudence quelques cartes, en Ă©tant conscients qu’elles pourraient se combiner, mais pas se confondre.

Les deux synthĂšses, l’une chinoise, l’autre française, en tĂ©moignent : ce sont des exercices trĂšs personnels, mais aussi des portraits de groupe sous des Ă©clairages diffĂ©rents.

Celui de Philippe Ratte choisit de se tenir fermement Ă  distance  de toute mise en forme universitaire et veut tracer les « carrĂ©s » d’un jardin composite ouvert Ă  la promenade du lecteur ; mais il dĂ©gage un certain nombre de constats et de questionnements auxquels nous n’avons cessĂ© de revenir, d’un cĂŽtĂ© comme de l’autre, et c’est pourquoi il se rapproche parfois d’un texte commun, sans jamais forcer l’accord.

Celui de Cui Hongjian est certes trĂšs diffĂ©rent. En partant de nos Ă©changes, il s’efforce de mettre en forme la construction morale qui pourrait soutenir le « rĂȘve chinois », pour orienter une Chine qui semble ĂȘtre parvenue aux limites du pragmatisme. Il plaide pour un recentrage permettant de rĂ©parer le tissu immĂ©morial dĂ©chirĂ© par la RĂ©volution culturelle, mais constate aussi que la Chine et la France sont l’une et l’autre confrontĂ©es Ă  une sorte de crise morale. Il y voit une opportunitĂ© Ă  saisir de façon concertĂ©e, que ce soit pour rebĂątir la citĂ© ou pour redonner une cohĂ©rence Ă  un systĂšme international qui s’agrĂšge et se dĂ©sagrĂšge tout Ă  la fois.

Comment gĂ©rer les diversitĂ©s croissantes dans l’ordre interne comme dans l’ordre externe ? L’individualisme sans morale et sans droit tout comme le darwinisme qui est de retour sur la scĂšne internationale paraissent Ă©carter toute possibilitĂ© de bien commun. Mais sont-ils soutenables ? Il y a des limites Ă  la fragilitĂ©, et il y a ce que l’on appelle l’indĂ©rogeable, ce qui ne peut ĂȘtre enfreint, quelles que soient les circonstances. Le triomphe du marchĂ©, la mise en nombre gĂ©nĂ©ralisĂ©e et la puissance croissante des grands rĂ©seaux suscitent aussi une prise de conscience : constat de l’inĂ©luctable interdĂ©pendance, besoin d’appartenance et quĂȘte renouvelĂ©e des grands repĂšres. Les communautĂ©s en crise peuvent-elles dĂ©boucher sur une communautĂ© de crise ?

Au bout de cette belle semaine d’échanges, nous sommes repartis avec autant de questions qu’à l’arrivĂ©e, quoique diffĂ©rentes, mais enrichis surtout par cette polyphonie que l’on retrouve dans les deux partitions qui essaient de dire, sur des modes diffĂ©rents, ce que nous avons partagĂ©, mais aussi, tant soit peu, la façon dont nous l’avons partagĂ©. Il suffit d’ajouter que rendez-vous a Ă©tĂ© pris sur le champ pour l’automne prochain en Chine.

Ninon Liu Liu Wenling Zou Huahua Olga Morel Caroline Galactéros Anne Bourjade Madame Xu Wang Jiann-Yuh Chu Xiaoquan Julien Zhong Qin Yaqing Cui Hongjian Olivier Abel Xu Tiebing Guan Kai Qu Xing Guo Xiangang Valérie Dubec-Monoyez Jean-Paul Tchang Alain Peyraube Régis Debray Zhao Tingyang Yu Hai Nicolas Colin Daniel Bougnoux Pierre Morel Wu Hongmiao Philippe Ratte Emmanuelle Morel d'Arleux Table ronde franco-chinoise : Quelle morale pour quelle société ? Fondation des Treilles Zhang Lin
Posted in Comptes rendus

La topologie algébrique, du point de vue de Poincaré

Liste des participants :

Aurélien Alvarez, François Béguin, Nicolas Bergeron, Michel Boileau, Maxime Bourrigan, Bertrand Deroin, Sorin Dumitrescu, HélÚne Eynard-Bontemps, Charles Frances, Damien Gaboriau, Etienne Ghys (organisateur), Grégory Ginot, Anne Giralt, Julien Marché, Luisa Paoluzzi, Patrick Popescu, Nicolas Tholozan, Anne Vaugon

Ghys_groupe_2014

Compte rendu

La topologie algébrique, du point de vue de Poincaré
par Etienne Ghys
7 – 12 juillet 2014

Résumé

Ce sĂ©minaire a rĂ©uni 18 mathĂ©maticiens dans le cadre d’un projet de rĂ©daction collective d’un cours de master recherche d’une forme originale. Il s’agira d’un site internet contenant des textes, des sĂ©quences de cours filmĂ©es et des animations en images de synthĂšse.

Ce travail a commencé en avril 2013. Cette semaine aux Treilles est la troisiÚme rencontre du groupe dans son ensemble. Nous espérons que le travail sera terminé en 2015.

Mots clés : Mathématiques, Topologie, Topologie algébrique, Analysis Situs, Histoire des mathématiques.

Le projet

Entre 1895 et 1904, Henri Poincaré a fondé la topologie algébrique (alors appelée Analysis Situs) en publiant une série de six mémoires révolutionnaires.

Ces textes fondateurs sont écrits dans le style inimitable de Poincaré : les idées abondent,
 mais les objets ne sont jamais définis précisément, et les erreurs sont fréquentes.

L’ensemble reprĂ©sente un peu plus de 300 pages de mathĂ©matiques exceptionnelles.

Quelques historiens ou mathématiciens modernes ont cherché à analyser ces textes fondamentaux mais les articles sur ce sujet sont relativement courts, ne  proposent pas une étude détaillée, et surtout sont destinés aux experts.

Pourtant, prĂšs de 130 ans plus tard, le contenu de ces mĂ©moires reste d’actualitĂ©, et l’assimilation des concepts introduits par PoincarĂ© constitue un passage obligatoire pour les Ă©tudiants de niveau master qui Ă©tudient la topologie. Mieux encore, le plan gĂ©nĂ©ral de la prĂ©sentation de PoincarĂ© est parfaitement adaptĂ© pour un cours moderne de topologie. Il va de soi que tel ou tel aspect ne se s’aborde plus de la mĂȘme maniĂšre aujourd’hui et qu’on dispose souvent d’outils beaucoup plus efficaces pour comprendre certains points. Evidemment, la topologie a fait beaucoup de progrĂšs par la suite, mais on ne peut les assimiler qu’Ă  travers les concepts et rĂ©sultats de PoincarĂ©. Nous considĂ©rons que ces six mĂ©moires, mis au goĂ»t du jour, sont une parfaite introduction Ă  ce sujet important dans les mathĂ©matiques d’aujourd’hui.

Notre projet est de produire un objet pĂ©dagogique d’une nature nouvelle, permettant Ă  l’Ă©tudiant d’acquĂ©rir une vision contemporaine du sujet Ă  travers une approche historique.

Il s’agit d’Ă©laborer un site internet, contenant quatre parties.

La premiĂšre partie contiendra le texte original de PoincarĂ©, accompagnĂ© de petits boutons  « pop up » signalant les erreurs mineures, les changements de terminologie, qui sont si frĂ©quents chez PoincarĂ© et gĂȘnent souvent la lecture du dĂ©butant.

La seconde partie sera un commentaire trĂšs proche du texte, expliquant en termes modernes l’approche de PoincarĂ©, n’hĂ©sitant pas Ă  dĂ©crire les sources historiques. Chaque paragraphe de cette partie sera reliĂ© d’un clic au paragraphe correspondant du texte source.

La troisiĂšme partie sera un vĂ©ritable cours moderne de topologie, niveau master, qui suit le mĂȘme plan que le texte source, mais dans lequel la prĂ©sentation, le style, les dĂ©monstrations et les mĂ©thodes employĂ©es seront celles du 21Ăšme siĂšcle. LĂ  encore, d’un clic l’Ă©tudiant pourra comparer les paragraphes correspondants dans les deux premiĂšres parties. Ce cours moderne, dont le volume total devrait ĂȘtre de l’ordre de 800 pages, s’appuiera sur de trĂšs nombreux exemples, dont beaucoup seront prĂ©sentĂ©s Ă  l’aide d’animations rĂ©alisĂ©es en images de synthĂšses.

La quatriĂšme partie sera constituĂ©e par une quarantaine de sĂ©quences de cours enregistrĂ©es en vidĂ©o. Les enseignants seront les dix-neuf membres de notre groupe. Bien entendu, ces sĂ©quences vidĂ©os et le cours Ă©crit, s’ils porteront sur les mĂȘmes objets ou concepts, prĂ©senteront des aspects bien diffĂ©rents, comme il est de coutume dans l’enseignement…

 

Les participants

Notre équipe contient dix-neuf membres (dont 18 étaient présents aux Treilles), répartis à peu prÚs uniformément dans la carriÚre universitaire. Trois doctorants ou post-doctorants, 7 jeunes  maßtres de conférences ou chargés de recherche, et  9 professeurs ou directeurs de recherche.

 

Le déroulement du séminaire aux Treilles

Le travail est dĂ©composĂ© en un certain nombre de « chapitres ». Chaque matinĂ©e Ă©tait destinĂ©e Ă  la discussion collective de l’état prĂ©sent de la rĂ©daction d’un des chapitres. Les aprĂšs-midi Ă©taient destinĂ©s au travail en petits groupes sur des questions plus prĂ©cises. En soirĂ©e, nous avons visionnĂ© et commentĂ© quelques-unes des vidĂ©os qui ont dĂ©jĂ  Ă©tĂ© enregistrĂ©es Ă  l’UniversitĂ© Paris 6.

Le domaine des Treilles est vĂ©ritablement un lieu exceptionnel pour ce genre de travail. Tous les participants ont apprĂ©ciĂ© le lieu, les conditions de travail et la qualitĂ© de l’accueil. Nous remercions chaleureusement tout le personnel. On reviendrait volontiers !

Julien Marché HélÚne Eynard-Bontemps Michel Boileau Nicolas Bergeron Aurélien Alvarez Anne Giralt Maxime Bourrigan Grégory Ginot Bertrand Deroin Sorin Dumitrescu Damien Gaboriau Nicolas Tholozan Patrick Popescu Charles Frances Etienne Ghys François Béguin Anne Vaugon
Posted in Comptes rendus | Tagged , , , ,

Repenser la littĂ©rature europĂ©enne du Moyen-Âge / Rethinking Medieval European Literature

Liste des participants

Panagiotis Agapitos, Paolo Borsa, Venetia Bridges, Michael Cooperson, RĂ©ka Forrai, Jane Gilbert, Christian HĂžgel, Karla Mallette, Lars Boje Mortensen (organisateur), MĂĄire NĂ­ Mhaonaigh, Gudrun Nordal, Thomas (Tom) O’Donnell, Michael Chaim Rand, Jeff Rider, Sacramento Rosello-Martinez, Susanna Torres Prieto, Elizabeth Tyler (organisateur), David Wacks, David Wallace

TylerMortensen_Group2014

Compte rendu

Repenser la littĂ©rature europĂ©enne du Moyen-Âge / Rethinking Medieval European Literature
by Elizabeth Tyler and Lars Boje Mortensen
21 – 26 avril 2014

Résumé:

The seminar acted as a workshop for “Interfaces” – a network of historians of medieval literature which has met regularly since its foundation in 2009 and which is now supported by the Centre for Medieval Literature (CML), a Centre for Excellence based at University of Southern Denmark and the University of York and funded by the Danish National Research Foundation until 2022.  At Les Treilles, we opened up the Interfaces agenda of cross-linguistic and  trans-regional approaches the literary past of Europe extending them towards the Mediterranean and the Slavic to broaden from our previously more northern centre of gravity. Two roundtables, one on the “Mediterreanean” and the other on “French Outside of France”, opened up methodological insights and potential for paradigm transfer between disciplines and geographical areas. The workshop’s aim to foster deep collaboration across a wide range of areas of diverse expertise resulted in a number of ambitious future plans, including publications, workshops and conferences, all of which will bear the hallmark of the methods and paradigms explored in Les Treilles.

Key words: Literature, Middle Ages, Europe, Old French, Latin, Greek, Byzantium, Mediterranean culture, History, Languages, Literary Canon, Cultural heritage

The seminar acted as a workshop for “Interfaces” – a network of historians of medieval literature which has met regularly since its foundation in 2009.  In 2011, “Interfaces” held a first seminar at Les Treilles which focused on consolidating the network and articulating its approach to European frameworks for the study of medieval literature. This methodological work then underpinned two major developments which were worked on at Les Treilles. First, a successful application by Hþgel, Mortensen and Tyler for a Centre for Excellence was made to the Danish National Research Foundation: the Centre for Medieval Literature (CML), jointly based at universities of Southern Denmark and York, runs from 2012-2022. Second: a new journal was founded by Borsa, Hþgel, Mortensen and Tyler: Interfaces: A Journal of Medieval European Literatures, an open access, online journal, will be the first to range across all of European medieval literature.

For this second Les Treilles meeting we opened up the “Interfaces” agenda of cross-linguistic and  trans-regional approaches the literary past of Europe extending towards the Mediterranean and the Slavic areas to counterbalance the more Northern European trend of our previous workshops. A number of newcomers were therefore invited who could contribute with a pan-European approach as well as with specific expertise in Arabic, Italian, Spanish, Hebrew, Slavonic, and Greek medieval literatures. We worked to forge new connections across European scholarly traditions and to drive forward the European agenda of “Interfaces” and CML in dialogue with other scholars and projects.

Our stay at Les Treilles in 2014 gave us the opportunity to develop new types of interaction, and these innovations proved very positive. Les Treilles offers a scholarly environment that is close to ideal. Situated in peaceful surroundings, and furnished with library facilities and art works, scholars feel no hesitation to enter a work mode that is at once intense and relaxed. At our first stay at Les Treilles in 2011, participants experienced the benefits of this environment but we also regretted having planned the days of our seminar along traditional lines, with full papers being given and correspondingly less time for discussion and development of new ideas. For the 2014 programme we therefore downsized presentations. Only newcomers to “Interfaces” made formal presentations, introducing their fields to the group.  Mortensen brought the new developments of the CML to bear on the week’s work by giving a presentation on the modern canons of medieval European literature.

Apart from these specific presentations, all time was dedicated to various types of group work. Two major round-table sessions on “French outside France” and on the “Mediterranean” were planned and headed by the researchers of these fields. Both roundtables opened up methodological insights and potential for paradigm transfer between disciplines and geographical areas.

At two points in the programme, the participants were paired in activities we labelled “walk and talk”. In the first of these sessions the pairs were asked to present their work plans to each other and then give a short report of the other person’s work at a plenary session. At the second “walk and talk” new pairs were asked to come up with ideas for collaborative work. These activities not only allowed fruitful new ideas to materialize and be shared, but also gave the participants time and opportunity to combine scholarship with exploring the domain of Les Treilles. In the final session, plans were laid for a 2016 comprehensive conference (bringing together both CML and the “Interfaces” network), ranging across Europe and the Middle Ages (to be organized by Hþgel, Mortensen and Tyler). We agreed that the mode of this conference will draw heavily on the collaborative and methodological approaches which the environment of Les Treilles encourages.

During our time at Les Treilles, our own individual research was enhanced and stretched by being articulated within wider European frameworks. In addition, the various types of scholarly interaction gave rise to fresh takes on previous collaboration (e.g. Agapitos, Borsa, Gilbert, Hþgel, Mortensen, NíMhaonaigh, O’Donnell, Rider, Tyler and Wallace) as well as to a number of new ideas, plans and cooperations, crossing disciplines in ways that rarely happen at traditional conferences. Some of these were:

‱ Wide collaborative project on mise en texte and mise en page of verse in the European tradition, from antiquity to the print era. No cross-linguistic study of the visual side of medieval poetry exists; there are huge differences of representation of poetry (later standardized with print). This could form the core of a European bid/network (Agapitos, Borsa, Cooperson, O’Donnell, Rand, Torres Prieto and Wacks).

‱ Plans were continued for a conference for 2015/2016 whose working title is ”From Lotharingia to Burgundy”. Organized by Gilbert, O’Donnell and Tyler, this will cover literary culture in the area where French and German met, from the ninth century through to the end of the Middle Ages. Thinking for this workshop will draw on both the ”French outside of France” and  ”Mediterranean” roundtables.

‱ A workshop was planned for 2015 by the CML postdocs present (Bridges, Forrai and RosellĂČ-Martinez). They will interrogate what is meant by ”social networks” during the Middle Ages and how different kinds of networks (monastic, court, papal and urban) might be conceptualized in order to move towards a theory of medieval networks that could be applied across a wider geographical space (will include Wallace and others from CML and ”Interfaces”).

‱ A seminar on biblical epic (a widespread response to the biblical inheritance of Europe) will be held by NíMhaonaigh with Rand, Torres Prieto and Tyler on 17 November 2014 in Cambridge. It is intended that this forms the starting point for more comparative work on this topic.

‱ Hþgel’s plans for a wokshop (Odense, November 2014) and further writing on ‘imperial’ languages got important input from the Mediterranean roundtable as well as individual discussions.

‱ Cooperson’s presentation on Jurji Zaydan’s adoption of von Kremer’s Kulturgeschichte, and on alternative, indigenous literary histories is the kernel of a book he is writing on Abbasid cultural history.  The occasion of the seminar helped him develop these ideas.

‱  Wacks’ presentation on the state of medieval Iberian studies in North America  was subsequently posted as a blog; it was picked up by CML and will in turn appear on Sephardic Horizons.

‱ Various plans were made for special issues of the Interfaces journal.

The marvellous surroundings and organization at Les Treilles proved extremely fruitful during our “Rethinking Medieval European Literature” seminar. All the participants went away with new ideas and opportunities for re-evaluating and resituating Europe’s medieval literatures. The setting enabled serious and deeply collaborative work to be done which was engaged with pressing questions about the nature of Europe, past and present.

Michael Cooperson David Wacks Michael Chaim Rand Gudrun Nordal Susana Torres Prieto Tom O'Donnell Lars Boje Mortensen Elizabeth Tyler David Wallace Panagiotis Agapitos Paolo Borsa Jeff Rider Sacramento Rosello Martinez Jane Gilbert RĂ©ka Forrai Karla Mallette Maire Ni Mhaonaigh Venetia Bridges Christian Hogel LittĂ©rature europĂ©enne du Moyen-Âge - Medieval European Literature - Centre for Medieval Studies - Center for Medieval Literature - Fondation des Treilles
Posted in Comptes rendus

Politique, AffectivitĂ©, IntimitĂ© (2) – IdentitĂ©s et temporalitĂ©s

Liste des participants :

Ludivine Bantigny, ClĂ©mentine Chiarelli, Catherine Desnos, Alexandre Escudier, Marion Lary, Anne Muxel (organisateur), Janie PĂ©labay, Pascal Perrineau, Myriam Revault d’Allonnes, Annette Wieviorka

Muxel_Groupe_2014

Compte rendu

Politique, AffectivitĂ©, IntimitĂ© (2) – IdentitĂ©s et temporalitĂ©s
par Anne Muxel
19-24 mai 2014

Résumé

La sphĂšre privĂ©e donne Ă  voir les modes de subjectivation de la politique. En cela elle permet d’atteindre un autre niveau d’analyse des formes de politisation et d’implication des individus dans la vie civique et collective. Partant de l’hypothĂšse que la sphĂšre privĂ©e est un terrain de l’aventure dĂ©mocratique qui a de plus en plus d’importance dans la dĂ©finition des choix et des appartenances, ainsi que dans la construction des identitĂ©s politiques, les spĂ©cialistes de plusieurs disciplines de sciences humaines et sociales – histoire, sociologie, philosophie, science politique, psychanalyse -, ainsi qu’une cinĂ©aste, ont confrontĂ© leurs approches et leurs analyses sur cette question de recherche. Il s’agissait d’explorer la dimension affective de l’existence politique en privilĂ©giant deux axes de travail : d’une part, la construction des identitĂ©s politiques, d’autre part, le rapport au temps saisi dans l’articulation des temporalitĂ©s individuelles et sociales.

Afin d’étudier les phĂ©nomĂšnes politiques aux frontiĂšres de la sphĂšre privĂ©e et de la sphĂšre publique, ce sĂ©minaire a pris en compte non seulement diffĂ©rentes grilles de lecture disciplinaires, mais aussi diffĂ©rents objets de recherche (famille, trajectoires biographiques, gĂ©nĂ©rations politiques, Ă©lectorats, organisations et institutions, Ă©vĂ©nements historiques). Le fil rouge qui a donnĂ© sa cohĂ©rence au travail du sĂ©minaire Ă©tait la comprĂ©hension des dynamiques de changement politique, Ă  l’échelle individuelle comme Ă  l’échelle des comportements collectifs.

Mot clés : identité, temporalité, changement, temps, politique, intimité, affectivité, affects, génération, transmission

La sphĂšre privĂ©e donne Ă  voir les modes de subjectivation de la politique. En cela elle permet d’atteindre un autre niveau d’analyse des formes de politisation et d’implication des individus dans la vie civique et collective. Partant de l’hypothĂšse que la sphĂšre privĂ©e est un terrain de l’aventure dĂ©mocratique qui a de plus en plus d’importance dans la dĂ©finition des choix et des appartenances, ainsi que dans la construction des identitĂ©s politiques, les spĂ©cialistes de plusieurs disciplines de sciences humaines et sociales – histoire, sociologie, philosophie, science politique, psychanalyse -, ainsi qu’une cinĂ©aste, ont confrontĂ© leurs approches et leurs analyses sur cette question de recherche. Il s’agissait d’explorer la dimension affective de l’existence politique en privilĂ©giant deux axes de travail : d’une part, la construction des identitĂ©s politiques, d’autre part, le rapport au temps saisi dans l’articulation des temporalitĂ©s individuelles et sociales.

Afin d’étudier les phĂ©nomĂšnes politiques aux frontiĂšres de la sphĂšre privĂ©e et de la sphĂšre publique, le sĂ©minaire a pris en compte non seulement diffĂ©rentes grilles de lecture disciplinaires, mais aussi diffĂ©rents objets de recherche (famille, trajectoires biographiques, gĂ©nĂ©rations politiques, Ă©lectorats, organisations et institutions, Ă©vĂ©nements historiques). Le fil rouge qui a donnĂ© sa cohĂ©rence au travail du sĂ©minaire Ă©tait la comprĂ©hension des dynamiques de changement politique, Ă  l’échelle individuelle comme Ă  l’échelle des comportements collectifs.

Les contributions des diffĂ©rents participants, Anne Muxel, organisatrice du sĂ©minaire, Myriam Revault d’Allonnes, Pascal Perrineau, Catherine Desnos, Janie PĂ©labay, Annette Wieviorka, Ludivine Bantigny, Catherine Desnos, ClĂ©mentine Chiarelli, Alexandre Escudier, et Marion Lary, ont dĂ©veloppĂ© des approches spĂ©cifiques et prĂ©sentĂ© diffĂ©rents objets de recherche, tout en maintenant un mĂȘme cadre problĂ©matique centrĂ©,  d’une part sur les reconfigurations identitaires qui travaillent, dans les sociĂ©tĂ©s contemporaines, le rapport des citoyens au politique, d’autre part sur les modalitĂ©s d’une analyse processuelle et diachronique des phĂ©nomĂšnes politiques.

Le premier axe de travail a permis de confronter diffĂ©rentes approches de l’identitĂ©. Plusieurs contributions ont permis de saisir certaines mutations dĂ©cisives de l’identitĂ© contemporaine aprĂšs la disparition des « grands rĂ©cits », ainsi qu’une complexification des constructions identitaires dans des sociĂ©tĂ©s Ă  rĂ©gulation hypercomplexe. Cela aussi bien au niveau des trajectoires singuliĂšres que des Ă©volutions collectives. Les approches de Paul Ricoeur ou de John Rawls ont Ă©tĂ© particuliĂšrement discutĂ©es, ainsi que d’autres analyses, notamment dans le champ de la psychanalyse et de l’approche clinique, oĂč une grande importance est accordĂ©e aux phĂ©nomĂšnes d’identification. La notion d’ « identitĂ© narrative » chez Paul Ricoeur  permet non seulement d’articuler les deux pĂŽles de l’identitĂ© que sont la « mĂȘmeté » et l’ « ipsĂ©ité ». Mais surtout elle permet de penser l’identitĂ© en lien avec les diffĂ©rentes temporalitĂ©s au sein desquelles celle-ci se dĂ©ploie. Il ne peut y avoir ni d’identitĂ© substantielle ni non plus d’identitĂ© permanente. Il faut penser l’identitĂ© comme une « reprise continuelle de soi par soi ». Telle que nous l’avons considĂ©rĂ©e tout au long de ce sĂ©minaire, l’identitĂ© est ontologiquement plurielle, et conçue comme une « chaĂźne incessante de reconfigurations ». L’approche de John Rawls a permis quant Ă  elle d’examiner l’intĂ©rĂȘt et les limites de la dissociation entre identitĂ© personnelle et identitĂ© publique. La sĂ©paration identitaire entre ces deux sphĂšres, entre ce qui relĂšve des choix intimes et personnels d’une part et des valeurs publiques d’autre part, serait un gage de libertĂ© pour le sujet. Alors que certains ont pu dĂ©fendre ce modĂšle comme garant d’un ordre dĂ©mocratique, d’autres y ont vu un risque de rĂ©duction de la dĂ©mocratie Ă  une dĂ©mocratie procĂ©durale, Ă  l’abri des conflits charnels et rĂ©els.

Les Ă©changes sur ce premier axe de travail consacrĂ© Ă  la question de l’identitĂ© affĂ©rente aux phĂ©nomĂšnes politiques ont permis de penser la fluiditĂ© croissante des identitĂ©s, sans pour autant cĂ©der ni au triomphe du prĂ©sentisme ni au constat de l’impossibilitĂ© de penser la politique en termes de projet et aussi d’imaginaire. Nos travaux ont montrĂ© que l’identitĂ© se dit et s’inscrit dans une narration Ă  plusieurs voix (conscient/inconscient, moi/les autres, voix du passĂ©/voix du prĂ©sent/voix de la projection et de l’avenir) et dans le cadre d’une multiplicitĂ© d’appartenances, de rĂŽles et d’affiliations. En cela l’identitĂ© politique n’est pas  fixe, mais bien de plus en plus mobile et constamment renĂ©gociĂ©e, rĂ©ajustĂ©e. Il faut penser l’articulation entre sphĂšre publique et sphĂšre privĂ©e, dans sa porositĂ© comme dans sa dissociation, dans le cadre d’une rĂ©flexivitĂ© croissance des processus identitaires. L’identitĂ© politique rĂ©sulte de socialisations plurielles et de schĂšmes identitaires issus du jeu entre le « je » et le « nous » de rĂ©fĂ©rence, ainsi que du dialogue qui s’engage entre les identitĂ©s hĂ©ritĂ©es et les identitĂ©s construites, choisies, mais aussi inventĂ©es.

Le second axe de travail consacrĂ© au temps a permis de rĂ©flĂ©chir aux temporalitĂ©s dans lesquelles s’inscrivent « les reconfigurations identitaires », et tout particuliĂšrement d’étudier le cadre gĂ©nĂ©rationnel des phĂ©nomĂšnes politiques. Avec la notion de gĂ©nĂ©ration, se pose la question des appartenances, et donc de la socialisation des individus dans une conjoncture historique et politique donnĂ©e. Le temps est un facteur de dissemblance et en cela peut opĂ©rer le changement, au niveau des individus et des groupes, comme des gĂ©nĂ©rations et des sociĂ©tĂ©s. Des gĂ©nĂ©rations politiques peuvent ĂȘtre repĂ©rĂ©es et expliquer les transformations des attitudes comme des comportements politiques dans le temps long. L’intĂ©rĂȘt de la notion de « gĂ©nĂ©rativité », s’est imposĂ©. Celle-ci va au-delĂ  de la notion de gĂ©nĂ©ration, en affirmant la continuitĂ© d’un commencement, en supposant la transmission d’une novation et l’amorce d’un mouvement durable de reconfiguration des paramĂštres de l’identitĂ© politique auxquels les individus comme les groupes peuvent se rattacher. Cela plus ou moins intentionnellement, plus ou moins consciemment.

Des thĂšmes connexes et transversaux Ă  ces deux axes ont aussi Ă©tĂ© abordĂ©s par les diffĂ©rentes contributions. Ainsi le thĂšme de l’engagement politique a fait l’objet d’intenses dĂ©bats,  au travers de l’examen des diffĂ©rentes fonctions aussi bien rationnelles et objectivĂ©es que psychiques et subjectivĂ©es qui lui sont associĂ©es. Mais aussi le thĂšme de l’aveuglement, au travers d’une analyse comprĂ©hensive des phĂ©nomĂšnes de refoulement et d’idĂ©alisation associĂ©s aux croyances comme aux convictions politiques. Ces phĂ©nomĂšnes impliquent nĂ©cessairement des rĂ©ajustements et des rĂ©interprĂ©tations, dĂ©passant les seules motivations individuelles, et venant rencontrer des processus collectifs de dĂ©terminations ou de justifications.

Anne Muxel a soulignĂ© la richesse du travail interdisciplinaire qui avait Ă©tĂ© engagĂ© Ă  partir de matĂ©riaux aussi divers que des enquĂȘtes sociologiques, des Ă©tudes Ă©lectorales, des romans, des films, des Ă©tudes historiques, des rĂ©cits biographiques, des thĂ©ories philosophiques, ou encore le divan des psychanalystes. La Fondation des Treilles et toute son Ă©quipe ont offert au sĂ©minaire de formidables conditions d’accueil qui ont beaucoup comptĂ© dans la fĂ©conditĂ© des Ă©changes et des travaux prĂ©sentĂ©s.

Alexandre Escudier Janie Pélabay Pascal Perrineau Annette Wiewiorka Myriam Revault d'Allonnes Marion Lary Ludivine Bantigny Catherine Desnos Anne Muxel Clémentine Chiarelli Politique, Affectivité, Intimité (2) - Identités et temporalités
Posted in Comptes rendus | Tagged , , , , , , , , ,

Sur-vivre, Pierre Mertens et l’anneau de Möbius

Compte-rendu

Sur-vivre, Pierre Mertens et l’anneau de Möbius (essai biographique et littĂ©raire)
par Jean-Pierre Orban
7 – 26 avril 2014

Associer les approches littĂ©raire et biographique pour mieux cerner l’entrelacement entre Ɠuvre et vie est l’objectif de l’essai Pierre Mertens et l’anneau de Möbius, dont le sĂ©jour d’études, en avril 2014, Ă  la Fondation des Treilles a permis la structuration et l’approfondissement.

NĂ© en 1939, Pierre Mertens est, nul ne le conteste, un des Ă©crivains majeurs de la Belgique francophone. Parmi les contemporains, un des plus importants par l’ampleur de son Ɠuvre qui, hormis la poĂ©sie, touche tous les genres : roman, nouvelle, essai et chronique critiques, thĂ©Ăątre et mĂȘme livret d’opĂ©ra, liste Ă  laquelle on n’oubliera pas d’ajouter une intrusion dans le scĂ©nario de fiction tĂ©lĂ©visuelle. Personne, non plus, ne remet en cause la place prĂ©pondĂ©rante que Pierre Mertens occupe dans le paysage intellectuel, sinon politique au sens large, belge bien sĂ»r, mais aussi – dans une moindre mesure aujourd’hui – français et plus largement international. Depuis la fin des annĂ©es soixante, sa vie, celle du spĂ©cialiste des droits de l’homme, de l’observateur judiciaire dans le monde et du participant aux dĂ©bats contemporains Ă  travers la presse et ses essais, est liĂ©e aux Ă©vĂ©nements marquants de notre temps, en Belgique et en Europe.

Pierre Mertens et l’anneau de Möbius interroge le lien entre cette histoire et l’Ɠuvre de l’auteur belge. Étudie comment ce dernier s’insĂšre dans l’h/Histoire : non seulement dans l’action et le dĂ©bat, mais dans la fiction. S’inscrit dans le paysage. S’y fait acteur et personnage.

Intrication de l’Histoire et de la vie individuelle, vĂ©cue et imaginĂ©e. Imbrication de la vie dans l’Ɠuvre et de l’Ɠuvre dans la vie, jusqu’à ne plus permettre de savoir qui de l’Ɠuvre ou de la vie prĂ©cĂšde l’autre. L’image de l’anneau de Möbius, ruban Ă  une seule face au lieu de deux dans un ruban ordinaire, aide Ă  se figurer ce basculement incessant, sans frontiĂšre nette, entre le rĂ©el et le fictionnel. Pour rendre compte de cet entrelacement, l’essai entend dĂ©velopper une approche originale, multidisciplinaire, hybride : sont sollicitĂ©s les outils de la critique et de la gĂ©nĂ©tique littĂ©raires, autant que ceux de l’enquĂȘte historique et biographique. Les passages de l’Ɠuvre Ă  la vie, des entretiens menĂ©s avec Pierre Mertens aux extraits de ses propres textes, de ses propres tĂ©moignages Ă  ceux de son entourage et de ses pairs, de ses archives personnelles Ă  celles des institutions au sein desquelles il a ƓuvrĂ© sont incessants.  La structure, Ă  la fois thĂ©matique et biographique, de l’essai lui-mĂȘme reflĂšte l’approche mixte adoptĂ©e.

Ce qui est finalement en jeu, c’est de tenter de comprendre comment naĂźt et se construit un Ă©crivain, comment il se rĂ©approprie sa vie dans son Ɠuvre, Ă©crivant celle-ci comme seule autorisĂ©e Ă  se dire, Ă  dire l’homme qu’il est et le personnage qu’il entend ĂȘtre. En une entreprise de sur-vie.

 

Jean-Pierre Orban est Ă©crivain, auteur de romans (e.a. Vera Ă  paraĂźtre au Mercure de France en aoĂ»t 2014), de nouvelles, de thĂ©Ăątre. Chercheur associĂ© Ă  l’ITEM (Institut des textes et manuscrits modernes, Paris, CNRS-ENS), il travaille sur l’édition critique et l’analyse gĂ©nĂ©tique d’Ɠuvres littĂ©raires francophones, du Sud comme du Nord.

Posted in Comptes rendus